Partenariat des industries extractives entre la Guinée et les États-Unis

WASHINGTON, 14 juin 2013/African Press Organization (APO)/ — Partenariat des industries extractives entre la Guinée et les États-Unis

Groupe consultatif du G-8 sur la transparence

1. Aperçu général

La Guinée, dont la population de 10 millions d’habitants occupe une superficie de la taille du Royaume-Uni, possède de vastes ressources minérales, dont beaucoup sont encore à découvrir ou sous-développées. Le pays est le premier producteur mondial de bauxite et est en passe de devenir le troisième producteur de minerai de fer. Il produit également toute une gamme d’autres minéraux, depuis l’or jusqu’au ciment. Ses ressources minérales sous-développées sont le graphite, le calcaire, le manganèse, le nickel et l’uranium. Le secteur minier de la Guinée génère plus de 80 % de toutes les recettes d’exportation et 26 % du PIB du pays, ce qui fait de la transparence et de la bonne gouvernance du secteur minier et des industries extractives un objectif essentiel pour faire en sorte que ces ressources soient employées pour assurer le développement durable du pays, renforcer son économie et extirper sa population de la pauvreté.

Le secteur pétrolier et gazier de la Guinée fait actuellement l’objet d’explorations et semblerait posséder un certain potentiel offshore. Les opérations d’exploration en cours sont menées par une poignée de petites entreprises, mais elles n’ont pas encore abouti à des découvertes.

La Guinée est un pays candidat à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) et elle a jusqu’à avril 2014 pour se conformer aux normes de l’ITIE, faute de quoi sa candidature sera suspendue. Au début 2013, le gouvernement a pris la mesure notable de publier toutes ses conventions minières, mesure encouragée mais pas exigée par l’ITIE en vertu de ses nouvelles règles. Les conventions minières conclues par la République de Guinée sont disponibles sur le site Web suivant : http://www.contratsminiersguinee.org/about/projets.html.

La Guinée est aussi une source importante de diamants alluviaux artisanaux, dont la production dépassait en 2011 300 000 carats, d’une valeur totale d’environ 30 millions de dollars É.-U. ; la production industrielle de diamants en est au stade du développement et pourrait ajouter considérablement à ce total. Le pays possède plusieurs gisements connus de kimberlites, et des explorations sont en cours pour découvrir d’autres de ces gisements en tant que sources primaires de diamants. Le gouvernement de la Guinée est depuis 2004 un participant au système de certification du processus de Kimberley (SCPK) pour les diamants bruts. Le SCPK a été établi pour s’assurer que le commerce des diamants bruts ne finance pas les mouvements rebelles visant à déstabiliser les gouvernements légitimes.

Entre 2006 et 2012, le volume en carats de la production de diamants bruts a dépassé à deux reprises la capacité totale de production estimée. Les chiffres de production anormalement élevés signalés en 2007 et en 2008 spécifiquement ont abouti à l’adoption par le SCPK d’une décision administrative sur la Guinée, demandant une évaluation des gisements diamantifères du pays afin de déterminer une fourchette de production réaliste et exigeant que les autorités guinéennes renforcent leurs contrôles internes de leurs exportations de diamants. Depuis la mise en œuvre de cette décision en 2009, l’exactitude des chiffres de production a considérablement augmenté et la Guinée a amélioré ses contrôles généraux.

Néanmoins, dans le secteur minier artisanal, des lacunes dans les données, une application inégale des règlements, une capacité technique limitée et des déficiences réglementaires persistent et la Guinée continue de faire fonction, selon les rapports, de point de transit des diamants des conflits provenant de pays voisins en direction des marchés internationaux. Non seulement ces problèmes privent-ils la Guinée de recettes très nécessaires pour le développement, mais ils menacent également la crédibilité du pays en matière d’application des dispositions du système de certification du processus de Kimberley.

2. Objectifs du partenariat

Le partenariat vise certains objectifs spécifiques en rapport avec le système de certification du processus de Kimberley et en particulier la Déclaration de Washington (qui a été approuvée à la réunion plénière de 2012 et qui a pour but d’accroître la formalisation et le développement économique du secteur minier artisanal), notamment :

• Faire en sorte que davantage de diamants bruts guinéens entrent dans la chaîne de contrôle légale en renforçant les droits de propriété/le régime foncier des mineurs de diamants artisanaux, en améliorant les capacités de ceux-ci et en élargissant la gamme de leurs moyens d’existence complémentaires ;

• Accroître la sensibilisation et les connaissances par la formation et l’éducation du public sur le système de certification du processus de Kimberley au niveau national et local ;

• Accroître la transparence des informations relatives aux ressources en diamants alluviaux de la Guinée ; et

• Renforcer les capacités des responsables gouvernementaux, des associations minières et de la société civile à œuvrer en collaboration pour évaluer la capacité de production diamantaire de la Guinée et réduire autant que possible les risques de commerce de diamants illicites.

La transparence atténue le risque de corruption et aide les citoyens à demander des comptes aux pouvoirs publics sur les dépenses des recettes provenant des ressources naturelles du pays. Conscients de l’importance de la promotion d’une telle transparence dans tous les pays, les États-Unis cherchent à se joindre à la Guinée et aux 38 autres pays membres pour participer à la mise en œuvre l’ITIE. Au nombre des objectifs spécifiques du partenariat en rapport avec l’ITIE figurent notamment :

• Partager les expériences de la Guinée et des États-Unis à ce jour en matière de mise en œuvre de l’ITIE ;

• Apporter un soutien diplomatique à la mise en œuvre de l’ITIE par la Guinée, et notamment de la nouvelle norme de l’initiative, de manière à ce que la Guinée parvienne à se conformer aux exigences de l’ITIE d’ici la date butoir d’avril 2014 ;

• Maintenir l’apport d’appuis politiques à la Guinée en faveur de la mise en œuvre de l’ITIE, y inclus d’appuis aux ministères guinéens concernés, aux groupes de la société civile et aux autres parties prenantes ; et

• Déterminer comment l’ITIE peut continuer de contribuer au débat public sur la gestion responsable des industries extractives en Guinée.

3. Réalisation des objectifs

Les États-Unis proposent d’établir un partenariat avec le ministère des Mines et de la Géologie de la Guinée pour mener une étude visant à déterminer comment le projet des Droits de propriété et développement du diamant artisanal (PRADD – Property Rights and Artisanal Diamond Development) de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) pourrait être relancé en faisant fond sur ses investissements antérieurs effectués au cours de la période 2008-2009. L’étude portera sur l’applicabilité du modèle PRADD en Guinée, notamment sur le renforcement des droits des mineurs artisanaux, pour faire en sorte que davantage de diamants entrent dans la chaîne de contrôle légale ainsi que pour faciliter la formation et l’éducation du public et le respect des dispositions du SCPK au niveau national et local.

Les États-Unis s’appuieront également sur les activités antérieures de collaboration du Service géologique des États-Unis (USGS), du ministère guinéen des Mines et de la Géologie et de la société civile guinéenne pour évaluer le potentiel et la capacité de production des gisements de diamants alluviaux de la Guinée et pour continuer d’exercer un suivi du secteur minier artisanal. Le renforcement des capacités locales à mesurer et à analyser la capacité de production de diamants bruts de la Guinée est essentiel pour assurer une transparence accrue et une application renforcée des dispositions du SCPK. L’objectif du partenariat est de doter le gouvernement de la Guinée et la société civile guinéenne de capacités de travail coopératif afin de minimiser les risques de commerce de diamants illicites, de faire en sorte que la Guinée se conforme aux exigences énoncées par le PK, et d’accroître la transparence des informations relatives aux ressources en diamants alluviaux de la Guinée.

Les États-Unis œuvreront aussi directement avec le gouvernement de la Guinée et le Gemological Institute of America pour dispenser une formation à l’évaluation des diamants bruts à l’intention des fonctionnaires gouvernementaux dans le cadre du renforcement du système de certification du processus de Kimberley.

S’agissant de l’ITIE, les États-Unis coordonneront leurs activités avec celles des bailleurs de fonds et des organisations partenaires fournissant une assistance technique dans les domaines de la transparence dans les industries extractives (notamment celles du Fonds d’affectation spéciale multidonateurs de la Banque mondiale, auquel les États-Unis contribuent, la BAfD, la GIZ et le Revenue Watch Institute) de manière à maximiser les ressources et les interactions avec le gouvernement de la Guinée.

4. Consultations du gouvernement et des partenaires

L’ambassade des États-Unis de Conakry a tenu des consultations préliminaires avec le ministre des Mines et de la Géologie de la Guinée pour discuter du partenariat envisagé. Des membres du personnel de la sécurité nationale des États-Unis et des fonctionnaires du Département d’État rencontreront des représentants du gouvernement guinéen à Washington (le 31 mai) pour procéder à un examen préliminaire du partenariat. Des consultations supplémentaires auront également lieu lors de la réunion d’intersession qui se tiendra en Afrique du Sud du 4 au 7 juin.

5. Produits livrables le 15 juin 2013

• Annonce du partenariat et plan d’action.

Le SCPK compte 80 participants, représentant environ 99,8 % de la production mondiale de diamants bruts. Parmi ces participants figurent entre autres le Brésil, la Chine, la Russie, l’Union européenne, les États-Unis, le Japon et l’Indonésie. Les participants africains sont l’Afrique du Sud, l’Angola, le Botswana, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée, le Lesotho, le Libéria, Maurice, la Namibie, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la République du Congo, la Sierra Leone, le Swaziland, la Tanzanie, le Togo et le Zimbabwe.

Les 39 pays candidats et pays membres de l’ITIE se conformant aux normes de l’initiative sont : l’Afghanistan, l’Albanie, l’Azerbaïdjan, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Guatemala, la Guinée, le Honduras, les Îles Salomon, l’Indonésie, l’Iraq, le Kazakhstan, le Libéria, Madagascar* (* pays suspendu), le Mali, la Mauritanie*, la Mongolie, le Mozambique, le Niger, le Nigéria, la Norvège, le Pérou, les Philippines, la République du Congo, la République centrafricaine*, la République démocratique du Congo*, la République kirghize, Sao Tomé-et-Principe, la Sierra Leone, le Tadjikistan, la Tanzanie, le Tchad, le Timor-Leste, le Togo, la Trinité-et-Tobago, le Yémen* et la Zambie. Une dizaine d’autres pays, dont les États-Unis, la France, Myanmar, le Royaume-Uni, le Sénégal et l’Ukraine se sont engagés à adhérer à l’initiative.

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Les Églises d’Afrique aspirent à la vie, la paix, la justice et la dignité pour le continent

GENEVE, Suisse, 14 juin 2013/African Press Organization (APO)/ — À l’occasion du 50e anniversaire de la Conférence des Églises de toute l’Afrique (CETA), les responsables d’Église de plus de quarante pays du continent ont réfléchi aux façons de se mobiliser contre les entraves laissées par l’héritage colonial et contre les conflits, la pauvreté, les luttes de classe et les soulèvements politiques, afin de débloquer l’immense potentiel de l’Afrique.

