RCA / Quai d’Orsay – Déclarations du porte-parole – mercredi 12 mars 2014

PARIS, France, 12 mars 2014/African Press Organization (APO)/ — Quai d’Orsay – Déclarations du porte-parole – mercredi 12 mars 2014

Q – L’archevêque et l’imam de Bangui ont rencontré les ministres Le Drian et Canfin, avant de s’entretenir hier dans l’après-midi avec Fabius. Était-il question d’une crainte d’une nouvelle escalade de violence entre les milices anti-Balaka-Seleka, ainsi que l’appel d’une poignée de jeunes musulmans de Bangui à Boko Haram et Al-Qaida pour sauver les musulmans en Centrafrique?

R – Au cours de leurs entretiens avec l’archevêque et l’imam de Bangui, MM. Laurent Fabius et Pascal Canfin ont évoqué les évolutions récentes sur le terrain, la situation humanitaire ainsi que la perspective de la mise en place d’une opération de maintien de la paix des Nations unies.

Le ministre des Affaires étrangères et le ministre chargé du développement ont notamment exprimé leur soutien à l’action irremplaçable des autorités religieuses centrafricaines en faveur du dialogue, de la tolérance et de la réconciliation.

Ils ont encouragé Mgr Nzapalaïnga et l’imam Kobine à poursuivre leurs efforts, conjointement avec le pasteur Nicolas Guérékoyamé-Gbangou.

Q – Le déploiement de l’Opération du maintien de la paix en Centrafrique est-il prévu tout de suite après le vote de la résolution fin mars-début avril? Faut-il attendre le 15 septembre pour que toutes forces passent sous béret bleu? Quel sera alors le statut des forces françaises?

R – Le secrétaire général des Nations unies a recommandé dans son rapport du 3 mars le déploiement d’une opération de maintien de la paix. Il permettra d’apporter une réponse intégrée et durable, renforçant à la fois le volet sécuritaire (militaire et policier) et le volet civil de la mobilisation internationale.

Sur la base des recommandations du secrétaire général des Nations unies et à la suite des consultations du conseil de sécurité qui se sont tenues le 6 mars, la France va proposer un projet de résolution en ce sens. Il sera discuté avec nos partenaires du conseil de sécurité dans les prochaines semaines. Il visera un passage sous casque bleu des militaires et des policiers de la MISCA au 15 septembre, conformément aux délais dont les Nations unies ont besoin. La France saisit cette occasion pour saluer le travail effectué par les troupes de la MISCA en faveur de la stabilisation en République centrafricaine.

Libye – Situation politique / Quai d’Orsay – Déclarations du porte-parole – mercredi 12 mars 2014

PARIS, France, 12 mars 2014/African Press Organization (APO)/ — Quai d’Orsay – Déclarations du porte-parole – mercredi 12 mars 2014

La France prend acte de la décision du Congrès général national de retirer sa confiance au Premier ministre Ali Zeidan. Nous saluons les efforts qu’il a déployés à la tête du gouvernement pour faire face aux défis de la transition.

La France appelle toutes les forces politiques libyennes à faire preuve de responsabilité en s’accordant, dans les meilleurs délais, sur la désignation d’un nouveau Premier ministre. Elle appelle également de ses voeux l’établissement d’une feuille de route crédible, afin de mener à bien la transition dans un esprit de dialogue et de conciliation.

La réconciliation nationale constitue une étape indispensable pour l’édification d’un Etat de droit, conformément aux aspirations du peuple libyen.

Le CPS de l’UA, en sa 423ème réunion tenue le 10 mars 2014, a adopté une décision sur la situation au Soudan

ADDIS ABEBA, Ethiopie, 12 mars 2014/African Press Organization (APO)/ — Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA), en sa 423ème réunion tenue le 10 mars 2014, a adopté la décision qui suit sur la situation au Soudan:

Le Conseil,

1. Prend note de la communication faite par le Président du Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’UA sur le Soudan et le Soudan du Sud, ainsi que de la déclaration du Représentant permanent de la République de Soudan. Le Conseil prend également note des déclarations du Rwanda, de la France, du Royaume uni et des Etats-Unis, en leur qualité de pays membres du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi que des Nations unies et de l’Union européenne;

