Agence-Presse

Une entreprise canadienne répond aux besoins en énergie de l’Afrique subsaharienne

ABUJA, Nigeria, 30 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — Le ministre du Commerce international et ministre de la porte d’entrée de l’Asie-Pacifique, l’honorable Ed Fast, a félicité Corvus Energy dont le produit phare, un module de batterie, a été retenu afin d’assurer une alimentation électrique continue en vue d’applications résidentielles et commerciales du marché nigérian.

Corvus Energy, une société établie à Vancouver, est l’un des plus importants fabricants de la planète de batteries à polymère de lithium de grande puissance, destinées à la machinerie lourde hybride ou 100 p. 100 électrique. Les solutions de pointe de Corvus dans les domaines de l’énergie et de la gestion de l’énergie trouvent des applications dans une foule de segments de marché, en réseau ou hors réseau, dans les secteurs du transport maritime, routier ou ferroviaire, des communications, de l’énergie éolienne et solaire, et de l’équipement de servitude au sol. Corvus compte 50 employés au Canada et 70 dans le monde entier.

Le ministre Fast dirige une mission commerciale de six jours au Nigéria et au Ghana afin de promouvoir les intérêts des entreprises canadiennes dans la région de l’Afrique subsaharienne, dans le but d’assurer la création d’emplois et une plus grande prospérité pour les Canadiens. Des représentants d’une trentaine d’organisations canadiennes, principalement des secteurs de l’extraction et de l’infrastructure, accompagnent le ministre Fast à cette occasion.

Cette mission commerciale organisée par le Service des délégués commerciaux du Canada est la première de 2013. Elle s’inscrit dans la série de missions stratégiques que le ministre Fast dirige depuis qu’il est responsable du portefeuille du commerce international pour cibler des secteurs particuliers et des régions en forte croissance.

Comptant des agents en poste dans plus de 150 villes du monde et dans des bureaux régionaux à l’échelle du Canada, le Service des délégués commerciaux du Canada, une composante d’Affaires étrangères et Commerce international Canada, constitue le plus vaste réseau canadien de spécialistes du commerce international. Il aide les entreprises qui souhaitent exporter ou investir à l’étranger, attirer des investissements ou établir des partenariats en innovation et en R-D.

Pour obtenir plus d’information sur la visite du ministre Fast en Afrique subsaharienne, prière de consulter la page Mission commerciale du ministre Fast en Afrique.

Lire la suite

Somalie – Attentats (29 janvier 2013)

PARIS, France, 29 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — La France condamne avec la plus grande fermeté l’attentat perpétré le 29 janvier 2013 devant le bureau du Premier ministre somalien, qui a coûté la vie, selon un bilan provisoire, à au moins 6 personnes.

Dans ce moment douloureux, la France exprime sa solidarité au peuple somalien. Elle se tient aux côtés des autorités somaliennes dans leur lutte contre le terrorisme.

Elle leur réaffirme son plein soutien aux efforts visant à assurer la sécurité de la population et à garantir la stabilité du pays

Lire la suite

Remise de statuettes au Nigeria (29 janvier 2013)

PARIS, France, 29 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — En application de la Convention de l’UNESCO concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels, la France va remettre le 29 janvier au Nigéria cinq statuettes importées de façon illicite. Ces biens ont été saisis en 2010 par la direction générale des douanes et droits indirects.

Sous la responsabilité du ministère de la culture et de la communication et des musées du Quai Branly et du Louvre, l’expertise a permis de déterminer avec précision leur origine. Il s’agit de statuettes de la civilisation Nok, à laquelle on doit les premières sculptures en terre cuite connues en Afrique subsaharienne.

Ces œuvres seront rendues à la République fédérale du Nigéria et remises à M.Yusuf Abdallah Usman, directeur général de la commission nationale pour les musées et les monuments.

Lire la suite

Le Commissariat Général de la PNC inaugure les installations de la cellule de mise en œuvre de la réforme de la police en matière de Formation

BRUXELLES, Royaume de Belgique, 29 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — Le Commissariat Général de la Police Nationale Congolaise avec l’appui technique et financier de la Mission EUPOL RD Congo, a procédé à l’inauguration officielle des bureaux qui vont désormais abriter la Cellule d’Appropriation et de Mise en œuvre de la Formation, CAMO Formation en sigle. La cérémonie s’est déroulée aujourd’hui à Kinshasa en présence du Commissaire Général de la PNC, du Chef de la mission EUPOL RD Congo et des partenaires nationaux et internationaux.

