LE MALI ET D’AUTRES FOYERS DE TENSION EN AFRIQUE AU CŒUR DU 20EME SOMMET L’UNION AFRICAINE

ABUJA, Nigeria, 29 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — Le président sortant de l’Union africaine (UA), le chef de l’Etat béninois Boni Yayi, a déploré la réaction tardive des dirigeants africains, et même de la communauté internationale, à venir militairement en aide au Mali, menacé par des groupes islamistes.

Dans son dernier discours en qualité de président de l’UA à l’ouverture, le dimanche 27 janvier 2013 à Addis-Abeba, en Ethiopie, du 20ème sommet de l’organisation panafricaine, M. Boni Yayi a regretté que l’Afrique n’ait pas réagi à temps pour défendre l’un de ses Etats.

«Comment comprendre que face au péril qui menace jusqu’à ses propres fondements, l’Afrique, bien que disposant des moyens d’organiser sa propre défense, a continué d’attendre ?» s’est-il interrogé, saluant au passage l’intervention militaire française.

«Je salue la France qui a pris les devants pour faire ce que nous aurions dû faire face au terrorisme qui menace le Mali, notre sous-région, notre continent et le monde»,a déclaré le président sortant de l’organisation continentale.

Outre la crise malienne, ce sommet devra également se pencher sur d’autres foyers de tension en Afrique, notamment la situation politique et sécuritaire en Guinée-Bissau, le conflit latent entre le Soudan et le Soudan du Sud, la récente crise en Centrafrique et la rébellion armée du Mouvement M23 en RD Congo.

Evoquant les tensions dans l’est de la RDC, le secrétaire général des Nations unies (NU), M. Ban Ki-Moon, a évoqué la possibilité d’adosser une mission «d’imposition de la paix» à celle des NU déjà présente dans le pays (MONUSCO).

S’agissant du Soudan et du Soudan du Sud, M. Ban Ki-Moon a exhorté les dirigeants des deux pays à entamer «des discussions directes afin de permettre l’aide humanitaire d’urgence nécessaire aux civils affectés» dans la région.

Les présidents du Soudan, M. Omar el-Béchir, et du Soudan du Sud, M. Salva Kiir, se sont rencontrés une nouvelle fois ce dimanche à Addis-Abeba en présence d’autres chefs d’Etat pour tenter d’avancer dans la résolution des différends qui empoisonnent toujours leurs relations.

Face à la multiplication des conflits ou des zones de tension en Afrique, la présidente de la Commission de l’UA, Mme Nkosazana Dlamini Zuma, a insisté sur la nécessité pour les Africains de promouvoir la paix, la stabilité et la sécurité au niveau continental.

«Nous ne pouvons jamais trop souligner l’importance du besoin de paix et de sécurité : sans paix et sécurité, aucun pays ou aucune région ne peut espérer la prospérité pour tous ses citoyens», a déclaré Mme Zuma.

Placé sous le thème : «Panafricanisme et Renaissance africaine», ce 20ème sommet coïncide avec la célébration du 50ème anniversaire de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), créée le 25 mai 1963 et devenue en 2002 l’Union africaine (UA).

Cette commémoration aura lieu en mai 2013 à Addis-Abeba, en Ethiopie, dont le Premier ministre, M. Hailemariam Desalegn, a succédé ce dimanche au président béninois Boni Yayi à la tête de l’organisation panafricaine.

A la cérémonie d’ouverture de ce 20ème sommet de l’UA, les chefs d’Etat et de gouvernement ont observé une minute de silence en mémoire de l’ancien président ghanéen John Atta Mills et de l’ancien Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, décédés en 2012.

De nombreuses personnalités ont assisté à cette cérémonie, parmi lesquelles MM. Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’ONU, Nabil Al-Arabi, secrétaire général de la Ligue arabe, Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne et le Premier ministre turc, M. Recep Tayyip Erdogan, invité d’honneur du sommet.

Le président de la Commission de la CEDEAO, M. Kadré Désiré Ouédraogo, était également présent à cette cérémonie. En marge des travaux du sommet, il a été reçu en audience par plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement et eu des entretiensavec de nombreuses personnalités d’organisations africaines et internationales sur des questions économiques, politiques et sécuritaires en Afrique de l’Ouest, notamment la crise malienne.

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Conférence des Donateurs sur le Mali: L’UE confirme son engagement de 50 M € pour soutenir une opération de paix menée par l’Afrique (MISMA)

BRUXELLES, Royaume de Belgique, 29 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — M. Piebalgs a participé aujourd’hui à la conférence des donateurs sur le Mali organisée à Addis-Abeba (Ethiopie). Il a dit:

« … c’est surtout le message de solidarité de 500 millions de citoyens européens, en faveur du Mali, de ces citoyens et plus particulièrement à la force africaine en cours de déploiement, que je viens délivrer aujourd’hui. (…) Lors du Conseil extraordinaire des ministres des affaires étrangères à Bruxelles le 17 janvier dernier, nous avons à l’unanimité appuyé l’intervention française, et accéléré le soutien financier et logistique à la MISMA. A cette fin, je suis heureux d’annoncer que l’Union Européenne va allouer 50 millions d’euros en faveur de la MISMA à travers sa Facilité de Paix pour l’Afrique.

Sur le plan logistique, les structures militaires de l’Union Européenne ont mis en place une « Clearing House » destinée à accroître les capacités logistiques mises en place pour ces états membres en faveur de la MISMA.

Enfin, s’agissant du soutien direct à l’armée malienne, nous allons déployer en Février la mission européenne « EU-Training Mission » destinée à renforcer sa formation, à la conseiller et à la restructurer.

La version complète du discours (SPEECH/13/70) et de communique de presse (IP/13/62) disponible sur RAPID.

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Condoléances de Didier Reynders suite à l’incendie à Bujumbura

BRUXELLES, Royaume de Belgique, 29 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — Le Ministre Reynders a été profondément touché par les images du terrible incendie qui a frappé le marché au coeur de Bujumbura.

Ce marché central est non seulement fréquenté par de nombreuses personnes, mais il est aussi à la base de l’approvisionnement en nourriture de très nombreux Burundais.

Depuis Moscou où il est en visite officielle, Didier Reynders tient à présenter ses condoléances aux familles des victimes et exprimer sa sympathie à tous ceux qui ont subi de graves pertes dans cet incendie. Il espère que des solutions seront trouvées rapidement pour permettre à la population de Bujumbura de continuer à s’approvisionner en denrées vitales. La Belgique continue à appuyer les efforts de renforcement des capacités du Burundi.

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Le ministre Fast rencontre son homologue nigérian

OTTAWA, Canada, 29 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — Le ministre du Commerce international et ministre de la porte d’entrée de l’Asie-Pacifique, l’honorable Ed Fast, et le ministre du Commerce et de l’Investissement du Nigéria, M. Olusegun Aganga, se sont rencontrés à l’occasion de la première réunion des ministres du Commerce de la Commission binationale Canada-Nigéria. Cette Commission a été créée en 2012 afin de contribuer à resserrer les liens en matière de commerce, de politique, de développement et de sécurité entre les deux pays.