2. Rappelle ses communiqués et communiqués de presse antérieurs sur les ‘’deux Régions » du Nil Bleu et du Kordofan méridional de la République du Soudan, demandant aux Parties soudanaises, à savoir le Gouvernement du Soudan (GoS) et le Mouvement de Libération du Peuple du Soudan-Nord (SPLM-Nord), de rechercher un règlement pacifique à leur conflit, avec la facilitation du Groupe de mise en œuvre et du Président de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD);

3. Rappelle en outre la résolution 2046 (2012) du Conseil de sécurité des Nations unies approuvant la Feuille de route adoptée par le Conseil, le 24 avril 2012, et félicite les Nations unies, en particulier son Envoyé spécial, Haile Menkerios, ainsi que les autres partenaires bilatéraux et multilatéraux, pour leur soutien continu aux efforts conduits par l’UA;

4. Réitère sa constante préoccupation face à la grave crise humanitaire dans les « deux Régions », entrainant des pertes de vies humaines parmi les civils innocents, et renouvelle son appel aux Parties pour qu’elles facilitent l’acheminement immédiat, sans entrave et sans condition, de l’aide humanitaire aux populations civiles affectées par la guerre, conformément à l’Accord tripartite et à la proposition du Groupe de mise en œuvre, dans le cadre d’une cessation des hostilités;

5. Réitère sa ferme conviction qu’il ne peut y avoir de solution militaire au conflit dans les deux Régions, et qu’il n’y a pas d’autre alternative pour les parties que de s’engager dans des négociations directes en vue de trouver un règlement politique global;

6. Souligne l’urgence de mettre fin à la guerre et de donner une chance au dialogue, afin de trouver un règlement aux problèmes fondamentaux du Soudan, reconnait que la fin du conflit armé constitue une exigence majeure des populations du Soudan et, à cette fin, se félicite du projet d’Accord-cadre du 18 février 2014, tel que proposé par le Groupe de mise en œuvre, qu’il constitue un cadre approprié pouvant servir de base à une solution pacifique négociée du conflit dans les deux Régions;

7. Prend note de la réponse du Gouvernement du Soudan au projet d’Accord-cadre du 18 février 2014 proposé par le Groupe de mise en œuvre, et encourage le SPLM-N à répondre conformément à la requête du Groupe de mise en œuvre. Le Conseil encourage en outre les deux parties à poursuivre les consultations bilatérales qu’elles ont initiées, en vue de s’accorder sur les solutions les meilleures. A cet égard, le Conseil demande au Groupe de mise en œuvre de continuer à aider les parties, afin de parvenir à un accord d’ici au 30 avril 2014;

8. Note en outre l’aspiration des populations soudanaises à surmonter les douloureux problèmes de leur passé et l’histoire des conflits et à recentrer leurs efforts vers l’ouverture d’une nouvelle ère pacifique et démocratique pour leur pays;

9. Réaffirme le mandat du Groupe de mise en œuvre, tel qu’il lui a été confié par le Conseil lors de sa 207ème réunion tenue le 29 octobre 2009, lui demandant, entre autres « d’aider à la mise en œuvre de tous les aspects des recommandations du Groupe de haut niveau de l’UA sur le Darfour et d’aider les parties soudanaises dans la mise en œuvre de l’Accord de paix global (CPA) et d’autres processus connexes, dans le cadre de la transformation démocratique du Soudan »;

10. Se félicite de l’initiative du Gouvernement du Soudan d’initier un processus de dialogue national global et de révision constitutionnelle. Le Conseil reconnaît qu’après l’indépendance du Soudan du Sud, la République du Soudan reste confrontée à un grand défi, celui de réaliser l’unité dans la diversité, et félicite les partis politiques soudanais pour leur disponibilité affirmée à s’engager dans un dialogue visant à répondre aux défis de la démocratisation, de la gouvernance de la diversité et à élaborer une nouvelle constitution pour le Soudan, qui répondrait aux aspirations de ses populations. Le Conseil souligne que la fin de tous les conflits armés au Soudan constitue une composante fondamentale pour la poursuite et l’aboutissement heureux d’un tel dialogue national, et exprime sa profonde solidarité avec les populations du Soudan, au moment où elles doivent saisir cette opportunité historique de surmonter les souffrances du passé et d’ouvrir une nouvelle ère;