Les deux grands bureaux de la CAMO Formation ont été rénovés et équipés en matériels et moyens informatiques ainsi qu’en matériels didactiques et de bureaux sur financement de la mission EUPOL. Un véhicule a également été mis à la disposition de cette cellule de travail, en vue de faciliter ses contacts avec les différents services de la PNC et les structures de formation. La CAMO Formation ainsi dotée des infrastructures et des outils nécessaires sera plus à même de maintenir sa dynamique de travail et de respecter rigoureusement ses objectifs et son calendrier de travail.

La CAMO Formation est un groupe mixte restreint au sein du Commissariat Général de la Police Nationale Congolaise. Elle a pour mission première la mise en œuvre de la Direction Générale des Ecoles et Formations (DGEF), du système de formations au sein de la PNC ainsi que la mise en place d’une Académie de Police (ACAPOL). La mission EUPOL RD Congo a activement soutenu les travaux de réflexion ayant mené à la mise en place de cette cellule, et continuera désormais activement à en assurer l’accompagnement et le conseil.

Le soutien à l’inauguration des installations de la CAMO Formation et aux travaux menés par cette cellule s’inscrit dans le cadre plus vaste de l’appui de la mission à la réforme de la Police Nationale Congolaise et de son interface avec la Justice en République démocratique du Congo.

Lire la suite

LE MALI ET D’AUTRES FOYERS DE TENSION EN AFRIQUE AU CŒUR DU 20EME SOMMET L’UNION AFRICAINE

ABUJA, Nigeria, 29 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — Le président sortant de l’Union africaine (UA), le chef de l’Etat béninois Boni Yayi, a déploré la réaction tardive des dirigeants africains, et même de la communauté internationale, à venir militairement en aide au Mali, menacé par des groupes islamistes.

Dans son dernier discours en qualité de président de l’UA à l’ouverture, le dimanche 27 janvier 2013 à Addis-Abeba, en Ethiopie, du 20ème sommet de l’organisation panafricaine, M. Boni Yayi a regretté que l’Afrique n’ait pas réagi à temps pour défendre l’un de ses Etats.

«Comment comprendre que face au péril qui menace jusqu’à ses propres fondements, l’Afrique, bien que disposant des moyens d’organiser sa propre défense, a continué d’attendre ?» s’est-il interrogé, saluant au passage l’intervention militaire française.

«Je salue la France qui a pris les devants pour faire ce que nous aurions dû faire face au terrorisme qui menace le Mali, notre sous-région, notre continent et le monde»,a déclaré le président sortant de l’organisation continentale.

Outre la crise malienne, ce sommet devra également se pencher sur d’autres foyers de tension en Afrique, notamment la situation politique et sécuritaire en Guinée-Bissau, le conflit latent entre le Soudan et le Soudan du Sud, la récente crise en Centrafrique et la rébellion armée du Mouvement M23 en RD Congo.

Evoquant les tensions dans l’est de la RDC, le secrétaire général des Nations unies (NU), M. Ban Ki-Moon, a évoqué la possibilité d’adosser une mission «d’imposition de la paix» à celle des NU déjà présente dans le pays (MONUSCO).

S’agissant du Soudan et du Soudan du Sud, M. Ban Ki-Moon a exhorté les dirigeants des deux pays à entamer «des discussions directes afin de permettre l’aide humanitaire d’urgence nécessaire aux civils affectés» dans la région.

Les présidents du Soudan, M. Omar el-Béchir, et du Soudan du Sud, M. Salva Kiir, se sont rencontrés une nouvelle fois ce dimanche à Addis-Abeba en présence d’autres chefs d’Etat pour tenter d’avancer dans la résolution des différends qui empoisonnent toujours leurs relations.

Face à la multiplication des conflits ou des zones de tension en Afrique, la présidente de la Commission de l’UA, Mme Nkosazana Dlamini Zuma, a insisté sur la nécessité pour les Africains de promouvoir la paix, la stabilité et la sécurité au niveau continental.