Les ministres ont discuté des moyens de renforcer les relations commerciales bilatérales entre le Canada et le Nigéria de façon à atteindre leur but de doubler la valeur des échanges commerciaux pour la porter à 6 milliards de dollars d’ici 2015. Les ministres ont également discuté, entre autres sujets, de la conclusion d’un accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers, qui aidera les entreprises à investir avec confiance dans l’économie en essor rapide de l’Afrique subsaharienne.

Les deux ministres ont signé un communiqué conjoint.

Le ministre Fast dirige une mission commerciale de six jours au Nigéria et au Ghana afin de promouvoir les intérêts des entreprises canadiennes dans la région de l’Afrique subsaharienne, dans le but d’assurer la création d’emplois et une plus grande prospérité pour les Canadiens. Des représentants d’une trentaine d’organisations canadiennes, principalement des secteurs de l’extraction et de l’infrastructure, accompagnent le ministre Fast à cette occasion.

Cette mission commerciale organisée par le Service des délégués commerciaux du Canada est la première de 2013. Elle s’inscrit dans la série de missions stratégiques que le ministre Fast dirige depuis qu’il est responsable du portefeuille du commerce international pour cibler des secteurs particuliers et des régions en forte croissance.

Comptant des agents en poste dans plus de 150 villes du monde et dans des bureaux régionaux à l’échelle du Canada, le Service des délégués commerciaux, une composante d’Affaires étrangères et Commerce international Canada, constitue le plus vaste réseau canadien de spécialistes du commerce international. Il aide les entreprises qui souhaitent exporter ou investir à l’étranger, attirer des investissements ou établir des partenariats en innovation et en R-D.

Le ministre Fast est accompagné par le ministre du Commerce et de l’Investissement du Nigéria, M. Olusegun Aganga.

Pour obtenir plus d’information sur la visite du ministre Fast en Afrique subsaharienne, prière de consulter la page Mission commerciale du ministre Fast en Afrique.

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Mali : La reconquête du Nord dévoile les crimes des groupes islamistes / Éviter les vengeances pour gagner la paix

PARIS, France, 29 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — Alors que la contre-offensive des armées franco-malienne reprend le contrôle des principales villes du nord du pays, la FIDH s’inquiète des possibles représailles contre les personnes qui ont, de gré ou de force, collaboré avec les islamistes radicaux et des conflits inter-communautaires qui pourraient en découler. Notre organisation appelle les belligérants et les populations à la retenue ainsi que les autorités à juger tous les responsables des exactions, principalement les djihadistes, mais aussi les éléments de l’armée malienne auteurs présumés des exactions, notamment dans les villes de Sévaré, Niono, Diabali, Gnimi Gnama et Mopti.

Les crimes commis par les groupes islamistes dans le Nord

La prise de Gao et des abords de Tombouctou par les forces franco-maliennes, appuyées par les premières troupes africaines de la Mission africaine de soutien au Mali (MISMA), constitue pour les populations une réelle libération tant les crimes perpétrés par les groupes armés djihadistes ont été nombreux et cruels : exécutions sommaires, viols, esclavage sexuel, enrôlement d’enfants soldats, mutilations, bastonnades, vols, destructions de biens culturels et religieux protégés. Les informations et les témoignages recueillis par la FIDH depuis l’offensive conjointe du Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA) et des groupes armés islamistes en janvier 2012 démontrent que des crimes graves, y compris des crimes de guerre, ont été commis contre les populations civiles et des combattants désarmés.

Dans la ville de Gao, reprise aux djihadistes le 26 janvier 2013, les groupes armés djihadistes se sont illustrés ces derniers mois par leur cruauté : 8 hommes amputés (d’une main ou d’un pied et d’une main), de nombreux crimes sexuels et le recrutement d’enfants soldats. Une femme rencontrée par la FIDH témoigne que « de nombreuses femmes ont été emmenées en brousse et violées là-bas ». « Ils escaladaient même les murs des maisons pour venir nous violer » ajoute-t-elle. Les femmes étaient obligées de se dissimuler totalement et il leur était interdit d’écouter la radio, de porter des bijoux, des crèmes, des mèches ou de fréquenter des hommes. « Même saluer un homme pouvait vous faire chicotter [battre] » témoigne une jeune femme.

Lorsque des combats ont éclaté à Gao, fin juin 2012, entre les combattants du MNLA et les islamistes du MUJAO pour le contrôle de la zone, les crimes commis contre la population de la ville par le MNLA (voir rapport de la FIDH et de l’AMDH, 18 juillet 2012, « Crimes de guerre au Nord Mali »), ont été tellement choquants que « des enfants et des jeunes ont coupé des langues, des oreilles et ont traîné des corps de combattants du MNLA morts dans les combats contre le MUJAO ». En chassant les troupes du MNLA, le MUJAO a acquis une certaine notoriété qui lui a permis de recruter massivement parmi certaines populations, notamment les jeunes et les talibés. Ces derniers, étudiants islamiques, « dont certains n’ont même pas 9 ans », selon un témoin, ont été incités à rejoindre les groupes armés par leur « maître » toujours selon cet habitant de Gao. « Certains ne pouvaient même pas porter leurs armes tellement ils étaient petits » précise-t-il. Le recrutement d’enfants soldats s’est aussi fait contre de l’argent distribué directement aux enfants ou aux familles. Ainsi, un témoin dont le cousin s’est engagé dans le MUJAO a vu des combattants promettre 50 000 FCFA par mois à des familles pour enrôler leurs enfants. « Même le chauffeur d’Abdel Akim [un des chefs du MUJAO à Gao] était un enfant ! » a confié un autre témoin à la FIDH. Selon plusieurs témoignages, des personnes recrutées à Gao et entraînées à la hâte au « Camp 1 », le camp d’entraînement du MUJAO à Gao, ont été placées en première ligne, par les islamistes, lors de l’attaque du dernier bastion du MNLA à Menaka, le 19 novembre 2012. La quasi totalité de ces combattants non expérimentés seraient morts dès le premier assaut.

A Tombouctou, qui était principalement contrôlé par AQMI et notamment un de ses chefs, Abdelhamid Abou Zeid, les mêmes types de violations des droits humains ont été rapportés : une amputation, des flagellations, des crimes sexuels et des recrutements d’enfants-soldats. Tous ces crimes sont constitutifs de crimes de guerre au titre de l’article 8 du Statut de Rome instituant la Cour pénale internationale. Les groupes armés se sont aussi illustrés par la destruction d’une grande partie des mausolées inscrits au patrimoine mondial de l’Humanité de l’UNESCO, et par le vol de plus de 2000 manuscrits et d’archives musicales inestimables. L’imposition de la charia s’est accompagnée comme à Gao et dans tout le nord du pays de l’imposition de mode vestimentaire, de la police et de tribunaux islamiques, et même d’un « Centre de recommandation du convenable et de l’interdiction du blâmable », sorte de justice civile et de police religieuse. Les islamistes sont rentrés dans les écoles, imposant la séparation stricte des garçons et des filles et surveillant même les cours pour contrôler l’enseignement donné. Des radios de propagande ont remplacé les radios locales.