11. Salue les efforts déployés par le Groupe de mise en œuvre et le Président de l’IGAD, et les appelle à aider les Parties dans leurs efforts visant à trouver une solution au conflit dans les « deux Régions ». Le Conseil appelle en outre le Groupe de mise en œuvre à jouer, dans la mesure où les parties soudanaises le jugeront approprié, un rôle dans la facilitation du processus de dialogue national global au Soudan;

12. Décide de rester saisi de la question.

ACTIVITÉS DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ONU EN SIERRA LEONE, AVEC ESCALES À MONROVIA ET À LONDRES, DU 4 AU 6 MARS 2014

NEW YORK, 12 mars 2014/African Press Organization (APO)/ — Le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, est arrivé à Freetown en Sierra Leone, tard dans la soirée du 4 mars après une escale à Monrovia. Il a été accueilli à son arrivée à Freetown par M. Samura M.W. Kamara, Ministre sierra-léonais des affaires étrangères.

Le lendemain, le Secrétaire général s’est entretenu brièvement avec M. Jens Toyberg-Frandzen, son Représentant exécutif en Sierra Leone. Il a ensuite eu un petit déjeuner de travail avec l’équipe de pays des Nations Unies et la direction du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix, suivie d’une réunion ouverte à tout le personnel de l’ONU dans le pays.

Le Secrétaire général a ensuite eu un tête-à-tête avec le Président sierra-léonais, M. Ernest Bai Koroma, qui a été suivi d’une réunion élargie à tous les membres du Cabinet. Dans une conférence de presse conjointe, le Secrétaire général a déclaré qu’il avait eu des discussions très constructives avec le Président Koroma sur un certain nombre de questions dont la coopération entre l’ONU et le Gouvernement de la Sierra Leone. Il a ajouté que ce pays représente un des plus grands succès au monde en matière de reconstruction postconflit, de maintien et de consolidation de la paix. Nous avons vu ici de grands pas vers la paix, la stabilité et le développement à long terme, a-t-il affirmé.

Le Secrétaire général a ensuite assisté à un déjeuner offert en son honneur par le Président.

Plus tard dans l’après-midi, il a rencontré les représentants des 10 partis politiques les plus importants du pays ainsi que ceux de la société civile.

Le Secrétaire général a ensuite participé à une cérémonie marquant la fermeture du Bureau intégré des Nations Unies. Il a déclaré que la Sierra Leone avait appris au monde plusieurs leçons, la plus importante étant que c’est le pouvoir du peuple qui forge l’avenir. Il a ajouté que dans ce pays, nous voyons qu’un investissement massif dans les ressources matérielles, l’énergie humaine, l’appui international et la bonne volonté nationale, peut apporter une paix durable. (Voir Communiqué de presse SG/SM/15686)

Pendant la cérémonie, le Secrétaire général a offert au Président un casque bleu comme symbole de l’engagement passé et de la future coopération entre l’ONU et le pays.

Plus tard dans la soirée, le Secrétaire général a assisté à un dîner offert en son honneur par le Président sierra-léonais.

Jeudi 6 mars, tôt dans la matinée, le Secrétaire général a quitté Freetown pour Londres où au cours d’une escale, il s’est entretenu avec Mme Fahma Mohamed, militante contre les mutilations génitales féminines.

Le Secrétaire général est arrivé à New York tard dans la soirée.

Burundi – Dialogue politique / Quai d’Orsay – Déclarations du porte-parole – mardi 11 mars 2014

PARIS, France, 11 mars 2014/African Press Organization (APO)/ — Quai d’Orsay – Déclarations du porte-parole – mardi 11 mars 2014

La France exprime son inquiétude après les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre survenus le 8 mars, à l’occasion de la journée internationale de la femme.

Nous appelons les autorités burundaises et l’opposition à s’abstenir de tout recours à la violence et à poursuivre leur dialogue, dans la perspective des élections générales de 2015.

Entretien de M. Laurent Fabius avec son homologue centrafricain, M. Toussaint Kongo Doudou (Paris, 11 mars 2014)

PARIS, France, 11 mars 2014/African Press Organization (APO)/ — Quai d’Orsay – Déclarations du porte-parole – mardi 11 mars 2014

M. Laurent Fabius s’est entretenu ce matin avec M. Toussaint Kongo-Doudou, ministre centrafricain des Affaires étrangères, de l’intégration africaine et de la francophonie.