«Nous ne pouvons jamais trop souligner l’importance du besoin de paix et de sécurité : sans paix et sécurité, aucun pays ou aucune région ne peut espérer la prospérité pour tous ses citoyens», a déclaré Mme Zuma.

Placé sous le thème : «Panafricanisme et Renaissance africaine», ce 20ème sommet coïncide avec la célébration du 50ème anniversaire de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), créée le 25 mai 1963 et devenue en 2002 l’Union africaine (UA).

Cette commémoration aura lieu en mai 2013 à Addis-Abeba, en Ethiopie, dont le Premier ministre, M. Hailemariam Desalegn, a succédé ce dimanche au président béninois Boni Yayi à la tête de l’organisation panafricaine.

A la cérémonie d’ouverture de ce 20ème sommet de l’UA, les chefs d’Etat et de gouvernement ont observé une minute de silence en mémoire de l’ancien président ghanéen John Atta Mills et de l’ancien Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, décédés en 2012.

De nombreuses personnalités ont assisté à cette cérémonie, parmi lesquelles MM. Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’ONU, Nabil Al-Arabi, secrétaire général de la Ligue arabe, Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne et le Premier ministre turc, M. Recep Tayyip Erdogan, invité d’honneur du sommet.

Le président de la Commission de la CEDEAO, M. Kadré Désiré Ouédraogo, était également présent à cette cérémonie. En marge des travaux du sommet, il a été reçu en audience par plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement et eu des entretiensavec de nombreuses personnalités d’organisations africaines et internationales sur des questions économiques, politiques et sécuritaires en Afrique de l’Ouest, notamment la crise malienne.

Lire la suite

Conférence des Donateurs sur le Mali: L’UE confirme son engagement de 50 M € pour soutenir une opération de paix menée par l’Afrique (MISMA)

BRUXELLES, Royaume de Belgique, 29 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — M. Piebalgs a participé aujourd’hui à la conférence des donateurs sur le Mali organisée à Addis-Abeba (Ethiopie). Il a dit:

« … c’est surtout le message de solidarité de 500 millions de citoyens européens, en faveur du Mali, de ces citoyens et plus particulièrement à la force africaine en cours de déploiement, que je viens délivrer aujourd’hui. (…) Lors du Conseil extraordinaire des ministres des affaires étrangères à Bruxelles le 17 janvier dernier, nous avons à l’unanimité appuyé l’intervention française, et accéléré le soutien financier et logistique à la MISMA. A cette fin, je suis heureux d’annoncer que l’Union Européenne va allouer 50 millions d’euros en faveur de la MISMA à travers sa Facilité de Paix pour l’Afrique.

Sur le plan logistique, les structures militaires de l’Union Européenne ont mis en place une « Clearing House » destinée à accroître les capacités logistiques mises en place pour ces états membres en faveur de la MISMA.

Enfin, s’agissant du soutien direct à l’armée malienne, nous allons déployer en Février la mission européenne « EU-Training Mission » destinée à renforcer sa formation, à la conseiller et à la restructurer.

La version complète du discours (SPEECH/13/70) et de communique de presse (IP/13/62) disponible sur RAPID.

Lire la suite

Condoléances de Didier Reynders suite à l’incendie à Bujumbura

BRUXELLES, Royaume de Belgique, 29 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — Le Ministre Reynders a été profondément touché par les images du terrible incendie qui a frappé le marché au coeur de Bujumbura.

Ce marché central est non seulement fréquenté par de nombreuses personnes, mais il est aussi à la base de l’approvisionnement en nourriture de très nombreux Burundais.

Depuis Moscou où il est en visite officielle, Didier Reynders tient à présenter ses condoléances aux familles des victimes et exprimer sa sympathie à tous ceux qui ont subi de graves pertes dans cet incendie. Il espère que des solutions seront trouvées rapidement pour permettre à la population de Bujumbura de continuer à s’approvisionner en denrées vitales. La Belgique continue à appuyer les efforts de renforcement des capacités du Burundi.