Pour un défenseur des droits de l’Homme qui a dû fuir le nord du pays fin 2012 en raison de risques trop importants pour sa sécurité, « les djihadistes sont fous, ils nous ont coupé du monde ». La reprise des villes du Nord permet selon lui aux populations de « sortir de la nuit dans laquelle nous ont plongé les groupes armés pendant tous ces mois ».

Les exactions de l’armée malienne

A la suite de la prise de Konna par les groupes armés djihadistes, la FIDH a pu établir que le climat de guerre, de psychose et de tension a favorisé des actes de vengeance et de représailles, et une série d’exécutions sommaires a été perpétrée par des éléments des forces armées maliennes, à partir du jeudi 10 janvier 2013, particulièrement à Sevare, Mopti, Niono et d’autres localités situées dans les zones proches des zones d’affrontements. A Sevare, des témoignages et éléments de preuves concordants attestent de l’exécution d’au moins 15 personnes dans 4 sites différents, notamment dans le camp militaire, à proximité de la gare routière, près de l’hôpital et dans un autre quartier de la ville. A Mopti, un cas d’exécution sommaire a aussi pu être confirmé. A Sevare toujours, des informations crédibles font état de viols et autres cas de sévices sexuels, ainsi que dans d’autres localités de la zone. Dans la région de Niono, à Sikolo, deux maliens d’origine touareg ont été exécutés par des soldats maliens. D’autres allégations d’exécutions sommaires continuent de nous parvenir de l’ensemble des zones de l’ouest et du centre du pays. Par ailleurs, l’imam Cheik Hama Alourou, enlevé par des militaires maliens le 21 janvier au soir, à Gnimi Gnama, un village entre Bore et Douentza, est toujours porté disparu.

Les victimes de l’ensemble de ces exactions sont des personnes : accusées d’être complices des djihadistes ou des infiltrés, des personnes en possession d’armes, des individus ne pouvant justifier de leur identité lors de contrôles de l’armée, ou ciblés simplement en raison de leur appartenance ethnique et communément appelés les « peaux claires ».

« Les risques de vengeance au Nord sont extrêmes »

Alors que la reconquête du Nord s’effectue rapidement, la FIDH s’inquiète des risques de dérapages, de représailles et des actes de vengeance contre les populations civiles de la part des militaires, mais aussi entre populations civiles. A Gao, la population a lynché un combattant islamiste Peulh dont le corps se trouve à la morgue de l’hôpital. Trois blessés seraient à dénombrer parmi les civils qui ont voulu prendre l’hôpital où s’étaient retranchés certains djihadistes. Plusieurs maisons appartenant aux Touaregs et Arabes de Gao auraient été pillées et saccagées jusqu’aux portes et fenêtres. Si la vindicte populaire semble mécaniquement cibler les populations touaregs, ces derniers ne sont pas les seuls à risquer de payer de leur vie leur allégeance réelle ou supposée aux groupes armés. Ainsi à Gao, les populations du village de Kadji (Gourma – sur la rive droite du fleuve), qui ne sont pas touaregs mais qui ont rejoint assez largement les groupes armés, notamment en raison d’un différent antérieur avec le reste des habitants de la ville, risquent d’être prises pour cibles. Une jeune femme, entendue par la FIDH rapportait d’ailleurs les paroles de plusieurs habitants de Gao selon lequelles, « on va éliminer tous les ‘peaux claires’ [islamistes étrangers] et tout ceux qui sont du Gourma ». A Diabali, des habitants de la région auraient ces derniers jours pillé les biens et les maisons de personnes des communautés arabes et touaregs.

Ce sentiment de vengeance se fonde notamment sur les crimes et les exactions perpétrés depuis l’offensive du MNLA et des groupes armés islamistes en janvier 2012, notamment le massacre des soldats maliens à Aguelhoc et Tessalit ou encore les campagnes de viols et la vague de violations des droits de l’Homme perpétrées par les éléments armés touaregs du MNLA, notamment lors des prises de Gao et Tombouctou, que nos organisations ont condamné et ont documenté (voir le rapport de la FIDH et de l’AMDH, 18 juillet 2012, « Crimes de guerre au Nord Mali »). Ces crimes récents font resurgir les exactions perpétrées de part et d’autre lors des précédentes rébellions touaregs, particulièrement celles des années 90, où aux exécutions de fonctionnaires au Nord par les rebelles touaregs, l’armée répondait alors par des opérations de contre-insurrection meurtrières et indiscriminées contre des civils touaregs. Pour un défenseur des droits de l’Homme du Nord du pays, l’ensemble de ces faits font que « les risques de vengeance et de représailles au Nord sont extrêmes ».

L’impératif de juger pour briser le cycle de l’impunité et de la violence

L’ensemble des auteurs et responsables de ces crimes, qu’ils soient maliens ou étrangers, doivent être appréhendés et jugés. Ainsi, du côté islamiste, « Aliou commissaire » un des chefs du MUJAO à Gao aurait été capturé par les forces franco-maliennes le 25 janvier 2013 à Hombori. Des éléments du MUJAO, se seraient rendus aux forces de sécurité nigériennes et auraient été désarmés. L’ensemble de ces auteurs, y compris les membres et responsables du MNLA qui ont commis des crimes de guerre et des violations graves des droits de l’Homme doivent pouvoir être jugés de façon équitable et le cas échéant, condamnés. L’exemplarité de tels procès devrait permettre de renforcer l’État de droit au Mali. De la même façon, les militaires qui ont commis des crimes contre des civils doivent, selon la FIDH, pouvoir être jugés de façon impartiale pour rappeler l’obligation de protection du droit international humanitaire et des droits de l’Homme, y compris en temps de conflit armé.

« On ne combat pas les auteurs des crimes d’Aguelhoc par les mêmes méthodes qu’eux » a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH. « La reconquête du Nord par les troupes franco-africaines ne doit pas être entachée par des crimes et des méthodes qui servent les islamistes. Il faut casser le cycle de l’impunité et de la violence » a-t-elle ajouté.

Pour Sidiki Kaba, président d’honneur de la FIDH, « il ne faut pas seulement gagner la guerre, mais il faut maintenant gagner la paix ; et celle-ci ne peut se construire dans l’immédiat que par le respect des droits humains, le refus de toute logique punitive et de vengeance, le jugement de tous les auteurs de violations des droits de l’Homme, le retrait des militaires de la vie politique ; et dans l’après-guerre, la tenue d’élections libres et transparentes ».