A cette occasion, les deux ministres ont fait le point sur la situation en RCA et sur les principaux objectifs communs, devant permettre une sortie de crise ;

– l’importance de mener à bien le processus de transition jusqu’aux élections qui doivent se tenir d’ici février 2015 ;

– la poursuite du déploiement sur le territoire centrafricain des forces africaines de la MISCA, appuyées par l’opération Sangaris, et des efforts de protection de l’ensemble de la population centrafricaine et notamment des communautés musulmanes ;

– la nécessité pour les autorités centrafricaines de transition de s’engager pleinement en faveur d’une véritable réconciliation nationale et de la protection des droits de l’Homme. M. Fabius a rappelé l’importance de la lutte contre l’impunité, afin d’envoyer un signal fort aux commanditaires et auteurs d’exactions ;

– le soutien à la reconstruction de l’État centrafricain, essentielle pour permettre aux autorités de transition d’assurer les principaux services, notamment sociaux, à une population gravement éprouvée par la crise.

Au cours de cet entretien, M. Fabius a renouvelé son souhait de voir une opération de maintien de la paix des Nations unies se déployer rapidement en République centrafricaine, afin de consolider les résultats obtenus par la MISCA et de prendre en compte les aspects civils de la sortie de crise.

Martin Kobler annonce le soutien ferme de la MONUSCO aux opérations des FARDC contre les FDLR

KINSHASA, République démocratique du Congo (RDC), 11 mars 2014/African Press Organization (APO)/ — « Je demande à tous les rebelles des FDLR de se désolidariser immédiatement de leurs leaders poursuivis par la justice, sous peine d’être désarmés de force », a déclaré Martin Kobler, le Chef de la MONUSCO.

La MONUSCO appelle en effet tous les membres des FDLR à faire reddition sans délai et à rejoindre le processus de Désarmement, Démobilisation, Rapatriement, Réinsertion et Réintégration (DDRRR).

Martin Kobler salue les opérations des FARDC contre les FDLR et les groupes armés illégaux affiliés. Il a également annoncé le soutien et l’engagement direct de la MONUSCO auprès de l’armée congolaise.

« Les opérations visent à neutraliser les FDLR et leurs alliés. Elles permettront aussi la restauration de l’autorité de l’Etat, conformément à notre mandat de protection des populations civiles et à nos règles d’engagement », a conclu Martin Kobler.

Quai d’Orsay – Entretien de M. Laurent Fabius avec son homologue de République centrafricaine, M. Toussaint Kongo-Doudou (Paris, mardi 11 mars à 10h)

PARIS, France, 10 mars 2014/African Press Organization (APO)/ — COMMUNIQUÉ TECHNIQUE

M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, recevra M. Toussaint Kongo Doudou, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Francophonie de République centrafricaine, le mardi 11 mars à 10h au Quai d’Orsay.

Un tour images est prévu avant le début de la rencontre. Les photographes et cameramen intéressés sont priés de s’accréditer à l’adresse suivante :

[email protected]

Ils sont invités à se présenter, munis de leur carte de presse, à partir de 9h45 à l’entrée située au 1, rue Robert Esnault-Pelterie, Paris 7e (face à l’aérogare des Invalides).

N.B. : Ce communiqué ne constitue en aucune manière une annonce officielle. L’information qui est donnée ci-dessus est de nature strictement technique et ne vise qu’à aider le travail des journalistes.

Rencontre de M. Pascal Canfin avec l’archevêque et l’imam de Bangui (Paris, 10 mars 2014)

PARIS, France, 10 mars 2014/African Press Organization (APO)/ — Quai d’Orsay – Déclarations du porte-parole – 10 mars 2014

M. Pascal Canfin, ministre délégué chargé du développement, s’entretiendra aujourd’hui avec Mgr Dieudonné Nzapalainga et avec M. Omar Kobine Layama, respectivement archevêque et imam de Bangui.

Cette rencontre sera l’occasion d’évoquer la situation humanitaire en République centrafricaine, l’enjeu du respect des droits de l’Homme ainsi que la contribution des différents responsables religieux au processus de sortie de crise. Le déploiement d’une opération de maintien de la paix en République centrafricaine, que les dignitaires religieux avaient récemment appelé de leurs voeux, sera également abordé au cours de cet entretien.