Lire la suite

Le ministre Fast rencontre son homologue nigérian

OTTAWA, Canada, 29 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — Le ministre du Commerce international et ministre de la porte d’entrée de l’Asie-Pacifique, l’honorable Ed Fast, et le ministre du Commerce et de l’Investissement du Nigéria, M. Olusegun Aganga, se sont rencontrés à l’occasion de la première réunion des ministres du Commerce de la Commission binationale Canada-Nigéria. Cette Commission a été créée en 2012 afin de contribuer à resserrer les liens en matière de commerce, de politique, de développement et de sécurité entre les deux pays.

Les ministres ont discuté des moyens de renforcer les relations commerciales bilatérales entre le Canada et le Nigéria de façon à atteindre leur but de doubler la valeur des échanges commerciaux pour la porter à 6 milliards de dollars d’ici 2015. Les ministres ont également discuté, entre autres sujets, de la conclusion d’un accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers, qui aidera les entreprises à investir avec confiance dans l’économie en essor rapide de l’Afrique subsaharienne.

Les deux ministres ont signé un communiqué conjoint.

Le ministre Fast dirige une mission commerciale de six jours au Nigéria et au Ghana afin de promouvoir les intérêts des entreprises canadiennes dans la région de l’Afrique subsaharienne, dans le but d’assurer la création d’emplois et une plus grande prospérité pour les Canadiens. Des représentants d’une trentaine d’organisations canadiennes, principalement des secteurs de l’extraction et de l’infrastructure, accompagnent le ministre Fast à cette occasion.

Cette mission commerciale organisée par le Service des délégués commerciaux du Canada est la première de 2013. Elle s’inscrit dans la série de missions stratégiques que le ministre Fast dirige depuis qu’il est responsable du portefeuille du commerce international pour cibler des secteurs particuliers et des régions en forte croissance.

Comptant des agents en poste dans plus de 150 villes du monde et dans des bureaux régionaux à l’échelle du Canada, le Service des délégués commerciaux, une composante d’Affaires étrangères et Commerce international Canada, constitue le plus vaste réseau canadien de spécialistes du commerce international. Il aide les entreprises qui souhaitent exporter ou investir à l’étranger, attirer des investissements ou établir des partenariats en innovation et en R-D.

Le ministre Fast est accompagné par le ministre du Commerce et de l’Investissement du Nigéria, M. Olusegun Aganga.

Pour obtenir plus d’information sur la visite du ministre Fast en Afrique subsaharienne, prière de consulter la page Mission commerciale du ministre Fast en Afrique.

Lire la suite

Mali : La reconquête du Nord dévoile les crimes des groupes islamistes / Éviter les vengeances pour gagner la paix

PARIS, France, 29 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — Alors que la contre-offensive des armées franco-malienne reprend le contrôle des principales villes du nord du pays, la FIDH s’inquiète des possibles représailles contre les personnes qui ont, de gré ou de force, collaboré avec les islamistes radicaux et des conflits inter-communautaires qui pourraient en découler. Notre organisation appelle les belligérants et les populations à la retenue ainsi que les autorités à juger tous les responsables des exactions, principalement les djihadistes, mais aussi les éléments de l’armée malienne auteurs présumés des exactions, notamment dans les villes de Sévaré, Niono, Diabali, Gnimi Gnama et Mopti.

Les crimes commis par les groupes islamistes dans le Nord

La prise de Gao et des abords de Tombouctou par les forces franco-maliennes, appuyées par les premières troupes africaines de la Mission africaine de soutien au Mali (MISMA), constitue pour les populations une réelle libération tant les crimes perpétrés par les groupes armés djihadistes ont été nombreux et cruels : exécutions sommaires, viols, esclavage sexuel, enrôlement d’enfants soldats, mutilations, bastonnades, vols, destructions de biens culturels et religieux protégés. Les informations et les témoignages recueillis par la FIDH depuis l’offensive conjointe du Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA) et des groupes armés islamistes en janvier 2012 démontrent que des crimes graves, y compris des crimes de guerre, ont été commis contre les populations civiles et des combattants désarmés.