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Allocution du président de la république du Mali, son excellence le professeur Dioncounda Traore au sommet de l’Union africaine

ADDIS ABEBA, Ethiopie, 28 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — Allocution du président de la république du Mali, son excellence le professeur Dioncounda Traore au sommet de l’union africaine

Excellence, Monsieur le Président de la Conférence de l’Union,

Excellences, Mesdames et Messieurs Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Distingués invités, Mesdames et Messieurs

Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies

Madame la Présidente de la Commission de l’Union africaine,

Mesdames et Messieurs les Commissaires de l’Union africaine,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs Ambassadeurs et Représentants des Coopérations bilatérales, multilatérales et internationales,

Représentants des organisations de la Société civile,

Distingués invités,

Excellence Monsieur le Premier ministre d’Ethiopie, c’est à vous que nous adressons nos premiers mots, pour vous dire merci, pour dire merci au peuple éthiopien pour l’accueil chaleureux qui nous est réservé ici à Addis-Abeba, dans la droite ligne d’une tradition connue et appréciée de tous.

Permettez-moi également de m’incliner de nouveau devant la mémoire de votre illustre prédécesseur Meles Zenawi, trop tôt disparu mais que les livres d’histoire retiendront comme le catalyseur du projet d’émergence tant de l’Ethiopie que de l’Afrique.

Ensuite, à notre auguste assemblée nous voudrions adresser nos vœux personnels ainsi que ceux du peuple malien, à l’entame d’une année que nous souhaitons de santé, de réussites et de paix.

Pour chacun de vous. Pour chacune de vous. Pour tous nos peuples. Pour l’Afrique et pour tous ses partenaires du monde.

Nous ne pouvons aller plus loin sans réitérer ici et solennellement, nos remerciements et notre reconnaissance à tous ces avocats passionnés de la cause malienne qu’ont été, tout le long de cette tragédie que nous vivons.

Nous voulons citer :

– Son Excellence le Dr Thomas Yayi Boni, Président sortant de la Conférence des Chefs d’Etat ;

– Son Excellence Alassane Ouattara, Président en exercice de la CEDEAO ;

– Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré et son Excellence Monsieur Johnatan Goodluck, respectivement médiateur et co-médiateur de la crise malienne.

Des pays frères ont envoyé leurs soldats combattre aux côtés de l’armée malienne dans sa tâche de reconquête des régions du Mali occupées en 2012, par l’actionnariat mafieux de l’argent sale du narcotrafique, du terrorisme international agissant sous le masque de l’islam.

Merci donc, Président Thomas Yayi Boni, Président Blaise Compaoré, Président Nkuruziza, Président Alassane Ouattara, Président Mahamadou Issoufou, Président Johnatan Goodluck, Président Idriss Deby, Président Faure Ngnassingbé, Macky SALL.

Dites à vos peuples que le Mali saura se souvenir de cette solidarité. Elle n’a pas de prix. Pour nous, elle a valeur de pacte de sang.

Soyez également remerciée, Mme Nkosasana Dlamini Zuma, Présidente de la Commission de l’Union africaine.

Votre souci du Mali est attesté de tous et votre engagement est pour nous une source de réconfort toujours renouvelée.

Permettez qu’à travers vous, nous félicitions vos collaborateurs qui, au sein de la Commission que vous présidez ont porté, sans faiblir, la question malienne dès les premières manifestations de la crise en fin 2011.

Depuis, votre Commission n’a ménagé aucun effort, aucune réflexion, aucune déclaration en faveur du respect de l’intégrité territoriale du Mali.

Elle a su appeler, avec le juste accent, à une mobilisation à la fois diligente et massive de l’Afrique et du monde pour soutenir le peuple malien dans la douloureuse épreuve qu’il traverse. Le Mali, jusqu’alors une référence de stabilité soudain prise dans la spirale de la guerre et de ses privations.

Preuve, s’il en faut, de ce bel élan de solidarité : la rencontre de Bamako du 19 octobre 2012 qui, sous votre direction éclairée, a permis de partager et de valider le Concept Stratégique des Opérations le CONOPS.

Nous ne saurions clore le chapitre des remerciements sans vous demander, frères et sœurs d’Afrique, de vous joindre à la nation malienne pour saluer les pays non africains qui sont aujourd’hui à nos côtés.

Saluons en particulier la France, saluons le Peuple français.

Saluons le Président François Hollande pour sa lecture lucide de la crise malienne dont nous savons tous qu’elle porte les germes d’une menace sécuritaire mondiale.

Saluons-les pour avoir accédé promptement et sans calcul à notre requête d’assistance.

Aujourd’hui, l’intervention déterminée de l’armée française a porté un coup d’arrêt à la progression de notre ennemi commun, à savoir le narco-térrorisme qui invoque Dieu mais qui agit comme Satan.

Le geste fraternel de la France a permis, dans le respect de la légalité internationale, d’accélérer la mise en œuvre de la résolution 2085 des Nations-Unies, par la mobilisation de la CEDEAO, de l’Union africaine ainsi que de leurs partenaires

C’est aussi ce geste de la France qui a permis à l’armée malienne de renouer avec sa noble vocation de défense de la nation et du territoire, et nous pouvons vous annoncer ici et aujourd’hui que l’armée malienne est de retour, et a repris le combat avec courage dans une confiance retrouvée.

Elle sera devant. Elle ne sera pas derrière les troupes sœurs venues l’aider.

Et toutes ensembles, les forces qui se battent contre nos agresseurs, progressent, avec détermination, dans le cadre d’une stratégie qui nous mènera, sans aucun doute, vers la victoire.

Cette victoire, nous la voulons pour demain. Pas après demain. Parce que notre guerre à nous n’est pas de tuer simplement parce que nous avons les armes pour le faire.

Notre guerre c’est d’enrôler nos filles et nos garçons à l’école. Notre guerre c’est de pouvoir mieux soigner nos populations.

Notre guerre c’est de pouvoir offrir à nos citoyens des opportunités pour s’épanouir dans un monde globalisé qui n’attend pas les retardataires.

Mesdames, Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Mesdames et Messieurs,

Le Mali hélas en était arrivé très loin dans l’infortune en 2012.

Au Nord, des régions entières avec tous leurs départements sous la coupe de leurs agresseurs, certains indépendantistes, d’autres dits jihadistes, mais tous terroristes, tous criminels.

Au Sud une crise institutionnelle grave, avec ses agendas mesquins et inavouables, à un moment où toute la concentration était requise pour sauver le pays.

Les frayeurs continueront jusqu’aux premiers jours de 2013 où poussés par l’arrogance, les agresseurs tentèrent de forcer le destin.

Avec les conséquences que vous savez : des conséquences désastreuses pour eux.