Plus d’un millier de représentants d’Église se sont penchés sur ces questions lors de la Dixième Assemblée de la CETA, organisée à Kampala (Ouganda) du 3 au 9 juin sur le thème «Dieu de la vie, conduis l’Afrique vers la paix, la justice et la dignité».

Le thème de l’Assemblée de la CETA faisait écho à celui de la prochaine Assemblée du Conseil œcuménique des Églises (COE), qui se tiendra du 30 octobre au 8 novembre à Busan (République de Corée). L’Assemblée du COE, dont le thème est «Dieu de la vie, conduis-nous vers la justice et la paix», rassemblera des Églises du monde entier, y compris d’Afrique.

Évoquant la vision de la CETA, l’archevêque Valentine Mokiwa, président de la CETA, a affirmé que l’organisation avait été créée en 1963 pour incorporer «la spiritualité africaine dans la transformation sociale, politique et morale de ce continent en pleine émancipation face à l’impérialisme spirituel et mental et à la colonisation.»

Il a encouragé les Églises africaines à faire entendre leur voix contre la pauvreté, qu’il a dénoncée comme un péché: «Cette Assemblée doit marquer un tournant décisif pour l’Église en Afrique, qui doit commencer à se faire entendre et agir contre le péché de pauvreté.» Il a poursuivi: «Dès aujourd’hui, l’Église doit combattre la pauvreté en affirmant que la condition des pauvres est intolérable à notre époque. Nous devons déclarer que la pauvreté est le pire scandale et péché de notre temps.»

Le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du COE, a fait écho à ces propos en reconnaissant et en encourageant le rôle clé des Églises africaines en tant que «voix prophétiques» prenant ouvertement le parti de la justice et de la paix.

«Nous savons que l’Afrique est un continent riche en ressources. Malheureusement, beaucoup de ces ressources ont été exploitées sans que les fils et les filles de l’Afrique aient pu en profiter comme il se devait», a-t-il déclaré. «Le combat de la justice économique pour l’Afrique et en Afrique doit se poursuivre et bénéficier du soutien inconditionnel du mouvement œcuménique mondial.»

Il a poursuivi en affirmant: «Le monde et l’Église ont besoin de l’influence des voix chrétiennes du continent, comme le prouvent ces femmes et ces hommes africains qui nous inspirent en montrant la voie à suivre. Ni vous ni le monde qui vous entoure ne peuvent se permettre de voir l’Afrique uniquement comme un bénéficiaire de l’aide internationale. Les expériences de vie provenant de l’intérieur de l’Afrique sont une source considérable de sagesse et de conseils pour parvenir à la justice, la paix et la dignité», a conclu le pasteur Tveit.

Apporter le changement par l’intermédiaire des femmes et des jeunes

Le Kenyan Patrick Lumumba a mis l’accent sur les contributions essentielles des jeunes et des femmes à la réalisation des valeurs de paix, de justice et de dignité. Selon lui, le changement ne pourra survenir que quand les Églises d’Afrique joueront leur rôle légitime consistant à «réveiller et redynamiser» la jeunesse africaine.

«Il ne fait aucun doute que les jeunes peuvent contribuer à une paix durable en Afrique, pour autant qu’ils soient en paix avec eux-mêmes.» Selon lui, de nombreux jeunes Africains ont perdu leur estime de soi et cherchent à se réfugier ailleurs: «Bon nombre de jeunes cherchent le salut en quittant l’Afrique et beaucoup d’entre eux se retrouvent enrôlés comme enfants soldats dans des pays tels que la Sierra Leone, la République démocratique du Congo et d’autres.»

Malgré ces difficultés, a-t-il dit, les jeunes doivent être à la pointe du renouveau de l’Afrique, mais ils ne peuvent assumer ce rôle que s’ils ont en main «les armes de l’estime de soi, du courage et de la dignité».

Au sujet des femmes africaines, qui représentent plus de 50% de la population du continent, Patrick Lumumba a ajouté que «si l’Afrique veut connaître la paix, il faut traiter ses femmes avec dignité et leur donner une chance d’apporter leur pierre à l’édifice.»

Sekai M. Holland, co-ministre de l’Organisme de guérison nationale, de réconciliation et d’intégration au Zimbabwe, a elle aussi fait part de son point de vue sur le développement en s’appuyant sur le thème de l’Assemblée de la CETA. Pour elle, il ne fait pas de doute que l’Afrique est confrontée à d’énormes difficultés, et pourtant les Africains ont accompli des progrès extraordinaires.

«De véritables changements positifs sont en train de se produire, des réformes démocratiques ont été mises en place dans toute l’Afrique subsaharienne, des programmes d’allègement de la dette sont en cours de discussion, l’analphabétisme recule petit à petit. Sur le plan culturel et religieux, la voix des Églises d’Afrique se fait de mieux en mieux entendre sur la scène internationale», a affirmé Mme Holland.

Le président ougandais Yoweri Museveni a fait aussi une intervention à l’Assemblée de la CETA le 8 juin.

Parmi les autres intervenants figuraient l’archevêque Stanley Ntagali, la pasteure Suzanne Matale, M. John Mbiti, Mme Botshelo Moilwa, Mme Agnes Abuom, le pasteur Dietrich Werner, M. Anthony Kehinde Adebayo et le pasteur Konrad Raiser.

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Tendances positives concernant l’aide pour le commerce en l’Afrique, mais davantage d’interventions sont nécessaires pour surmonter les contraintes

ADDIS ABEBA, Ethiopie, 14 juin 2013/African Press Organization (APO)/ — Bien que l’aide pour le commerce en Afrique commence à montrer des résultats, des interventions sont critiques pour surmonter les contraintes à court et à long terme. Ceci était le message clé de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) dans «Cas d’expérience de la région Afrique: Un instantané de l’Aide pour le commerce sur le terrain». La publication fait état des expériences africaines et la façon dont l’aide pour le commerce progresse sur le continent, à partir de 114 histoires de cas présentées.

«Depuis le lancement de l’initiative de l’aide pour le commerce lors de la réunion ministérielle de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) de Hong Kong en 2005, l’Afrique a reçu une assistance technique et financière pour les activités liées au commerce. Par ailleurs, « les fonds de l’aide pour le commerce ont été préservés et les domaines prioritaires ainsi que les catégories identifiées par les bénéficiaires sont ciblés », selon les experts de la CEA.

La période de référence de l’étude (2002-2005) montre que la tendance de l’augmentation des engagements et des décaissements a été soutenue, avec la structure des allocations restant similaire.

En 2009, l’Afrique a dépassé l’Asie, devenant ainsi le premier bénéficiaire des flux d’aide pour le commerce depuis que l’initiative a été lancée.

Bien que l’aide pour le commerce continue d’être principalement dirigée vers les projets d’infrastructures, une part croissante des engagements est destinée à l’amélioration des capacités commerciales ainsi qu’aux politiques et réglementations commerciales. Ces progrès sont prometteurs selon la CEA – en grande partie parce que l’aide pour le commerce répond de plus en plus aux attentes du continent et tous les partenaires font preuve d’une forte volonté de soutien envers l’initiative.

L’aide pour le commerce à destination de projets ayant une dimension régionale est à la hausse, en particulier dans les domaines des infrastructures économiques, du renforcement des capacités productives et de la facilitation des échanges. Cependant, davantage d’interventions sont critiques pour surmonter les contraintes à court et à long terme. En outre, il a été jusqu’à présent difficile de cibler davantage d’emplois, de diversification ou bien la réduction de la pauvreté ainsi que la question de l’égalité des sexes à partir des interventions de l’aide pour le commerce.

Avec l’amélioration des mécanismes et des outils de suivi et d’évaluation, il devrait être possible de rendre l’aide pour le commerce plus effective.

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Quatrième Examen global de l’Aide pour le Commerce: « Connecter aux chaînes de valeur »

ADDIS ABEBA, Ethiopie, 14 juin 2013/African Press Organization (APO)/ — Le quatrième examen global de l’aide pour le commerce se tiendra, à Genève, du 8 au 10 juillet 2013, dans le but d’examiner comment utiliser l’aide au commerce pour connecter les entreprises des pays en développement et des pays les moins avancés (PMA) aux chaînes de valeur.

Selon l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), ce thème sera abordé dans la perspective de lier et d’ajouter de la valeur au réseau des chaînes de production. Un autre thème clé du débat sera les avantages, en terme de développement, d’une participation aux chaînes de valeur, notamment dans le cadre des délibérations en cours sur le programme de développement d’après 2015.

La réunion de haut niveau est l’occasion, pour les organisations internationales, le secteur privé, les gouvernements, la société civile et le milieu universitaire de discuter de l’évolution des chaînes de valeur et de la façon dont les pays en développement, notamment les PMA peuvent en tirer le meilleur.

Depuis sa création en 2007, l’examen global de l’aide pour le commerce s’est imposé comme l’éminent forum multilatéral explorant les problématiques de commerce et de développement. Les examens globaux passés ont servi à explorer comment les pays en développement, et en particulier les PMA, cherchent à s’intégrer dans l’économie mondiale, comment les partenaires de développement soutiennent ce processus et l’efficacité de cette aide. L’examen global de cette année a pour thème: « Connecter aux chaînes de valeur».

Le commerce mondial est de plus en plus caractérisé par des transactions au sein des chaînes de valeur complexes. L’expansion mondiale des chaînes de valeur offre de nouvelles opportunités pour de nombreux pays en développement. Les chaînes de valeur ne sont plus seulement nord-sud en substance, mais impliquent de plus en plus de complexes interactions commerciales régionales sud-sud et s’étendent au-delà des seules marchandises touchant également les services.

Cependant, de nombreux pays en développement, et en particulier les PMA, restent en marge du commerce mondial, attirant dans une moindre mesure les investissements étrangers ou domestiques, et sont cantonnés dans la production d’une gamme étroite de biens et services. L’objectif du quatrième examen global de l’aide pour le commerce est d’examiner les stratégies visant à connecter les entreprises des pays en développement et des PMA aux chaînes de valeur internationales. La question de comment élever la position des firmes dans la chaîne de valeur sera aussi abordée, tout comme les possibles avantages qui en découlent, en terme de développement, dans le cadre du débat sur le programme de développement pour l’après 2015.

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Maroc: Visite de la Rapporteuse spéciale de l’ONU sur la traite des êtres humains

GENEVE, Suisse, 14 juin 2013/African Press Organization (APO)/ — La Rapporteuse spéciale de l’ONU sur la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants, Joy Ngozi Ezeilo, va entreprendre une visite officielle au Maroc* du 17 au 21 juin 2013 afin d’examiner le phénomène de la traite des personnes et d’évaluer les réponses prises pour lutter contre la traite des êtres humains.