L’aide humanitaire doit rester une priorité dans les camps de Dadaab, en dépit du retour de réfugiés en Somalie

GENEVE, Suisse, 10 mars 2014/African Press Organization (APO)/ — Tandis que les programmes visant au retour volontaire de centaines de milliers de réfugiés somaliens dans leur pays se précisent [1], Médecins Sans Frontières (MSF) a de nouveau insistée pour que ce processus ne se fasse pas au détriment de l’aide fournie aux personnes qui restent dans les camps de réfugiés de Dadaab au Kenya. Avec de nombreuses organisations confrontées à des coupures budgétaires, et à face à la détérioration de la sécurité, MSF demande instamment aux donateurs internationaux d’assurer l’aide humanitaire, et demande au gouvernement du Kenya d’améliorer la protection des réfugiés.

MSF publie aujourd’hui une étude qui met en lumière les conditions de vie inadéquates et l’insécurité qui règnent à Dagahaley, un des cinq camps formant de Dadaab, au nord-est du Kenya. Le rapport Dadaab refugees : An uncertain tomorrow (Réfugiés à Dadaab : un avenir incertain) fournit également les détails d’une enquête effectuée l’an passé par MSF à Dagahaley.

« Les résultats de notre évaluation révèlent des conditions lamentablement inadéquates à Dagahaley » commente Charles Gaudry, chef de mission pour MSF au Kenya. « Par exemple, 41 % des réfugiés interrogés affirment que leurs abris ne fournissent pas de protection suffisante contre la pluie, et environ un réfugié sur dix n’a pas accès aux latrines ».

Les données recueillies cette année font à nouveau état d’une situation grave. En janvier, MSF a traité 2 346 cas de diarrhées hydriques, soit plus de 900 cas de plus que l’année précédente sur la même période. « Ceci représente une augmentation de 39 %, et illustre l’urgence des améliorations à apporter au camp, en termes d’hygiène et d’abri » poursuit Charles. « Les conditions de vie actuelles des réfugiés sont tout simplement inacceptables ».

Dans le cadre de l’évaluation, les réfugiés ont également été interrogés sur leur désir de rentrer en Somalie. Malgré les conditions de Dagahaley, quatre réfugiés sur cinq ont affirmé ne pas avoir l’intention de rentrer dans leur pays d’origine.

La malnutrition continue de nuire gravement à la santé des populations de Dagahaley, bien qu’elle ne soit pas actuellement à un niveau critique. La surveillance en cours met en évidence une large cohorte d’enfants malnutris, avec une moyenne mensuelle de 175 nouvelles admissions au programme MSF de nutrition thérapeutique ambulatoire. Chaque mois, 49 enfants malnutris victimes de complications médicales sont admis à l’hôpital de MSF.

« Avec des conditions aussi déplorables dans le camp, les équipes médicales de MSF restent en alerte pour détecter la moindre détérioration de la situation alimentaire » précise Charles. « La réduction du financement des ONG est un souci majeur. Par exemple, le Programme Alimentaire Mondial a dû réduire ses rations alimentaires de 20 % en novembre et décembre à Dadaab. Si de telles coupes se reproduisent, cela aura des conséquences graves sur la santé et le statut nutritionnel des réfugiés ».

À la lumière de la situation actuelle, et malgré les programmes encadrant le retour de réfugiés en Somalie, MSF insiste fortement auprès des différents acteurs, et en particulier auprès des donateurs internationaux, pour qu’ils assurent un financement adéquat qui permette de continuer à fournir aide et sécurité aux camps du Kenya. MSF exhorte également le gouvernement kenyan à assurer la protection des réfugiés et à améliorer la sécurité dans les camps, de telle sorte que les ONG puissent y accéder et fournir leur assistance. L’organisation souligne également que les efforts déployés par le gouvernement kenyan et le HCR pour améliorer la dignité et la sécurité des réfugiés au cours du processus de retour doivent être maintenus.

MSF est présente à Dadaab depuis plus de 20 ans et est actuellement le seul fournisseur de soins médicaux dans le camp de Dagahaley. Chaque mois, les équipes de MSF pratiquent environ 18 000 consultations médicales en ambulatoire et admettent environ 450 patients issus de la population d’accueil ou de celle des réfugiés à l’hôpital de Dagahaley.