A l’heure où nous vous parlons, nos forces nationales fortement aidées par leurs alliées françaises et africaines continuent d’infliger de lourdes pertes à l’ennemi désormais en débandade. Gao et tombouctou sont quasiment reconquises.

Et parce que la peur a changé de camp, voici que des voix crient à la croisade contre l’islam.

Voici qu’elles ramènent notre combat pour la liberté, la dignité et la paix à une guerre par procuration de l’Occident contre des musulmans sans défense.

Qu’on nous dise pourquoi personne n’a entendu ces voix, au moment où le Mali pays musulman à 95% avait besoin de la compassion et de la solidarité de ses frères en Islam ??

Qu’on nous dise où étaient les donneurs de leçon qui n’ont pas entendu les sanglots de la petite Aicha violée, comme beaucoup d’autres, sous la menace des armes !

Qu’on nous dise où étaient ces donneurs de leçons le jour où un couple victime d’une justice inique et expéditive était lapidé à mort soit disant pour adultère.

Où étaient donc ces voix lorsqu’à Aguel Hock des soldats de l’armée régulière malienne étaient égorgés par dizaines voici un an.

Qu’on nous dise, comme l’ont rappelé les oulémas de notre pays dans une belle unanimité, où étaient ces donneurs de leçons, quand par milliers, les Maliens étaient jetés sur les routes de l’exil et de la privation de la misère et de la désolation.

Où étaient– ils ceux qui crient aujourd’hui à l’holocauste quand les conquérants, de leur justice humiliante et mutilante, coupaient les bras de notre jeunesse, détruisaient les écrans de télé, écrasaient les écouteurs de téléphone et décrétaient que le football était haram.

Qu’on n’ajoute pas de grâce l’injure à la blessure.

Le Mali ne mérite pas un tel mépris car il a vécu le joug terroriste dans sa chair, dans son âme, dans le viol de sa conscience et de ses femmes.

Le Mali ne mérite pas ce mépris, parce que comme toutes les sociétés de culture, c’est un pays de tolérance, d’humilité et de paix.

Nous ne sommes pas en guerre contre l’islam.

Nous sommes en guerre contre le terrorisme, qui prospère de la vente d’otages innocents et des ristournes de la drogue.

Nous sommes en guerre pour notre existence!

Nous sommes en guerre contre l’obscurantisme.

Nous sommes en guerre contre un projet d’arriération imposé à une terre qui est un creuset de civilisation.

Au contraire, le plus grand tort à l’Islam, ce sont nos agresseurs qui l’ont causé, semant le doute dans l’esprit de ceux qui sont nés dans l’islam, dont les pères sont nés dans l’islam, et qui pendant des générations successives ont été pétris aux valeurs, aux vrais valeurs de l’Islam.

Car les caveaux de saints démolis à Tombouctou l’ont été au nom de l’islam !

Car les coups de cravaches donnés à Gao l’ont été au nom de l’islam !

Car les couples lapidés à Kidal l’ont été au nom de l’islam !

De quel Islam s’agit t-il ?

En tout cas, pas celui du prophète Mohamed Paix et Salut sur Lui qui n’a jamais converti par la force, qui n’a jamais humilié son prochain, qui n’a jamais rendu veuve, orphelin ou handicapé au nom de la seule loi du plus fort.

Non l’alliance, entre la mauvaise foi et les barres de cocaïne ne sauraient être l’islam, ne sauraient être notre islam.

Notre islam à nous continuera d’être le respect de l’être humain, et de sa dignité, la protection du voisin, du faible et de l’orphelin, la promotion de la paix et de la concorde, jamais le plaisir de verser le sang.

Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Mesdames et Messieurs,

Si grâce à vous tous, les perspectives sont bien meilleures aujourd’hui pour le Mali, tous les risques contre la paix et la concorde ne sont pas entièrement conjurés.

L’ethnicisation du faux jihad, les stratégies de constitution des réseaux dormants du terrorisme dans les villes, et il faut le déplorer, l’amalgame et le délit de faciès peuvent donner lieu à des exactions et de règlements de compte.

Le Gouvernement du Mali ne tolérera les exactions et les amalgames.

Du reste il a ordonné une enquête dont nous tirerons toutes les implications.

La dignité du soldat et l’honneur de notre armée commandent qu’ils soient les premiers à suivre scrupuleusement les prescriptions de l’Etat de droit que nous avons pour ambition de bâtir.

Et nous savons que chaque traitement extrajudiciaire des cas de collaboration présumée des populations locales avec les terroristes fait l’affaire de ces derniers.

C’est pourquoi, le Gouvernement du Mali, prenant au sérieux ces risques et soucieux de ne pas compliquer davantage la résolution d’une crise qui menace les fondements de la nation, n’a de cesse de mettre et l’armée et les groupes diffus contre toute atteinte aux droits humains.

Et comme le prévoit la feuille de route adopté par le Gouvernement le 25 janvier et présenté au parlement, de vastes campagnes seront menées dans le sens de l’apaisement.

L’armée sera systématiquement et continuellement formée au respect du droit humanitaire et des droits constitutionnel des citoyens parce que nous la voulons une armée républicaine.

Bien entendu, nous restons déterminés à appliquer la loi à tout soldat malien contrevenant aux principes de la République.

Nous en appelons naturellement à la prudence et au bon sens de tous.

Car le contexte est favorable à la désinformation et au sensationnel.

Les forces du mal n’ayant plus d’autre possibilité que d’opposer les opinions publiques aux forces de libération.

Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Mesdames et Messieurs,

Si malgré nous, le temps est à la guerre, nous préparons activement la paix.

Notre main reste tendue à ceux qui réalisent qu’il est encore temps de faire amende honorable, malgré tout le tort qui a été porté à notre pays, à notre sous région et à notre région.

Mais le dialogue inter-malien n’aura vocation ni à confesser ni à charger.

Pour la stabilité de notre pays et la dignité de ses enfants, nous ne saurions donner de traitement préférentiel à aucune ethnie en particulier ni stigmatiser de groupes spécifiques.

Qu’on nous fasse seulement confiance, car les Maliens sont les premiers à comprendre jusqu’où la réconciliation est impérative pour la survie de chacune de leurs communautés et de l’ensemble national, sans distinction d’ethnie.

Du dialogue inter-malien dont les animateurs sont en train d’être repérés pour leur sagesse et leur lucidité, il est attendu tout simplement qu’il mène les Maliens, sans distinction d’ethnie, de sexe, d’âge et de religion vers le même but et la même foi.

Cet important dispositif permettra de recueillir et de partager les enseignements de la grave crise que nous avons connue pour que nos cités soit mieux administrées, notre démocratie et notre capital social mieux consolidés.

Ce pays reviendra parmi vous, jouant pleinement son rôle dans l’intégration africaine.