« Lors de ma visite au Maroc, j’espère identifier les défis et bonnes pratiques dans la lutte contre la traite des personnes et sa prévention, ainsi que dans la protection des droits fondamentaux des victimes de la traite. Cette visite constitue également une opportunité pour engager un dialogue constructif avec les autorités compétentes et les acteurs clés sur ces questions cruciales et les défis qui continuent à exister en la matière », a expliqué Mme Ezeilo, qui visitera le pays à l’invitation du gouvernement.

La Rapporteuse spéciale rencontrera des représentants de divers organismes gouvernementaux, du système judiciaire, des institutions nationales, d’agences et de programmes de l’ONU, d’organisations internationales et de la société civile œuvrant dans la lutte contre la traite des personnes. Elle s’entretiendra aussi avec des victimes de la traite et/ou leurs représentants. Au Maroc, l’experte a prévu de se rendre à Rabat, Casablanca et Tanger.

Mme Ezeilo présentera ses observations et recommandations préliminaires le vendredi 21 juin 2013, lors d’une conférence de presse qui aura lieu à l’ Hôtel Golden Tulip Farah (Place Sidi Makhlouf à Rabat) à 14 heures. Elle présentera un rapport détaillé contenant ses conclusions et recommandations lors de la session du Conseil des Nations Unies aux droits de l’homme en 2014.

(*) La Rapporteuse spéciale a aussi prévu de visiter Dakhla, au Sahara occidental, le 20 juin 2013.

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Telkom Kenya signe un partenariat avec Eaton Towers pour la gestion de son réseau passif

NAIROBI, Kenya, 14 juin 2013/African Press Organization (APO)/ — Telkom Kenya, la filiale du Groupe Orange (http://www.orange.com) qui propose des services de télécommunications fixe et mobile au Kenya, a annoncé aujourd’hui la signature d’un accord avec Eaton Towers concernant la gestion de l’infrastructure de son réseau passif. L’accord, d’une durée de quinze ans, prévoit la maintenance des sites existants par Eaton Towers, ainsi que la construction de nouveaux sites sur mesure. Ceci permettra de réduire les coûts d’exploitation et les investissements tout en améliorant la couverture et la qualité du réseau, et de réduire l’empreinte carbone d’Orange.

Logo Orange: http://www.photos.apo-opa.com/plog-content/images/apo/logos/orange-logo.jpg

Telkom Kenya restera propriétaire de son réseau de 1 000 tours, tandis que Eaton Towers investira dans la modernisation des infrastructures passives et la construction de nouvelles tours pour offrir à Telkom Kenya une couverture et une qualité de réseau améliorées. Ce partenariat constituera une base solide qui permettra à Telkom Kenya de se concentrer sur son cœur de métier : développer des services à valeur ajoutée, comme les usages de data sur mobile, et proposer un service clients d’excellente qualité.

« Nous sommes convaincus que ce partenariat avec Eaton Towers représente un pas dans la bonne direction, », a déclaré Mickael Ghossein, Directeur Général de Telkom Kenya. « Ce partenariat nous permettra d’étendre notre réseau et de développer de nouveaux services multimédias, en particulier dans les zones rurales, en ligne avec notre objectif d’offrir à la population kenyane la meilleure couverture réseau possible ainsi que des offres de qualité. Grâce à ce partenariat, nous allons pouvoir réduire nos coûts d’exploitation ainsi que l’impact environnemental, de notre réseau, en minimisant sa consommation énergétique. »

Alan Harper, Directeur Général d’Eaton Towers, a commenté : « Nous sommes enthousiastes à l’idée de travailler en partenariat avec Telkom Kenya, d’autant que nous sommes la première entreprise de gestion d’infrastructure à démarrer des activités au Kenya. Cet accord est le prolongement de relations fructueuses avec le groupe Orange en Afrique, et apporte des avantages significatifs aux deux parties. L’expertise d’Eaton Towers dans la gestion des tours et son engagement à fournir un service irréprochable permettra à Telkom Kenya de se concentrer sur l’extension et l’amélioration de son réseau tout en optimisant les coûts.»

Pour Orange, cet accord représente une avancée majeure dans la démarche d’amélioration de son efficacité et de contrôle de ses coûts d’exploitation dans les pays où il est présent en Afrique. Le partage d’infrastructures passives est un élément clé de cette stratégie et des accords similaires ont été conclus en Ouganda, en Côte d’Ivoire et au Cameroun.

Distribué par l’Organisation de la Presse Africaine pour France Télécom-Orange.

A propos d’Orange

France Télécom-Orange (http://www.orange.com) est l’un des principaux opérateurs de télécommunications dans le monde, avec un chiffre d’affaires de 43,5 milliards d’euros en 2012 et 170 000 salariés au 31 mars 2013, dont 104 000 en France. Présent dans 32 pays, le Groupe servait près de 230 millions de clients au 31 mars 2013, dont 172 millions de clients du mobile et 15 millions de clients ADSL et fibre dans le monde. Orange est l’un des principaux opérateurs européens du mobile et de l’accès internet ADSL et l’un des leaders mondiaux des services de télécommunications aux entreprises multinationales, sous la marque Orange Business Services.

Avec son projet d’entreprise « conquêtes 2015 », Orange s’adresse simultanément à ses salariés, à ses clients, à ses actionnaires et plus largement à la société dans laquelle l’entreprise évolue en s’engageant concrètement sur des plans d’actions. Ceux-ci concernent les salariés du Groupe grâce à une nouvelle vision des Ressources Humaines ; les réseaux, avec le déploiement des infrastructures du futur sur lesquelles le Groupe bâtira sa croissance ; les clients, avec l’ambition de leur offrir la meilleure expérience parmi les opérateurs grâce, notamment, à l’amélioration de la qualité de service ; et l’accélération du développement international.

France Télécom (NYSE:FTE) est cotée sur NYSE Euronext Paris (compartiment A) et sur le New York Stock Exchange.

Pour plus d’informations (sur le web et votre mobile) : http://www.orange.com, http://www.orange-business.com, http://www.orange-innovation.tv ou pour nous suivre sur Twitter : @presseorange (http://twitter.com/presseorange).

Orange et tout autre produit ou service d’Orange cités dans ce communiqué sont des marques déposées appartenant à Orange Brand Services Limited, Orange France ou France Télécom.

About Eaton Towers

Eaton Towers is a leading African tower company. Based in London, Eaton is a truly independent pan-African infrastructure–sharing company owning and managing towers across Africa.

Eaton Towers is the first independent tower company in Kenya, adding more than 1,000 towers to a total of more than 2,500 towers in Ghana, Uganda and South Africa and now also Kenya.

Eaton is backed by Capital International, one of the largest and most successful investors in emerging markets and by DPI, the specialist African-focused fund.

Further information is available from http://www.eatontowers.com

Contacts presse :

Orange: Mylène Blin, +33 1 44 44 93 93, mylene.blin@orange.com

Telkom Kenya: Maureen Sande, +254 20 495 2502, msande@orange-tkl.co.ke

Eaton Towers: Alan Harper, Chief Executive Officer, +44 20 7467 3945

Eaton, College Hill: Kay Larsen / Adrian Duffield – London, +44 20 7457 2020

Fred Cornet / Lexi Ball – Johannesburg, +27 11 447 3030

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Visite de fin de mission de la Chef-adjointe de la MINUAD à la Commission de l’UA

ADDIS ABEBA, Ethiopie, 14 juin 2013/African Press Organization (APO)/ — L’Ambassadeur Ramtane Lamamra, Commissaire à la Paix et à la Sécurité, a rendu hommage à Mme Aichatou Mindaoudou, Adjointe du Représentante Spécial Conjoint de l’UA et de l’ONU au Darfour, et adjointe au Chef de la Mission Hybride de l’UA et des Nations Unies au Darfour (MINUAD), à l’occasion de la fin de son mandat.

Au cours de cet entretien, le Commissaire Lamamra a exprimé les félicitations de la Présidente de la Commission et les siennes propres à Mme Mindaoudou pour sa contribution importante aux avancées enregistrées dans l’accomplissement du mandat de la MINUAD, ainsi que leurs félicitations pour sa désignation en qualité de Représentante Spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, Chef de l’ONUCI.

Les deux interlocuteurs, qui ont échangé sur les enseignements à tirer du fonctionnement de la MINUAD, sont convenus de maintenir une coopération étroite sur toutes les questions d’intérêt commun dans le cadre de la conjugaison des efforts en faveur de la mise en œuvre de l’agenda africain de paix et de sécurité.

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Rapport de la présidente de la commission sur la situation en Somalie

ADDIS ABEBA, Ethiopie, 14 juin 2013/African Press Organization (APO)/ — Rapport de la présidente de la commission sur la situation en Somalie

I. INTRODUCTION

1. Lors de sa 356ème réunion tenue le 27 février 2013, le Conseil de paix et de sécurité, après s’être félicité des résultats de la Revue stratégique de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), conduite par la Commission, a entériné la recommandation visant à renforcer l’AMISOM et qui requiert notamment de la Mission qu’elle: (a) maintienne une posture robuste, avec les multiplicateurs de force et autres soutiens additionnels nécessaires, en vue de faciliter la reprise des zones encore sous le contrôle d’Al-Shabaab; (b) établisse des équipes spéciales de formation pour renforcer la capacité des institutions nationales somaliennes de défense et de sécurité; et (c) renforce sa capacité civile pour appuyer les efforts du Gouvernement fédéral de la Somalie (FGS) visant à restaurer une gouvernance effective et à promouvoir la réconciliation, les droits de l’homme et l’état de droit, ainsi qu’à assurer la fourniture des services de base dans les zones libérées [PSC/PR/COMM.1(CCCLVI)]. En sa 375ème réunion tenue le 10 mai 2013, le Conseil, ayant passé en revue la situation en Somalie, a, entre autres, demandé à la Commission de lui soumettre, dans un délai de 30 jours, un rapport sur les questions évoquées dans la résolution 2093 (2013), adoptée le 6 mars 2013 [PSC/PR/COMM.1 (CCCLXXV)].

2. Le présent rapport est soumis en application de ces communiqués du Conseil. Il fournit une mise à jour sur les principaux développements survenus en Somalie au cours de la période sous examen, ainsi que sur la mise en œuvre du mandat de l’AMISOM et d’autres aspects connexes. Le rapport se conclut par des observations sur la voie à suivre.

II. PRINCIPAUX DÉVELOPPEMENTS EN SOMALIE

3. Les paragraphes qui suivent couvrent les principaux développements survenus en Somalie au cours de la période sous examen. Ceux-ci portent sur les aspects politique, sécuritaire et humanitaire.

a) Aspects politiques

4. Depuis février 2013, la situation politique en Somalie a continué de s’améliorer. Sous la direction du Président Hassan Sheikh Mohamud, le FGS a continué à mettre en œuvre son Plan en six piliers, adopté en octobre 2012 et qui s’articule autour des éléments suivants: la sécurité et l’État de droit, la relance économique, le dialogue et la réconciliation, la fourniture de services de base, la promotion de relations de coopération au niveau international et le recouvrement de l’unité et de l’intégrité territoriale de la Somalie.