Il était là en 1963 comme une jeune nation forte de ses promesses et de ses espérances. Il sera là avec vous en 2013 en tant que nation reconstituée pour fêter le 50è anniversaire de l’organisation continentale.

C’est cela notre mission historique en tant que Président et Gouvernement de transition.

Et pour la mener à bien, nous avons encore besoin de votre solidarité, de vos conseils et de votre accompagnement.

Mais le Sahel a prouvé sa grande vulnérabilité par sa pauvreté qui fait d’elle la proie facile du crime organisé.

Nous ne couperons définitivement la tête des barons de la drogue des terroristes doctrinaires autoproclamés de l’Islam qu’en concédant un investissement sans précédent pour le développement de cette zone grise aujourd’hui mais avec tout le potentiel pour être demain un havre de paix et de prospérité.

A cet égard, tous les pays du Sahel, ceux qui connaissent aujourd’hui les tourments comme ceux qui en sont épargnés, sont logés à la même enseigne.

Car jamais les vases n’ont autant communiqué que dans cette partie du monde.

La paix dans le monde est tributaire de la paix dans le Sahel qui crie son besoin de Plan Marshall pour que le binôme Paix et Développement produise les fruits attendus et protègent le reste du monde des graves menaces que cette zone peut entraîner pour tous.

Ce cri n’est pas le premier. Puisse t-il être le dernier et être entendu !

Vive l’Afrique unie et solidaire,

Vive l’Afrique partenaire respectée du monde.

Vive la Paix dans le monde.

Vive le France.

– MERCI BEAUCOUP

– THANK YOU VERY MUCH,

– CHOUKRAN JAZZILEN,

– MULTO OBLIGADO,

– MUCHAS GRACIAS,

– ASANTE SANA.

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Déclaration solennelle de la Conférence de l’Union sur la situation au Mali

ADDIS ABEBA, Ethiopie, 28 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — Déclaration solennelle de la Conférence De L’union sur la Situation au Mali

Nous, chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine (UA), réunis en notre vingtième session ordinaire, tenue à AddisAbéba, en Éthiopie, les 27 et 28 janvier 2013:

– PROFONDÉMENT PRÉOCCUPÉS par la situation sécuritaire qui prévaut au Mali, ainsi que par la détérioration continue de la situation humanitaire dans la partie nord du Mali ;

– RÉITERANT NOTRE FERME ATTACHEMENT à l’unité nationale et à l’intégrité territoriale de la République du Mali ;

– NOTANT que la poursuite de l’occupation de la partie nord du Mali par divers groupes armés, terroristes et criminels, constitue unegrave menace à la paix, à la sécurité et à la stabilité du Mali, de la région et au-delà;

– RÉAFFIRMANT la profonde solidarité de l’Afrique avec le Mali, un des membres fondateurs de l’OUA et de notre Union, dont l’attachement au panafricanisme et aux causes du continent en un demi-siècle d’indépendance ne s’est jamais démenti, ainsi que notre détermination à mettre en commun nos efforts pour aider ce pays frère à surmonter les défis auxquels il est confronté présentement ;

– SE FELICITANT des progrès accomplis au Mali en vue de relever les défis de l’heure, en particulier l’adoption de la Feuille de route pour la Transition;

– EXPRIMANT NOTRE PROFONDE GRATITUDE à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), aux pays du champ, aux autres États africains fournisseurs de troupes et à l’ensemble des partenaires bilatéraux et multilatéraux, et RECONNAISSANT À CET EGARD l’assistance importante de la France en ces moments difficiles que traverse le Mali ;

– RÉAFFIRMANTEN OUTRE nos décisions antérieures, ainsi que celle de la CEDEAO, sur la situation au Mali.

Convenons de ce qui suit:

(A) ENTÉRINONS PLEINEMENT le communiqué PSC/AHG/COMM/2.(CCCLIII) adoptée par le 353ème réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA, tenue à AddisAbéba, le 25 janvier 2013, sous la présidence de S.E. MwaiKibaki, Président de la République du Kenya, en sa qualité de Président du CPS pour le mois de janvier 2013, communiqué qui se lit comme suit:

«Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA), en sa 353ème réunion tenue le 25 janvier 2013, a adopté la décision qui suit sur la situation en République du Mali:

Le Conseil,

1. Prend note du rapport de la Présidente de la Commission surl’évolution de la situation au Mali [PSC/AHG/2.(CCCLIII)], ainsique des exposés du Commissaire à la Paix et à la Sécurité et du Haut Représentant de l’UA pour le Mali et le Sahel. Le Conseilprendégalement note des déclarationsfaites par les représentants du Mali, de la Communautééconomique des États de l’Afrique de l’Ouest – CEDEAO (Médiation et Commission), des pays du champ, à savoir l’Algérie, la Mauritanie et le Niger, ainsique par les Nations unies et l’Unioneuropéenne (UE);

2. Rappelle ses communiqués antérieurs sur la situation au Mali;

3. Réaffirme l’attachement de l’UA à l’unité nationale et à l’intégrité territoriale de la République du Mali, ainsi que la détermination de l’Afrique à ne ménager aucun effort pour en assurer la préservation. Le Conseil réaffirme une fois encore le rejet absolu par l’UA du terrorisme et de la criminalité transfrontalière, ainsi que du recours à la rébellion armée pour faire valoir des revendications politiques;

4. Réitère sa profonde préoccupation face à la grave menace à la paix et à la sécurité régionale et internationale que constitue la présence, au nord du Mali, de différents groupes armés terroristes et criminels, tels qu’Al-Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI), Ansar Dine et le Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), ainsi que sa fermecondamnationdes exactions commises par ces groupes contre les populations civiles et de la destruction de monuments ayant une signification historique, culturelle et religieuse. Le Conseil note également avec une profonde préoccupation la détérioration continue de la situation humanitaire dans la région;

5. Réitère la ferme condamnation par l’UA des attaques perpétrées par une coalition de groupes armés terroristes et criminels contre la ville de Konna, dans la région de Mopti, le 10 janvier 2013. À cet égard,le Conseil se félicite de ce quel’assistance prompte et effective apportée par la France, à la demande des autorités maliennes et dans le cadre de la résolution 2085 (2012) du Conseil de sécurité et de l’article 51 de la Charte des Nations unies, a permis de bloquer l’offensive lancée par ces groupes et d’entamer la reconquête des régions encore par eux occupées. Le Conseil se félicite également de la décision de plusieurs États membres, tant de la région qu’en dehors de celle-ci, de contribuer des troupes dans le cadre de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA). Le Conseil réitère son appréciation à la CEDEAO et à son Président en exercice, le Président Alassane Dramane Ouattara de Côte d’Ivoire, pour toutes les initiatives prises, en vue de faire face à la subite détérioration de la situation, et fait sien le communiqué du Sommet extraordinaire de la CEDEAO, tenu à Abidjan, le 19 janvier 2013. Le Conseil salue les mesures prises par les voisins immédiats du Mali pour renforcer la surveillance de leurs frontières, afin de prévenir tout mouvement de combattants et flux d’approvisionnements en faveur des groupes armés, rebelles, terroristes et criminels;

6. Condamne fermement l’attaque terroriste contre le complexe gazier d’In Amenas, en Algérie, le 16 janvier 2013. Le Conseil exprimesa sympathie et sa solidarité avec les familles des victimes, ainsi qu’avec le Gouvernement de l’Algérie et les autres pays dont les citoyens ont été affectés par l’attaque. Le Conseil exprime son soutien aux mesures prises par le Gouvernement algérien pour faire face à cette situation, et note que le professionnalisme des Forces armées algériennes a permis de sauver des centaines de vies humaines, tant d’Algériens que de travailleurs étrangers, et de limiter les dommages matériels au complexe gazier;

7. Souligne la nécessitéd’accélérer le déploiement de la MISMA et d’en assurer le fonctionnement efficace, ainsi que celle d’œuvrer au renforcement des capacités des Forces de défense et de sécurité du Mali (FDSM). À cet égard, le Conseil:

(a) demande aux Commissions de l’UA et de la CEDEAO, en collaboration avec les Nations unies, l’UE et d’autres partenaires, de réviser le Concept d’Opérations (CONOPS) de la MISMA, tel qu’approuvé par sa 341ème réunion, tenue le 13 novembre 2012 [PSC/PR/COMM.2(CCCXLI)], en vue d’accroître les effectifs autorisés de la MISMA, y compris à travers l’intégration des troupes fournies par le Tchad et d’autres contingents en cours de préparation, et, partant, de mieux répondre aux besoins sur le terrain;

(b) demande à la Présidente de la Commission, en consultation avec le Président de la Commission de la CEDEAO et les pays contributeurs de troupes, de procéder immédiatement à la nomination du Représentant spécial, chef de la MISMA, ainsi qu’à la mise en place de tous les mécanismes requis pour assurer un commandement et un contrôle effectif de la Mission;

(c) demande à la Commission de l’UA, avec la CEDEAO et les Nations unies, de mettre immédiatement en place le Groupe de travail intégré sur le Mali (GTIM), pour assurer la gestion stratégique coordonnée de la mise en œuvre des résolutions et décisions pertinentes des trois organisations sur la situation au Mali ;

(d) invite les Commissions de l’UA et de la CEDEAO à déployer, aussi rapidement que possible, dans le cadre de la MISMA, et avec l’appui de la Commission africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), des observateurs civils pour surveiller la situation des droits de l’homme dans les zones libérées et aider les autorités maliennes à créer les conditions d’une réconciliation durable entre les différentes composantes de la population malienne, ainsi que de la consolidation de la paix;

(e) exhorte tous les États membres de l’UA, conformément à ses décisions pertinentes et aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, à apporter le soutien nécessaire sur les plans financier et logistique à la MISMA et aux FDSM, et à saisir l’opportunité de la conférence de donateurs prévue à AddisAbéba, le 29 janvier 2013, pour contribuer significativement à la mobilisation des ressources requises;

(f) décide, sans préjudice des contributions attendues des États membres lors de la conférence de donateurs mentionnée ci-dessus, de recommander à la Conférence de l’Union d’ordonner qu’une partie du budget de la MISMA soit couverte par les contributions obligatoires des États membres de l’UA, et demande à la Commission de prendre les dispositions requises à cet effet;

(g) invite tous les États membres disposés à contribuer des troupes, à en informer les Commissions de l’UA et de la CEDEAO, dans un délai d’une semaine, pour faciliter les efforts de renforcement de la MISMA et la prise des dispositions appropriées pour leur déploiement dans les meilleurs délais; et

(h) demande aux voisins immédiats du Mali de fournir le soutien requis dans le domaine du renseignement et toute autre assistance de nature à faciliter les opérations actuelles et la restauration de l’autorité de l’État malien sur l’ensemble de son territoire. À cet égard, le Conseil encourage la Commission à organiser, aussi rapidement que possible, une réunion des pays voisins du Mali, membres de la CEDEAO, du Centre d’Etat-major opérationnel conjoint (CEMOC) et de l’Unité de Fusion et de Liaison (UFL), afin de faciliter la coordination et renforcer l’efficacité des mesures de surveillance des frontières ;

8. Exprime à nouveau la reconnaissance de l’UA à tous les partenaires bilatéraux et multilatéraux qui appuient les efforts de l’UA et de la CEDEAO au Mali. Le Conseil exhorte les partenaires internationaux, conformément aux dispositions pertinentes de la résolution 2085 (2012), à faire des contributions généreuses, tant sur le plan financier que logistique, en faveur de la MISMA et des FDSM, à l’occasion de la conférence de donateurs du 29 janvier 2013. Le Conseil exprime également son appréciation à l’UE pour son engagement à soutenir le Mali, y compris à travers le déploiement d’une équipe de formation pour aider au renforcement des capacités des FDSM ;

9. Exprime son appréciation au Secrétaire général des Nations unies pour les dispositions qu’il a déjà prises dans le contexte de la mise en œuvre de la résolution 2085(2012), y compris la mise en place d’un Fonds d’affectation spécial pour la MISMA et pour les FDSM. Le Conseil, tout en rappelant sa requête en vue de la mise en place d’un module de soutien financier et logistique financé par les contributions mises à recouvrement des Nations unies, demande au Conseil de sécurité d’autoriser dans l’intervalle la mise en place immédiate, par les Nations unies, d’arrangements temporaires qui permettront à la MISMA de se déployer rapidement et d’accomplir efficacement sa mission;

10. Renouvelle l’appui de l’UA au Président Dioncounda Traoré et à son Premier ministre DiangoCissoko, qui ont la charge de mener à bien la Transition, et les exhorte à prendre toutes les dispositions nécessaires pour l’élaboration et l’adoption de la Feuille de route de la Transition, y compris les mesures à prendre en vue de l‘organisation d’élections libres, transparentes et crédibles, et ce avant la réunion du Groupe de Soutien et de Suivi sur la situation au Mali, prévue à Bruxelles, le 5 février 2013. Le Conseil encourage également les autorités maliennes à œuvrer résolument à la réconciliation entre les Maliens, y compris au sein des FDSM, ainsi qu’à l’émergence d’un consensus sur les principaux défis de l’heure, en vue de faciliter le traitement des causes profondes de la crise multidimensionnelle que connaît le Mali;

11. Se déclare déterminé à prendre, en étroite coopération avec la CEDEAO et avec le soutien du reste de la communauté internationale, des mesures à l’encontre de tous individus, militaires ou civils, qui compromettent la conduite de la Transition et la chaîne de commandement militaire ;