5. Le 2 mars 2013, le Président Sheikh Mohamud a ouvert la deuxième session du Parlement fédéral. Le 3 mars 2013, le Premier ministre Abdi Farah Shirdon a présenté à cette institution un rapport sur les progrès réalisés par le Gouvernement. Le rapport met en relief l’amélioration de la situation sécuritaire, marquée par la reprise des grandes villes qui étaient aux mains d’Al Shabaab et la réduction de la piraterie au large des côtes somaliennes. Il a également porté sur la réforme du système judiciaire, avec l’adoption, par le FGS, d’un plan d’action pour le secteur de la justice courant la période 2013-2015. En outre, le rapport a rendu compte des mesures prises pour améliorer la fourniture des services de base, notamment un plan de trois ans pour inscrire un million d’enfants à l’école et l’harmonisation des programmes scolaires en Somalie. Le Premier ministre a indiqué que le FGS avait soumis plusieurs projets de loi au Parlement, portant notamment sur la production de pétrole, la pêche, les déchets toxiques, la protection des eaux somaliennes, les médias et l’aviation civile.

6. Entre la mi-février et mars 2013, le Premier ministre a entrepris une «tournée dite d’écoute nationale», au cours de laquelle il a visité les grandes villes du Galgaduud, du Puntland, du Juba Inférieur, du Gedo et du Moyen Shabelle. Ces visites ont été effectuées conformément au Plan national de stabilisation adopté en février 2013, qui comprend une Feuille de route sur la création d’administrations locales à travers le pays, en particulier dans les villes qui ont été reprises à Al Shabaab par les Forces nationales de sécurité somaliennes (SNSF), avec l’appui de l’AMISOM.

7. Les ‘’visites d’écoute » du Premier ministre ont été largement couronnées de succès, et des progrès tangibles ont été enregistrés, ainsi qu’en témoignent l’adoption par le Gouvernement, le 4 février 2013, d’un décret portant formation d’une nouvelle administration intérimaire pour la région du Bay et la désignation, le 8 avril 2013, d’une nouvelle administration pour la région du Hiran. Toutefois, le processus de création d’une administration régionale pour le Jubbaland connait de sérieuses difficultés. Ce processus a commencé à Nairobi, en juin 2012, avec une réunion qui a regroupé des délégués venus des régions du Juba Inférieur, du Moyen Juba et du Gedo, dans le cadre du Plan global de stabilisation adopté par l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), le 27 janvier 2012. Après l’élection du Président Hassan Sheikh Mohamud, en octobre 2012, le FGS a déclaré que le processus de création des administrations régionales doit être conduit par lui et être plus inclusif.

8. Le 28 février 2013, plus de 500 délégués se sont rassemblés à Kismayo, dans la région du Jubba Inférieur, afin de discuter de la création de l’État fédéré du Jubbaland. Le 26 mai 2013, le Premier ministre somalien s’est rendu à Kismayo, où il a informé les dirigeants politiques, claniques et religieux de la région que, pour le FGS, la Conférence sur l’État du Jubbaland était inconstitutionnelle et relevait d’une démarche unilatérale. Il a demandé que la Conférence soit dissoute, que le contrôle du port et de l’aéroport de Kismayo soient transférés au SFG et que toutes les milices soient intégrées dans les SNSF. En outre, le Gouvernement somalien insiste sur le fait que toutes les zones encore sous le contrôle d’Al Shabaab dans la région doivent être reprises avant que l’État fédéré du Jubaland ne puisse être créé, étant entendu que, par la suite, le Gouvernement nommerait des Gouverneurs pour le Moyen Juba, le Juba Inférieur et le Gedo. Toutefois, les délégués à la Conférence sur l’État du Jubbaland ont poursuivi leurs délibérations, affirmant que le processus était légal en vertu de la Constitution provisoire de la Somalie.

9. Lors de leur 21ème Sommet extraordinaire, tenu à Addis Abéba, le 3 mai 2013, les chefs d’État et de Gouvernement de l’IGAD ont souligné que tous les processus en cours pour la création d’administrations régionales doivent être basés sur un certain nombre de principes, notamment le leadership du FGS, le respect de la Constitution somalienne, la promotion d’une démarche consultative inclusive et la lutte contre Al-Shabaab comme préoccupation première du FGS, de l’AMISOM et des partenaires régionaux et internationaux. Ils ont demandé que le FGS aligne son Plan national de stabilisation avec ces principes.

10. Le 15 mai 2013, les délégués à la Conférence de Kismayo ont formellement créé l’État du Jubbaland et élu le chef de la milice Raas Kamboni, Sheikh Ahmed Mohamed Islam aka Madobe, comme Président du Jubbaland. Peu de temps après, l’ancien Ministre de la Défense de la Somalie, le Colonel Barre Adam Shire Hirale, s’est auto-proclamé Président du Jubbaland. Ces développements pourraient conduire à des affrontements entre les partisans des ‘’Présidents » rivaux, si l’on ne parvient pas rapidement à un accord pour surmonter l’impasse actuelle.

11. Afin de résorber cette tension et à la suite de la décision du 21ème Sommet extraordinaire des chefs d’État et de Gouvernement de l’IGAD, une mission de haut niveau de l’IGAD d’établissement des faits et de renforcement de la confiance s’est rendue à Mogadiscio et à Kismayo, du 16 au 19 mai 2013. Lors de leur 22ème Sommet extraordinaire tenu à Addis Abéba, le 24 mai 2013, les chefs d’État et de Gouvernement de l’IGAD, après avoir pris connaissance du rapport de la mission, ont noté avec satisfaction l’engagement de toutes les parties prenantes à respecter la Constitution provisoire somalienne, à accepter le leadership du Gouvernement, et à conduire le processus d’une manière inclusive et de façon à contribuer à la lutte contre Al-Shabaab. Les chefs d’État et de Gouvernement ont exhorté le FGS à organiser et à conduire une conférence de réconciliation, avec le soutien de l’IGAD, tout en consultant les parties prenantes clés dans les régions du Juba, afin d’élaborer une Feuille de route sur la création d’une administration intérimaire et d’une administration régionale permanente. Ils ont également appelé toutes les parties à Mogadiscio et à Kismayo à respecter les cinq principes énumérés dans le communiqué de leur 21ème Sommet extraordinaire, et ont réitéré leur appel précédent au FGS à intégrer, dans les meilleurs délais possibles, les différentes milices dans un commandement national unifié de l’Armée nationale somalienne (SNA).

12. Dans l’intervalle, le 17 mai 2013, un groupe de 100 membres du Parlement a demandé au Premier ministre Abdi Farah Shirdon de comparaître devant le Parlement pour un vote de confiance. Ils ont affirmé que le Conseil des ministres avait fonctionné bien en deçà des attentes. Le 22 mai 2013, ces membres parlementaires ont abandonné la procédure de la motion de confiance contre le Premier ministre, mais ont prévenu le Gouvernement qu’il ferait face à d’autres interventions parlementaires, s’il n’améliore pas la gouvernance dans le pays.

13. Au cours de la période sous examen, le FGS a également poursuivi son interaction avec le Somaliland et le Puntland. Dans l’esprit des précédentes réunions entre le FGS et le Somaliland, tenues au Royaume-Uni et aux Émirats arabes unis, respectivement les 20 et 21 juin 2012 et le 28 juin 2012, le Président Hassan Sheikh Mohamud a rencontré le Président du Somaliland, Ahmed Mohamoud Silanyo, à Ankara, en Turquie, le 13 avril 2013. Les deux parties sont convenues de poursuivre le dialogue et de consolider la coopération dans le secteur de la sécurité à travers l’échange de renseignements, ainsi qu’à travers la formation des professionnels du secteur de la sécurité, afin de renforcer l’efficacité de la lutte contre le terrorisme, l’extrémisme, la piraterie, la pêche illégale et le déversement de déchets toxiques dans les eaux somaliennes. Dans son communiqué PSC/PR/COMM.1(CCCLXXV), le Conseil s’est félicité de ces développements. S’agissant du Puntland, le FGS et l’État du Puntland ont signé, le 7 mars 2013, un accord de coopération en sept points, alors que le Président Sheikh Mohamoud a visité la région, du 27 au 29 avril 2013.

14. Le Gouvernement a pris des mesures pour améliorer la transparence et la responsabilité financières, notamment à travers la création, avec l’aide de la Norvège, d’une facilité spéciale de financement. Les institutions internationales ont renoué leurs relations avec la Somalie. En particulier, le 12 avril 2013, le Fonds monétaire international (FMI) a reconnu le FGS, ouvrant la voie à la reprise des relations avec ce pays après une interruption de 22 ans, y compris la fourniture d’un appui technique et de conseils au Gouvernement. Cependant, le FMI a indiqué qu’il ne prêterait pas de l’argent à la Somalie jusqu’à ce que la dette du pays, d’un montant de 352 millions de dollars, soit remboursée. Le FGS interagit avec d’autres partenaires, afin de mobiliser une aide au développement supplémentaire.

15. Le 7 mai 2013, à Londres, le Royaume-Uni et la Somalie ont co-organisé la 2ème Conférence sur la Somalie. Cinquante-quatre amis et partenaires de la Somalie y ont participé. La Conférence a convenu que la Somalie avait accompli des progrès considérables et souligné la nécessité d’un engagement soutenu de ses partenaires internationaux, ainsi que celle d’un appui orienté sur l’obtention de résultats. À cet égard, les partenaires de la Somalie ont réitéré leur détermination à apporter un soutien à long terme. Dans son communiqué PSC/PR/COMM.1(CCCLXXV), le Conseil s’est félicité des résultats de la Conférence de Londres, et a demandé que le suivi nécessaire soit assuré. Une Conférence spéciale sur la Somalie, co-organisée par le Gouvernement japonais et l’UA, s’est tenue en marge de la 5ème Conférence internationale de Tokyo sur le développement en Afrique (TICAD V), le 31 mai 2013, à Yokohama, au Japon, pour discuter des aspects socio-économiques des efforts de consolidation de la paix de la Somalie, en particulier le soutien du Gouvernement somalien en vue de la relance économique et de la fourniture des services de base.

b) Situation sécuritaire

16. La situation sécuritaire, bien qu’encore très fragile, continue de s’améliorer. À la fin du mois de mars 2013, les forces de l’AMISOM et les SNSF ont repris le dernier tronçon de la route de 240 km reliant Mogadiscio à Baidoa, jusqu’alors contrôlé par Al Shabaab. Depuis lors, les efforts ont porté sur la consolidation du contrôle des villes reprises. Du fait de capacités limitées tant au plan opérationnel qu’en termes de ressources, il n’y a pas eu d’avancées majeures permettant de reprendre d’autres territoires à Al Shabaab. En conséquence, les villes importantes suivantes demeurent sous le contrôle d’Al Shabaab: la ville portuaire de Barawe, dans le Secteur 1; Jamaame, Jilib et Buale, dans le Secteur 2; Baardheere et Dinsoor, dans le Secteur 3; et Bulo Burto, dans le Secteur 4.

17. Le 17 mars 2013, et en prévision du déploiement de l’AMISOM dans le Secteur 3, tel que stipulé dans les repères opérationnels de la Mission, les Forces de défense nationale éthiopiennes (ENDF) se sont retirées de Huduur, dans la région de Bakool. Cependant, l’AMISOM, du fait d’un manque de multiplicateurs de force (hélicoptères), n’a pu se déployer rapidement dans les positions évacuées par les ENDF. De même, les SNSF n’ont pas été capables de conserver le contrôle de la ville en raison de difficultés logistiques et de commandement et de contrôle. Les éléments d’Al Shabaab ont saisi l’occasion et ont repris la ville. Le retrait des ENDF a provoqué une tension dans la région, avec un exode de populations civiles craignant une recrudescence des activités d’Al Shabaab. Les autorités éthiopiennes ont, par la suite, informé la Commission de leur intention de retirer les ENDF d’autres villes dans la région de Bay, y compris Qansax Dheere et Bardale. Tel qu’indiqué ci-dessous, l’AMISOM travaille étroitement avec les ENDF, afin de mettre en place un arrangement approprié pour éviter tout vide sécuritaire consécutivement au retrait des ENDF. Cependant, le manque de multiplicateurs de force entrave le déploiement rapide des forces nécessaires, tel que stipulé dans les repères opérationnels de l’AMISOM.

18. Dans l’ensemble, la menace posée par Al Shabaab a diminué, en raison des luttes de pouvoir au sein de la hiérarchie du groupe et des défaites successives qu’il a subies à la suite des opérations militaires menées par les SNSF, l’AMISOM et les ENDF. Toutefois, le groupe est loin d’être vaincu et, partant, la lutte contre Al Shabaab n’a pas encore été gagnée. Al Shabaab a lancé nombre d’attaques de harcèlement et asymétriques contre l’AMISOM, les SNSF et les ENDF. Ces opérations ont augmenté en ténacité, ainsi qu’en témoigne l’attentat suicide contre le complexe de la Cour suprême, à Mogadiscio, le 14 avril 2013. Les combattants du groupe se sont fondus dans diverses communautés, cherchant à exploiter les rivalités claniques et les désaccords politiques, ainsi que l’absence d’administrations locales efficaces et le manque de services de base dans certaines zones. À Mogadiscio, par exemple, la situation a nécessité le lancement, depuis le 15 mai 2013, d’une opération conjointe impliquant les SNSF, l’Agence nationale somalienne des renseignements et de la sécurité (NISA) et l’AMISOM, sous le nom de code «Opération de stabilisation de Mogadiscio», afin de contrecarrer les attaques d’Al Shabaab dans la capitale. L’opération est toujours en cours.

19. Dans les zones qui n’ont pas été libérées, Al Shabaab continue de jouir de la faculté de s’organiser, de s’entrainer et de mobiliser la logistique dont il a besoin, y compris les armes et les munitions. Au cours de la période sous examen, il y a eu un afflux de matériel militaire, notamment à travers Haradheere et les ports de Cadale et Baarawe. Dans la vallée de Juba, en particulier, Al Shabaab continue d’opérer en utilisant les villes de Jamaame, Jilib et Bua’ale comme rampes de lancement. Cependant, il n’y a pas eu d’incident majeur dans le Secteur, à l’exception d’attaques intermittentes à Dobley. En outre, la situation sécuritaire dans la ville portuaire de Kismayo s’est détériorée après l’élection, le 15 mai 2013, du chef de la milice Raas Kamboni comme Président de l’«État de Jubbaland ». Tel qu’indiqué plus haut, immédiatement après son élection, l’ancien Ministre de la Défense Barre Hirrale s’est également auto-proclamé Président et deux autres «Présidents» additionnels ont depuis fait leur apparition. D’après certaines informations, les deux parties s’armeraient en prévision d’une éventuelle confrontation. En outre, Al-Shabaab aurait récemment infiltré la ville de Kismayo et mobilisé des forces à Bulagadud, Kamusuma, à Bula Xaji et à Jana Cabdalla, avec l’intention de prendre part à d’éventuels combats pour le contrôle de la ville de Kismayo, une source majeure de revenus qu’il a perdue en septembre 2012.

20. Le 7 juin, le Ministre somalien de la Défense, Abdihakim Mohamoud Fiqi, a invité l’un des Présidents autoproclamés du Jubbaland, le Colonel Iftin Hassan Baasto (Hawiye/Awrmale), à une réunion à l’hôtel où il se trouvait depuis le 15 mai 2013. Après avoir appris cette information, la milice de Raas Kamboni a tenté de prendre d’assaut l’hôtel, afin de d’empêcher la recontre envisagée. La milice a affirmé que cette rencontre devait servir de paravent au Ministre pour remettre de l’argent et des armes au Colonel Hassan Iftin Baasto. Immédiatement après, des affrontements à tonalité clanique ont éclaté entre la milice Raas Kamboni et les éléments du Colonel Iftin Hassan Baasto. Quatre miliciens ont été tués, tandis que 10 autres et plusieurs civils ont été blessés. Ces affrontements pourraient entrainer d’autres régions, exacerber les divisions entre les deux principaux clans des Hawiye et des Darod et créer une situation qu’Al Shabaab pourrait exploiter. Afin d’éviter de nouveaux affrontements, mon Représentant spécial, en collaboration avec le Représentant spécial des Nations unies, Nicholas Kay, a recommandé que le Ministre de la Défense soit rappelé à Mogadiscio pour consultations. Par la suite, des soldats de l’AMISOM l’ont escorté vers un autre hôtel, près de l’aéroport de Kismayo. Il a rejeté les accusations selon lesquelles il aurait fomenté des tensions claniques pour susciter des affrontements entre les Darod et les Hawiye.

c) Situation humanitaire

21. Selon les agences des Nations unies, il y a plus d’un million de réfugiés somaliens dans la région. Ils se trouvent principalement à Djibouti, en Égypte, en Érythrée, en Éthiopie, au Kenya, en Tanzanie, en Ouganda et au Yémen. Le nombre de personnes déplacées est estimé à un million, vivant dans des conditions difficiles dans des camps à travers le pays.

22. Malgré les efforts des organisations humanitaires traditionnelles et d’autres acteurs, la réponse humanitaire actuelle reste inadéquate, en raison notamment des restrictions d’accès, ainsi que de l’insuffisance des ressources financières. Bien que la situation sécuritaire s’améliore, la persistance d’incidents sécuritaires continue d’entraver l’accès et, par conséquent, d’affecter la fourniture de l’assistance aux populations nécessiteuses. La quasi-absence d’infrastructures publiques, y compris dans les secteurs de la santé, de l’éducation et d’autres services sociaux de base, contribue à l’aggravation du sort des populations affectées par la guerre, en particulier les groupes vulnérables que constituent les enfants, les femmes et les handicapés, qui continuent de porter l’essentiel du fardeau du conflit en cours en Somalie.

III. DÉPLOIEMENT DE L’AMISOM

23. Au cours de la période pour examen, l’AMISOM a atteint son effectif autorisé de personnel en uniforme de 17 731 éléments. Dans le Secteur 1, l’on compte, pour la composante militaire de l’AMISOM, 85 officiers d’État-major au Quartier général de la Force, 4 335 soldats ougandais et 4 252 soldats burundais, soit un total de 8 672 hommes. Dans le Secteur 2, l’on compte 4 040 soldats kenyans et 664 soldats sierra-léonais, dont le déploiement a commencé fin du mois avril 2013. Au moment de la finalisation du présent rapport, les opérations de relève entre les troupes kenyanes et sierra-léonaises étaient sur le point de prendre fin – le Kenya va réduire son contingent d’un bataillon. 186 hommes du contingent sierra-léonais sont actuellement à Mogadiscio, dans l’attente de leur déploiement à Kismayo. Dans le Secteur 3, l’on compte 1 180 soldats burundais et 1 888 soldats ougandais. Des troupes additionnelles ont été redéployées du Secteur 1 pour relever les troupes éthiopiennes dans la ville de Baidoa et les régions environnantes. Dans le Secteur 4, il y a 999 soldats djiboutiens qui sont appuyés par des unités des ENDF et des SNSF.

24. En ce qui concerne la composante police de l’AMISOM, il y a actuellement 490 officiers de police au sein de la Mission. Il s’agit de 2 Unités de police constituées (UPC) comprenant 140 éléments chacune, venant du Nigeria et de l’Ouganda, ainsi que 210 fonctionnaires de police. Il est prévu de déployer des fonctionnaires de police supplémentaires, afin d’atteindre l’effectif prévu de 560 éléments. Par ailleurs, et tel qu’indiqué dans le Concept stratégique, une UPC sera prochainement transférée du Secteur 1 vers le Secteur 2, tandis que des fonctionnaires de police seront déployés dans d’autres Secteurs, une fois que l’infrastructure et les conditions de sécurité requises seront réalisées.

25. Ainsi que cela a été porté à la connaissance du Conseil, mon Représentant spécial et Chef de l’AMISOM, l’Ambassadeur Mahamat Salah Annadif, a pris fonction à Mogadiscio, où il est actuellement basé. Sur place, il offre les bons offices de l’UA et appuie le FGS et les dirigeants politiques somaliens. L’Ambassadeur Mahamat Annadif bénéficie de l’appui de fonctionnaires chargés des affaires politiques, civiles, humanitaires et de la question du genre à Mogadiscio, lesquels effectuent également des visites régulières dans les quatre Secteurs en appui aux efforts de stabilisation du FGS. Actuellement, 25 des 56 personnels internationaux de la composante civile de la Mission sont déployés à Mogadiscio, tandis que le personnel restant, essentiellement un personnel local d’appui, ainsi que des fonctionnaires chargés des finances et des marchés publics, sont à Nairobi. Au fur et à mesure que les conditions sécuritaires s’amélioreront et que le soutien administratif et logistique nécessaire sera disponible, la Commission déploiera du personnel civil international supplémentaire dans la zone de la Mission.