12. Souligne la pertinence continue du Concept stratégique pour le règlement des crises au Mali, tel qu’adopté lors de sa 339ème réunion tenue le 24 octobre 2012 [PSC/MIN/COMM.2 (CCCXXXIX)], et encourage la Présidente de la Commission à poursuivre et à intensifier les efforts initiés dans le cadre de la mise en œuvre du Concept stratégique. À cet égard, le Conseil se félicite des efforts soutenus que déploie le Haut Représentant de l’UA pour le Mali et le Sahel, l’ancien Président Pierre Buyoya, y compris ses visites au Mali et dans les autres pays de la région. Le Conseil se félicite également des dispositions prises pour renforcer la présence de l’UA sur le terrain, et demande l’opérationnalisation rapide du Bureau de Liaison de l’UA à Bamako ;

13. Demande à la Commission d’élaborer, en consultation avec le Gouvernement du Mali, la CEDEAO et les partenaires bilatéraux et multilatéraux, une stratégie pour la reconstruction post-conflit au Mali, dans le cadre de la Stratégie Sahel de l’UA, telle qu’entérinée par le Conseil lors de sa 314ème réunion, tenue à Bamako, le 20 mars 2012 [PSC/MIN/DECL.(CCXIV)], et articulée à l’Initiative de solidarité africaine (ISA) ;

14. Souligne la nécessité de l’opérationnalisation, dans les meilleurs délais possibles, de la Capacité de déploiement rapide (CDR) de la Force africaine en attente (FAA), dans le contexte de l’Architecture africaine de paix et de sécurité. A cet égard, le Conseil demande à la Commission de lui soumettre un rapport sur les progrès accomplis en ce qui concerne la CDR et les défis rencontrés, et ce avant la 21ème session ordinaire de la Conférence de l’Union, prévue à AddisAbéba, en mai 2013 ;

15. Décide de rester activement saisi de la situation et demande à la Présidente de la Commission de lui soumettre des rapports mensuels sur l’évolution de la situation au Mali ».

(B) SE FONDANT SUR CETTE DÉCLARATION SOLENNELLE, LA CONFÉRENCE:

– CONSCIENTEde ce que toutes les ressources nécessaires doivent être mobilisées pour permettre à la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA), autorisée par le CPS et par la résolution 2085 (2012) du Conseil de sécurité des Nations unies,de sedéployer et de s’acquitter de son mandat avec succès; et

– SOULIGNANT la responsabilité qui incombe àl’Afriquede témoigner sasolidarité la plus totale auMali, dans le contexte de la célébration du Jubilée d’or de l’OUA/UA et dela promotion du Panafricanisme et de la Renaissance africaine, de manière à donner l’exemple:

(i) décide que l’UA contribue un montant total de 50 millions de dollars au budget de la MISMA, qui s’élève à 460 millions de dollars américains, payable comme suit: 20 millions de dollars à partir des arriérés de contributions au budget ordinaire de l’UA, 5 millions de dollars à partir du Fonds pour la paix et 25 millions de dollars à répartir entre les États membres sur la base du barème de contributions au budget ordinaire de l’UA. La Conférence décide en outreque sur cemontant,45millions de dollars serontutilisés pour aider à couvrir le budget de la MISMA et 5 millions de dollars pour soutenir les Forces de défense et de sécurité du Mali (FDSM);

(ii) demandeinstamment à tous les États membres de saisir l’occasion de la conférence de donateurs qui se tiendra à AddisAbéba, le 29 janvier 2013, pour généreusement apporter, dans un esprit de solidarité panafricaine et de responsabilités partagées, des contributions financières, logistiques et tout autre soutien en nature à la MISMA et aux FDSM;

(iii) demande à la Commission de mettre immédiatement en œuvre cette décision dans son intégralité et de s’assurer que le montant convenu est mis à disposition sans tarder; et

(iv) demandeà la Présidente de la Commission de lui faire rapport sur les mesures prises en application de cette décision lors de sa prochaine session ordinaire.

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France / Togo

PARIS, France, 28 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, recevra M. Kwesi Séléagodji Ahoomey-Zunu, Premier ministre de la République du Togo, mercredi 30 janvier 2013 à 18h30 au Quai d’Orsay.

Un tour images est prévu avant le début de l’entretien. Les photographes et cameramen intéressés sont invités à se présenter, munis de leur carte de presse, à partir de 18h15, à l’entrée située au 1 rue Robert Esnault-Pelterie, Paris 7e (face à l’aérogare des Invalides).

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Adhésion du Cameroun à la convention sur l’interdiction des armes biologiques ou à toxines (CIABT)

PARIS, France, 28 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — La France se félicite de la décision du gouvernement camerounais d’adhérer à la convention sur l’interdiction des armes biologiques ou à toxines (CIABT). Le 18 janvier 2013, le Cameroun est ainsi devenu le 167ème Etat partie à cette convention, qui est l’unique instrument juridique à vocation universelle interdisant toute activité liée aux armes biologiques.

Toutes les régions du monde sont potentiellement confrontées à la prolifération biologique. La mobilisation de la communauté internationale toute entière est requise pour lutter contre cette menace. La France espère que l’adhésion du Cameroun constituera un signal fort pour la relance de l’universalisation de la convention.

Il s’agit en effet d’une priorité de la France et de l’Union européenne. A ce jour, dix-sept Etats n’ont pas signé ce texte, tandis que douze Etats l’ont signé mais ne l’ont pas encore ratifié. La France continuera à déployer ses efforts diplomatiques pour convaincre les Etats non parties d’adhérer à la CIABT. La France est prête à fournir une assistance technique aux Etats qui en exprimeraient le besoin.

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Mali – Feuille de route pour la transition

PARIS, France, 28 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — L’adoption par le gouvernement malien d’une feuille de route pour la transition, qui comprend un calendrier électoral et prévoit l’ouverture de négociations avec le Nord, constitue une étape décisive et très attendue du processus politique. Cette feuille de route doit être soumise pour examen à l’Assemblée nationale malienne.

Le processus politique doit maintenant avancer concrètement. Il revient aux autorités maliennes de préparer des élections et d’engager sans plus attendre des discussions avec les représentants légitimes des populations du Nord (élus locaux, société civile) et les groupes armés non terroristes qui reconnaissent l’intégrité territoriale du Mali. Seul un dialogue Nord-Sud permettra de préparer le retour de l’Etat malien dans la région Nord.

Prévue par le Conseil de sécurité des Nations unies dans ses résolutions 2056, 2071 et 2085, la feuille de route conditionne la reprise de notre coopération civile bilatérale ainsi que celle de l’Union européenne.

Q – Comment expliquez-vous la faible résistance ou même l’absence de résistance des groupes islamistes dans des villes aussi symboliques du Nord du Mali comme Gao et Tombouctou ? Ont-ils les moyens de se regrouper plus au Nord et d’organiser une contre-offensive?

R – Je vous invite à vous adresser au ministère de la défense.

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