26. Les mécanismes de coordination prévus dans le Concept stratégique, à savoir le Mécanisme conjoint de coordination (MCC) et le Comité de coordination des opérations militaires (CCOM), continuent à servir de plate-forme en vue de donner des directives stratégique et d’assurer la coordination à ce niveau. À ce jour, deux réunions du MCC et neuf du CCOM ont été organisées, les dernières s’étant tenues respectivement le 14 janvier et le 10 avril 2013. Les réunions du MCC ont permis de finaliser les directives relatives au recrutement, ainsi que les plans opérationnels d’expansion des opérations de la Mission. La composition du CCOM a été élargie pour inclure les Inspecteurs généraux des pays contributeurs de police (PCP), à savoir le Nigeria et l’Ouganda. Son ordre du jour a également été élargi pour inclure des discussions sur les questions relatives à la gestion de la Mission, notamment celle des combattants déserteurs, ainsi que les politiques concernant les pays contributeurs de troupes (PCT) à l’AMISOM.

27. Au cours de la dernière réunion du CCOM, des décisions importantes ont été prises, notamment la relève des ENDF dans le Secteur 3. En outre, il a été convenu que l’AMISOM avait atteint ses limites opérationnelles et ne devrait pas étendre sa zone d’opération en raison des défis stratégiques majeurs auxquels elle est confrontée. Nombre de facteurs sont ici en jeu. Alors que la communauté internationale continue à faire des promesses d’appui substantiel en vue du renforcement effectif des capacités des SNSF, celles-ci ne se sont toujours pas concrétisées. Dans l’intervalle, l’efficacité des opérations conjointes AMISOM/SNSF est gravement handicapée par l’absence d’un appui logistique aux SNSF, y compris en munitions, carburant et en rations, ainsi que d’un appui médical. C’est ainsi que l’AMISOM s’est retrouvée contrainte d’utiliser ses ressources limitées pour tenir les zones sécurisées, plutôt que de les transférer aux autorités somaliennes et d’étendre sa zone d’opérations, tel que prévu dans le Concept stratégique et le Concept d’opération (CONOPS). La situation est aggravée par l’absence de multiplicateurs de force essentiels à la Mission, notamment les hélicoptères d’attaque, les hélicoptères de transport, le train de roulement et le génie. En outre, le nombre actuel des véhicules blindés de transport de troupes (APC) en état de fonctionnement – lesquels assurent à la force une souplesse d’emploi et une mobilité protégées – est insuffisant. Par ailleurs, et malgré les efforts optimaux déployés par le Bureau de soutien des Nations unies à l’AMISOM (UNSOA), son appui logistique, en particulier aux Secteurs 2, 3 et 4, reste inadéquat.

28. Comme indiqué plus haut, une évolution notable du dispositif a été le redéploiement de soldats des ENDF de certaines zones du Secteur 3, où ils avaient été déployés et soutenus aux frais de l’Éthiopie, en appui au FGS et à l’AMISOM. Le Gouvernement éthiopien avait aussi annoncé son intention de retirer ses troupes de Baidoa, Berdale, Qansax Dheere et Manaas, d’ici fin avril 2013, en plus du retrait de Hudur, effectué en mars 2013. Afin d’éviter qu’Al Shabaab ne réoccupe les zones libérées, et conformément aux conclusions de la dernière réunion du CCOM, une séance de planification de la relève sur zone des unités, réunissant les ENDF, les SNSF et l’AMISOM a eu lieu à Mogadiscio, le 15 avril 2013. Au cours de cette séance, il a été convenu de reconfigurer les forces pour les Secteurs I et III, afin de renforcer Baidoa et de se saisir de Manaas, alors que les ENDF continuent de sécuriser Bardale. L’AMISOM ne s’est pas encore déployée à Qansax Dheere, où les forces éthiopiennes continuent de maintenir une présence. La reconfiguration des forces entre les Secteurs 1 et 3 a eu pour conséquence d’étirer à l’extrême le dispositif de l’AMISOM, impactant négativement aussi bien sur la capacité de la Mission à mener des actions offensives contre Al Shabaab que sur son aptitude à sécuriser de manière adéquate les principales routes logistiques.

IV. MISE EN ŒUVRE DU MANDAT DE L’AMISOM

29. Le mandat de l’AMISOM est énoncé au paragraphe 9 du communiqué PSC/PR/COMM(CCCLVI) et au paragraphe 1 de la résolution 2093 (2013). Au cours de la période considérée, l’AMISOM s’est constamment efforcée de mettre en œuvre son mandat.

a) Appui au dialogue et à la réconciliation

30. L’AMISOM a continué de soutenir les efforts de dialogue et de réconciliation à tous les niveaux. Aux niveaux local et régional, dans les zones reprises à Al Shabaab, l’AMISOM a mobilisé les clans, les ainés, les chefs religieux et politiques, notamment les parlementaires, afin de résoudre des différends politiques et autres, d’améliorer la sécurité et de soutenir le FGS, en particulier dans les régions du Bas Shabelle, du Moyen Shabelle, du Juba Inférieur, de Bay et de Hiraan. Dans la région de Hiran par exemple, en février, mars et avril 2013, les fonctionnaires chargés des affaires politiques et civiles de l’AMISOM ont, en étroite collaboration avec les membres du Parlement, travaillé à la formation du Conseil des ainés de Hiraan. Par la suite, l’AMISOM a facilité une interaction formelle entre les législateurs fédéraux de la région de Hiran, l’administration et la population locales. L’AMISOM a, en outre, interagi avec les Jeunes de la région, en s’appuyant sur le Centre Hilaal pour le développement de la jeunesse, afin de favoriser leur participation aux efforts politiques et de développement dans la région.

31. Au niveau national, l’AMISOM a continué à soutenir le dialogue entre les différents acteurs politiques du pays. Tirant les enseignements de l’expérience acquise pendant la période de transition, l’Unité politique de l’AMISOM est en contact étroit avec toutes les parties prenantes, afin d’éviter que ne se reproduisent les problèmes interminables qui avaient caractérisé la gestion du Gouvernement fédéral de transition. Mon Représentant spécial continue d’user de ses «bons offices», pour assurer la médiation lors de différends politiques et encourager une démarche constructive pour faire face aux défis du moment, en particulier à Baidoa, dans le Jubbaland et le Hiran.

b) Soutien aux Forces nationales de sécurité somaliennes

32. L’AMISOM continue d’apporter un appui multiforme aux SNSF, y compris à travers la formation/entrainement, l’encadrement et la fourniture de directives opérationnelles. Cependant, dans une large mesure, cet appui se fait de manière ponctuelle, étant donné que la composante militaire de l’AMISOM n’est pas dotée actuellement de ressources appropriées pour mener des activités de formation/entrainement à grande échelle. La Mission n’a réussi à mener à bien cette importante tâche qu’en mettant à contribution des ressources humaines et autres prélevées sur celles destinées aux opérations de combat.

33. Depuis 2009, l’AMISOM a soutenu la formation/entrainement de 4 500 soldats de la SNA à Bihanga, en Ouganda, assurée par la Mission de formation de l’UE en Somalie (EUTM). À ce jour, le plus gros des troupes ayant reçu un entrainement est composé essentiellement de militaires du rang, laissant ainsi un vide en ce qui concerne les officiers subalternes et supérieurs. De fait, la Somalie fait face à un manque de ressources humaines en mesure d’assurer le commandement et le contrôle de la SNA. Afin de remédier à cette situation, l’AMISOM a commencé à travailler avec le FGS et d’autres partenaires pour dispenser une formation à un nouveau corps d’officiers subalternes qui pourront assumer les fonctions de chefs de section et de peloton, ainsi que celles de commandant de compagnie dans la SNA. À la suite de plusieurs semaines de formation initiale, 96 officiers subalternes et sous-officiers ont parachevé, le 15 avril 2013, un programme de formation de chefs de section ou de peloton et de sous-officiers supérieurs dispensé par l’AMISOM au camp d’entraînement Jazeera, nouvellement restauré à Mogadiscio.

34. En ce qui concerne la Force de police somalienne (SPF), la composante de police de l’AMISOM continue d’appuyer le processus de réforme, de restructuration, de réorganisation et de professionnalisation de la composante police somalienne à travers divers programmes et activités. Au cours de la période considérée, la composante police de l’AMISOM, y compris les UPC, a travaillé en étroite collaboration avec la SPF dans divers postes de police à Mogadiscio, en encadrant et en conseillant les policiers somaliens sur un large éventail de questions liées au maintien de l’ordre, y compris les droits et la gestion des actes criminels.

35. Conscient du fait qu’il est très important aussi bien d’atténuer les problèmes sécuritaires que d’assurer le transfert optimal des compétences en matière de gestion des opérations de police à la SPF, la composante police de l’AMISOM, grâce à un financement de l’Agence allemande de coopération internationale (GiZ), a mis en place et équipé un Centre conjoint de coordination des opérations de police (CCCOP), qui abrite la police de l’AMISOM et la SPF. Cette cohabitation a amélioré les conditions de conduite et de coordination des opérations de police dans Mogadiscio et ses environs. Au cours de la période considérée, le CCCOP a facilité la conduite d’activités conjointes de sûreté et de sécurité publiques à Mogadiscio et dans les environs. Au cours de ces opérations, plusieurs suspects ont été appréhendés et des armes et munitions récupérées et remises aux forces de police somaliennes. Ces actions ont permis d’éviter d’éventuelles attaques d’Al Shabaab et d’empêcher d’autres activités criminelles, contribuant ainsi à la restauration de la confiance des populations en la capacité de la SPF à assurer la sécurité des personnes et des biens. Les UPC de l’AMISOM ont continué à mener en permanence des patrouilles conjointes avec la SPF à Mogadiscio, ce qui contribue à restaurer la confiance et à rassurer les populations et, partant, à l’amélioration de la situation sécuritaire dans la ville.

36. La composante police de l’AMISOM, conjointement avec la SPF et en collaboration avec le Département britannique pour le Développement international (DFID), a élaboré un plan stratégique de développement couvrant la période 2013-2017, qui servira de guide à la SPF dans la mise en œuvre de son agenda de réforme, de restructuration et de développement. Le plan stratégique a été adopté par le FGS, et est actuellement mis en œuvre sous la direction d’un service spécialisé du FGS. Au niveau stratégique, les conseillers de la composante police de l’AMISOM détachés auprès du siège national de la SPF ont effectué une analyse préalable du système, des structures et des capacités de la SPF. Les résultats de cette analyse sont en train d’être compilés, et constitueront la base pour l’élaboration d’un plan d’action pour la réforme. Par ailleurs, les conseillers de la composante police de l’AMISOM sont en train de mettre au point une Charte de la police nationale qui servira de support pour renforcer le partenariat entre la police somalienne et les communautés locales, tout en l’aidant dans la mise en œuvre de son mandat.

37. L’AMISOM a équipé tous les postes de police de Mogadiscio en ordinateurs, équipements de bureau et en registres de police, ce qui a contribué à améliorer les activités quotidiennes de la SPF. En ce qui concerne l’appui à la formation, la composante police de l’AMISOM a organisé à Djibouti un programme de formation relatif à la gestion de l’ordre public au profit de 200 officiers de la SPF, en partenariat avec les carabiniers italiens et avec le soutien financier du Gouvernement de ce pays. Cette formation a permis d’améliorer les performances de la SPF dans la conduite des patrouilles de jour et de nuit, ainsi que dans les opérations de contrôle et de fouille, de bouclage et de perquisition. Une formation similaire est actuellement dispensée à l’intention de 871 officiers de la SPF à la General Kahiye Police Training Academy à Mogadiscio. Les officiers formés avec le soutien de la composante police de l’AMISOM seront déployés à Mogadiscio et dans d’autres villes. Une formation sur la gestion de bases de données et la collecte de données a également été dispensée à des officiers de la SPF au siège du poste de police de l’Aéroport de Mogadiscio. En février 2013, la composante police de l’AMISOM a organisé une étude sur le terrain en Sierra Leone destinée aux officiers supérieurs de la SPF. Ils se sont ainsi familiarisés avec les meilleures méthodes de réforme de la police.

38. Au cours de la période qui s’ouvre, la composante police de l’AMISOM va étendre son déploiement à d’autres Secteurs, afin d’apporter un soutien à la SPF dans ces zones. Dans cet esprit, la composante police de l’AMISOM a déjà effectué une mission d’évaluation technique dans les Secteur 2 (Kismayo) et Secteur 3 (Baidoa). L’évaluation technique pour le Secteur 4 (Beledweyne) sera entreprise au cours des prochaines semaines. Le déploiement sera effectué une fois que l’UNSOA aura mis en place les installations requises dans ces Secteurs.

c) Création de conditions pour la fourniture de l’assistance humanitaire

39. Au cours de la période considérée, l’AMISOM a continué de faciliter la fourniture de l’assistance humanitaire en Somalie. La Mission continue de coordonner ses activités et de coopérer avec les agences humanitaires des Nations unies et d’autres acteurs travaillant en Somalie afin d’assurer le plus grand possible accès à cette aide. La Mission a sécurisé des couloirs et des points d’entrée pour l’aide humanitaire, permettant ainsi aux acteurs humanitaires de répondre aux besoins des populations somaliennes dans les zones sous contrôle gouvernemental. En coordination avec les agences humanitaires des Nations unies, l’AMISOM a également facilité le retour volontaire et la réinstallation de réfugiés et de personnes déplacées dans leurs localités d’origine.

40. Comme cela a été le cas depuis la création de la Mission, l’AMISOM continue d’apporter un soutien vital aux populations dans le besoin, en particulier dans les zones où les acteurs humanitaires sont absents ou ne bénéficient que d’un accès limité. Cet appui inclut l’approvisionnement en eau potable, ainsi que la fourniture de services médicaux et d’autres services sociaux de base. Par exemple, lors des récentes inondations qui ont touché Jowhar, l’AMISOM a fait don de médicaments au Gouverneur du Moyen Shabelle au profit des victimes de ces inondations. Au cours de la période sous examen, l’AMISOM a également travaillé en étroite collaboration avec le Maire de Mogadiscio pour réhabiliter quatre puits d’eau dans les districts de Hamar Weyne, Hamar Jabjab, Wadajir et Dharkenley. Ces projets ont été réalisés avec le soutien financier du Gouvernement suédois.

d) Interaction avec la Diaspora somalienne

41. La Commission, à travers l’AMISOM, a lancé un processus formel d’interaction avec la Diaspora somalienne dans différentes parties du monde. La première phase de ce processus a eu lieu à Londres, les 9 et 10 mai 2013. La réunion a vu la participation de plus de 50 représentants de différentes composantes de la Diaspora somalienne au Royaume-Uni. Le Ministère britannique des Affaires étrangères et du Commonwealth, le FGS et les Nations unies étaient également représentés. Les principaux objectifs de la réunion étaient de sensibiliser la Diaspora somalienne à la situation en Somalie, de mobiliser son soutien en faveur du processus de paix, en général, et en faveur de l’AMISOM et du FGS, en particulier, notamment pour la mise en œuvre des six piliers prioritaires du Gouvernement, afin de renforcer le processus de stabilisation de la Somalie. Il s’agissait également de mobiliser des compétences au sein de la Diaspora somalienne et de favoriser leur retour au pays, afin qu’elles puissent fournir le personnel qualifié nécessaire à la reconstruction de l’État somalien. L’AMISOM, en collaboration avec le FGS et les partenaires, assure le suivi des conclusions de cette réunion.

e) Appui à la fonction publique de la Somalie

42. Au cours de la période considérée, l’AMISOM a facilité des cours de recyclage et de perfectionnement pour 120 fonctionnaires, notamment des secrétaires, ainsi que des agents administratifs et de protocole. Cette formation, qui a eu lieu du 14 au 26 janvier 2013, a été dispensée par l’Université de l’Afrique du Sud (UNISA), à Bujumbura, au Burundi. En outre, et afin d’améliorer leurs conditions de travail et, partant, la qualité des services publics, l’AMISOM a offert, en avril 2013, des équipements de bureau au FGS. Le Gouvernement italien a apporté un soutien financier aussi bien à la formation qu’à l’achat de ces équipements.

V. AUTRES ASPECTS PERTINENTS COUVERTS PAR LA RÉSOLUTION 2093 (2013) DU CONSEIL DE SÉCURITÉ DES NATIONS UNIES

43. Dans sa résolution 2093 (2013), le Conseil de sécurité a abordé bien d’autres questions liées aux opérations de l’AMISOM. Elles sont couvertes dans les paragraphes 2, 6, 9, 10, 11, 12, 13, 14 et 15 de la résolution.

a) Constitution de la Garde

44. Comme indiqué plus haut, la situation sécuritaire en Somalie demeure très fragile et imprévisible, et le personnel de la communauté internationale, en particulier celui de l’UA et des Nations unies, est ciblé par les insurgés. Cependant, à ce moment critique, ce personnel ne peut rester barricadé derrière des complexes sécurisés, comme cela a été souligné aussi bien par les Revues stratégiques de l’UA et des Nations unies que par la Mission d’évaluation technique des Nations unies entreprise en mars 2013. Il doit être en mesure d’interagir activement avec les communautés et les parties prenantes locales pour promouvoir la réconciliation et la paix. Par conséquent, il est impératif que des mesures sécuritaires appropriées soient prises, afin de protéger le personnel en service dans différentes localités en Somalie.

45. L’UA reste engagée à assurer la sécurité de la communauté internationale, y compris à travers la création d’une Garde de l’AMISOM. C’est dans ce contexte que la Commission et le Bureau des Nations unies auprès de l’UA (UNOAU) ont, dès mars 2012, élaboré des options pour la création d’une Garde. Trois options ont été proposées: l’option ‘A’ a recommandé une force de 312 personnels pour servir d’escorte et de Force de réaction rapide (FRR); l’option ‘B’ a recommandé une force de 149 personnels pour servir d’escorte uniquement; et l’option ‘C’ a recommandé une force de 1 000 soldats pour exécuter des tâches de surveillance statique, d’escorte et constituer une FRR. Ces trois recommandations étaient fondées sur la perspective du déploiement du personnel civil de l’UA et des Nations unies uniquement à Mogadiscio. Dans l’intervalle, l’AMISOM a mis en place, à Mogadiscio, une unité ad hoc de 311 soldats pour assurer les tâches d’escorte.

46. À la suite de la demande renouvelée de créer la Garde, tel qu’indiqué au paragraphe 2 de la résolution 2093 (2013) du Conseil de sécurité, ainsi que dans la résolution 2102 (2013), qui prévoit la création de la MANUSOM, avec une présence à Baidoa, Beletweyne et dans d’autres localités, en plus de Mogadiscio, l’AMISOM et l’UNSOA ont constitué un groupe de travail chargé de réexaminer le concept de la Garde, y compris les besoins en termes de soutien. Il a été déterminé que la Garde serait chargée des tâches suivantes: escorter le personnel à destination et à partir de points de débarquement définis; assurer la fonction de FRR; fournir la garde des guérites, y compris aux principales entrées et sorties des campements; et assurer la sécurité globale dans tous les campements. Les experts militaires de l’AMISOM, sous la direction du commandant de la Force, ont présenté une analyse complète, assignant les effectifs aux tâches à accomplir, afin de les couvrir dans leur totalité. Il a été conclu que l’unité composée de 311 soldats affectés à la Garde ne pourrait pas accomplir les tâches requises. En parvenant à ces conclusions, les experts militaires étaient conscients du fait que l’AMISOM est déjà sévèrement sollicitée, étant donné l’étendue de la zone géographique qu’elle couvre et les opérations de harcèlement menées par Al-Shabaab. Compte tenu de ce défi et de la nécessité d’assurer une sécurité adéquate pour le personnel international, le Conseil de sécurité pourrait renforcer l’effectif de l’AMISOM de 1 000 personnels supplémentaires, afin de lui permettre de déployer une Garde de taille appropriée dans les quatre Secteurs. Il est prévu que les Nations unies apporteront un soutien à l’équipement et à la formation/entrainement de ces forces via l’UNSOA. Ce renforcement de l’effectif de la force est considéré comme essentiel pour la mise en œuvre effective des mandats respectifs de l’AMISOM et de la MANUSOM en Somalie étant donné qu’en l’absence de mesures sécuritaires adéquates, l’efficacité des deux Missions sera sévèrement limitée. La Commission est disposée à fournir les détails de l’analyse de l’effectif des troupes requises en fonction des tâches assignées et qui constitue la base de la requête en personnel supplémentaire.

b) Transparence et reddition de comptes pour les ressources fournies à l’AMISOM

47. Les fonds mis à la disposition des opérations de l’AMISOM, à travers la Commission, ont été utilisés principalement pour rembourser les pays contributeurs de troupes et de police; financer les indemnités de troupes, de décès et les pensions d’invalidité; ainsi que pour couvrir les coûts opérationnels de la gestion de l’AMISOM. Les dépenses ainsi effectuées l’ont été conformément aux règlements et procédures de l’UA et aux accords de contribution en vigueur avec les partenaires concernés. Les dépenses sont soumises à des audits externes périodiques par les partenaires concernés, en plus des audits internes effectués par la Commission. Il convient de noter que les récents audits externes menés par des auditeurs engagés par l’UE ont eu des conclusions positives, reconnaissant le sérieux et le professionnalisme avec lesquels les fonds ont été gérés.

48. La Commission effectue également des visites régulières préalables au déploiement dans les pays contributeurs de troupes et de police. Récemment, un exercice de vérification de troupes a été conduit en collaboration avec l’UNSOA pour établir les niveaux de troupes. La procédure en place pour générer la liste nominative est stricte et garantit la probité et la transparence. Afin d’améliorer davantage la fiabilité des informations reçues du terrain, la Commission a engagé des services de consultance, avec le soutien de la Commission européenne (CE), sur la possibilité de déployer un dispositif de collecte de données biométriques.

c) Protection des populations civiles

49. Conformément aux demandes pertinentes du Conseil et du Conseil de sécurité des Nations unies, en particulier dans ses résolutions 2010 (2011), 2036 (2012) et 2093 (2013), la Commission et l’AMISOM ont initié des efforts visant à élaborer une stratégie pour l’intégration des considérations liées à la protection des populations civiles dans les opérations de la Mission. Il me plaît d’annoncer qu’à la suite de consultations élargies, une stratégie de protection des populations civiles pour l’AMISOM a été approuvée en mai 2013. La stratégie prévoit une approche globale à l’échelle de la Mission en vue d’intégrer les considérations de protection dans tous les aspects des opérations de l’AMISOM ; aucun effort ne sera ménagé pour assurer sa mise en œuvre effective. Je voudrais relever l’appui apporté à ce jour par les partenaires engagés dans le processus, et demander qu’un appui à la mise en œuvre de cette stratégie soit apporté par l’UNSOA et, de façon plus générale, par le système des Nations unies.

50. Dans le cadre de ses efforts visant à renforcer la protection des populations civiles dans la zone d’opérations de l’AMISOM, et en tant que composante essentielle de sa stratégie de protection, j’ai également le plaisir d’annoncer que la Mission envisage la création d’une Cellule de suivi, d’analyse et de réponse concernant les victimes civiles (CCTARC), répondant aux termes des résolutions 2036(2012) et 2093(2013) du Conseil de sécurité des Nations unies. S’appuyant sur le travail entrepris par une équipe d’experts à Mogadiscio en mars 2013, un cadre visant à la création d’un mécanisme robuste de CCTARC au sein de l’AMISOM a été élaboré. Ce document expose la conception générale, décrit les processus et le fonctionnement quotidien de la cellule, et articule les besoins du système d’information, les profils du personnel et autres ressources nécessaires à sa création. Le cadre met l’accent sur trois fonctions clés du CCTARC: évaluer les préjudices civils survenant dans la zone de responsabilité de l’AMISOM, aider à l’efficacité opérationnelle et à la prévention des préjudices civils en l’intégrant dans le processus de prise de décision propre à la force, et répondre à tout préjudice causé. Ces éléments ont été conçus en ayant en vue la réalité opérationnelle actuelle. Le projet de cadre de CCTARC est soumis à une consultation interne et aux procédures d’approbation de l’UA. Aussitôt que le financement nécessaire sera en place, l’AMISOM devrait être en mesure d’opérationnaliser le CCTARC avant la fin de l’année 2013.

d) Gestion des combattants désengagés

51. L’AMISOM accueille des combattants qui ont déserté Al Shabaab, mais dispose de peu de ressources pour les gérer. Le rôle de l’AMISOM est d’accueillir et de gérer des combattants dans les centres d’accueil désignés pendant 48 heures avant de les remettre au FGS pour la suite utile. L’AMISOM, en collaboration avec d’autres partenaires du FGS, a également élaboré des stratégies, des politiques et des plans pour la gestion des combattants capturés ou ayant volontairement quitté Al Shabaab. Ces documents ont été présentés au FGS, pour adoption.

52. Les procédures opérationnelles permanentes (POP) pour la gestion des enfants victimes des conflits armés ont également été élaborées et adoptées par le FGS. L’AMISOM a accueilli 249 combattants déserteurs d’Al Shabaab qui se sont rendus volontairement en septembre 2012. Parmi eux, 7 enfants ont été remis à l’UNICEF. Le Groupe de travail technique militaire a organisé une formation destinée aux officiers des SNSF et de l’AMISOM au sein de l’International Peace Support Training Centre (IPSTC), au Kenya, et dédiée à la gestion des combattants déserteurs au sein des centres d’accueil et de transit. De plus, le FGS, l’AMISOM et les partenaires ont défini récemment les structures et les termes de référence des centres d’accueil. Le FGS assurera la cohérence en termes de stratégies, de politiques et de plans pour orienter le processus. Afin d’aider le FGS, l’AMISOM aura besoin d’être soutenu pour créer les infrastructures nécessaires.

e) Renforcement de la protection des femmes et des enfants

53. À la lumière des préoccupations qui ont déjà été soulevées concernant le recrutement d’enfants soldats, l’AMISOM a aidé les FGS dans le dépistage des recrues potentielles dans les SNSF, afin de s’assurer qu’elles répondent aux critères requis, notamment en termes d’âge pour le service militaire et de police. L’AMISOM, avec le soutien de l’UNICEF et en collaboration avec le Bureau de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies pour les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui, est en train de recruter un fonctionnaire chargé de la protection des enfants. Par ailleurs, la Commission travaille avec l’UNICEF pour évaluer les meilleures voies et moyens de renforcement de la protection des enfants à son niveau. Enfin, l’AMISOM a imprimé et distribué des brochures pour sensibiliser son personnel en uniforme à la culture somalienne, y compris en matière de protection des droits des femmes.

f) Prise en compte de la problématique hommes-femmes

54. Au cours des prochains mois, l’AMISOM accordera la priorité requise à l’élaboration d’une stratégie visant à prendre en compte la problématique hommes-femmes dans tous les aspects de ses opérations. Dans l’intervalle, des efforts ont été initiés en vue de renforcer la prise en compte cette problématique dans les opérations de la Mission, y compris à travers la création d’un groupe de travail multidimensionnel au niveau de la Mission, la diffusion d’émissions de radio destinées à renforcer la sensibilisation sur la problématique hommes-femmes et la création d’un mécanisme d’échange d’informations avec la Direction de la Femme et des Affaires sociales au sein du FGS. Je me félicite de l’appui apporté par les Nations unies à l’élaboration et à la mise en œuvre d’une stratégie globale de prise en compte de la problématique hommes-femmes au niveau de la Mission.

g) Prévention de la violence sexuelle et sexiste

55. La Commission est pleinement engagée à prévenir les violences sexuelles et sexistes dans la zone d’opération de la Mission. D’ores et déjà, la Mission a engagé des efforts pour répondre à ces préoccupations, y compris à travers l’interaction avec le FGS dans la conduite d’enquêtes sur les cas présumés d’abus et l’apport de conseils techniques aux tribunaux militaires créés par le FGS. À la suite de la visite effectuée en Somalie par la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies sur la violence sexuelle dans les conflits, Mme Zainab Bangura, au cours de laquelle elle s’est entretenue avec mon Représentant spécial, l’AMISOM est en train d’interagir avec le Bureau de la Représentante spéciale, afin de soutenir ses initiatives de formation destinées aux SNSF pour y inclure la prévention et la réponse à la violence sexuelle et sexiste. Des mesures seront prises pour assurer le partage d’informations entre l’AMISOM et le Bureau de la Représentante spéciale, ainsi que la sensibilisation sur les violences sexuelles et sexistes dans les zones nouvellement administrées. Une très grande attention sera accordée à l’élaboration et à la mise en œuvre d’une stratégie de l’AMISOM sur les violences sexuelles et sexistes dans les mois à venir, e

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France / Sénégal

PARIS, France, 14 juin 2013/African Press Organization (APO)/ — Le président de la République a reçu, cet après-midi à l’Elysée, des responsables d’organisations non-gouvernementales de développement et de solidarité internationale dans le cadre de la préparation du prochain sommet du G8, qui se tiendra les 17 et 18 juin à Lough Erne, au Royaume Uni.

Cette rencontre a rassemblé les organisations Action contre la faim, CCFD – Terre solidaire, Coordination Sud, Forim, France Libertés, Gret, One, Oxfam, Sherpa, Sidaction et Transparency International.

Elle a permis d’échanger sur la sécurité alimentaire, la nutrition, la santé et la lutte contre les violences faites aux femmes ainsi que la lutte contre l’évasion et la fraude fiscales et les paradis fiscaux.

Le président de la République a confirmé que la France entendait adhérer à l’Initiative sur la transparence dans les industries extractives (ITIE).

La rencontre a également permis de faire le point sur le suivi des Assises du développement et de la solidarité internationale, dont le chef de l’Etat avait présidé la séance de clôture le 1er mars accompagné du président de la République du Sénégal, Macky Sall.

Le président de la République a confirmé qu’un Conseil national du développement et de la solidarité internationale sera installé prochainement. Il offrira un cadre souple pour une concertation régulière de l’Etat avec les élus et la société civile (parlementaires, collectivités territoriales, ONG, entreprises, syndicats, chercheurs).

Un projet de loi d’orientation et de programmation sur la politique française de développement sera déposé avant la fin de l’année devant le Parlement.

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Le gouvernement Harper soutient les initiatives du secteur privé pour favoriser la croissance économique dans les pays en développement

OTTAWA, Canada, 13 juin 2013/African Press Organization (APO)/ — La croissance économique menée par le secteur privé génère des occasions de sortir les gens de la pauvreté et de les amener vers la prospérité dans les pays en développement. Aujourd’hui, à l’occasion du lancement de la section canadienne du Pacte mondial des Nations Unies, l’honorable Julian Fantino, ministre de la Coopération internationale, et Lois Brown, secrétaire parlementaire de ce dernier, ont réitéré l’engagement du Canada d’aider les gens à se sortir de la pauvreté en créant des économies plus fortes.

« Nous voulons tirer parti de l’expertise, des ressources et de l’innovation du secteur privé pour aider les personnes les plus vulnérables, a dit le ministre Fantino. La participation du secteur privé entraîne de meilleures possibilités d’emploi et génère plus d’investissements et de ressources pour améliorer la productivité et le bien-être du public. »

Le Pacte mondial des Nations Unies encourage les entreprises du monde entier à adopter des politiques durables et socialement responsables et à rendre compte de leur mise en œuvre. Le lancement de la section canadienne du Pacte mondial des Nations Unies réunit des entreprises qui sont des chefs de file du secteur privé et qui mènent des activités à l’étranger, des leaders du secteur public canadien, des représentants des Nations Unies et des organisations de la société civile pour promouvoir l’investissement et les pratiques commerciales responsables à l’étranger.

« Un secteur privé dynamique est la pierre angulaire qui permet aux économies en développement de se sortir de la pauvreté et d’aller vers la prospérité, a indiqué la secrétaire parlementaire Brown. Le Pacte mondial des Nations Unies est un excellent exemple de la façon dont le Canada peut favoriser l’établissement de partenariats et contribuer à faire progresser l’innovation pour aider ceux et celles qui en ont le plus besoin dans le monde. »

Le Plan d’action économique de 2013 réaffirme l’engagement du Canada envers l’aide au développement international, notamment en matière d’amélioration de la croissance économique durable. Le nouveau ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement conservera le mandat de réduction de la pauvreté et permettra d’apporter une aide plus efficace, davantage transparente et mieux ciblée pour continuer d’améliorer le sort des populations démunies à l’échelle de la planète.

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