Dans la ville de Gao, reprise aux djihadistes le 26 janvier 2013, les groupes armés djihadistes se sont illustrés ces derniers mois par leur cruauté : 8 hommes amputés (d’une main ou d’un pied et d’une main), de nombreux crimes sexuels et le recrutement d’enfants soldats. Une femme rencontrée par la FIDH témoigne que « de nombreuses femmes ont été emmenées en brousse et violées là-bas ». « Ils escaladaient même les murs des maisons pour venir nous violer » ajoute-t-elle. Les femmes étaient obligées de se dissimuler totalement et il leur était interdit d’écouter la radio, de porter des bijoux, des crèmes, des mèches ou de fréquenter des hommes. « Même saluer un homme pouvait vous faire chicotter [battre] » témoigne une jeune femme.

Lorsque des combats ont éclaté à Gao, fin juin 2012, entre les combattants du MNLA et les islamistes du MUJAO pour le contrôle de la zone, les crimes commis contre la population de la ville par le MNLA (voir rapport de la FIDH et de l’AMDH, 18 juillet 2012, « Crimes de guerre au Nord Mali »), ont été tellement choquants que « des enfants et des jeunes ont coupé des langues, des oreilles et ont traîné des corps de combattants du MNLA morts dans les combats contre le MUJAO ». En chassant les troupes du MNLA, le MUJAO a acquis une certaine notoriété qui lui a permis de recruter massivement parmi certaines populations, notamment les jeunes et les talibés. Ces derniers, étudiants islamiques, « dont certains n’ont même pas 9 ans », selon un témoin, ont été incités à rejoindre les groupes armés par leur « maître » toujours selon cet habitant de Gao. « Certains ne pouvaient même pas porter leurs armes tellement ils étaient petits » précise-t-il. Le recrutement d’enfants soldats s’est aussi fait contre de l’argent distribué directement aux enfants ou aux familles. Ainsi, un témoin dont le cousin s’est engagé dans le MUJAO a vu des combattants promettre 50 000 FCFA par mois à des familles pour enrôler leurs enfants. « Même le chauffeur d’Abdel Akim [un des chefs du MUJAO à Gao] était un enfant ! » a confié un autre témoin à la FIDH. Selon plusieurs témoignages, des personnes recrutées à Gao et entraînées à la hâte au « Camp 1 », le camp d’entraînement du MUJAO à Gao, ont été placées en première ligne, par les islamistes, lors de l’attaque du dernier bastion du MNLA à Menaka, le 19 novembre 2012. La quasi totalité de ces combattants non expérimentés seraient morts dès le premier assaut.

A Tombouctou, qui était principalement contrôlé par AQMI et notamment un de ses chefs, Abdelhamid Abou Zeid, les mêmes types de violations des droits humains ont été rapportés : une amputation, des flagellations, des crimes sexuels et des recrutements d’enfants-soldats. Tous ces crimes sont constitutifs de crimes de guerre au titre de l’article 8 du Statut de Rome instituant la Cour pénale internationale. Les groupes armés se sont aussi illustrés par la destruction d’une grande partie des mausolées inscrits au patrimoine mondial de l’Humanité de l’UNESCO, et par le vol de plus de 2000 manuscrits et d’archives musicales inestimables. L’imposition de la charia s’est accompagnée comme à Gao et dans tout le nord du pays de l’imposition de mode vestimentaire, de la police et de tribunaux islamiques, et même d’un « Centre de recommandation du convenable et de l’interdiction du blâmable », sorte de justice civile et de police religieuse. Les islamistes sont rentrés dans les écoles, imposant la séparation stricte des garçons et des filles et surveillant même les cours pour contrôler l’enseignement donné. Des radios de propagande ont remplacé les radios locales.

Pour un défenseur des droits de l’Homme qui a dû fuir le nord du pays fin 2012 en raison de risques trop importants pour sa sécurité, « les djihadistes sont fous, ils nous ont coupé du monde ». La reprise des villes du Nord permet selon lui aux populations de « sortir de la nuit dans laquelle nous ont plongé les groupes armés pendant tous ces mois ».

Les exactions de l’armée malienne

A la suite de la prise de Konna par les groupes armés djihadistes, la FIDH a pu établir que le climat de guerre, de psychose et de tension a favorisé des actes de vengeance et de représailles, et une série d’exécutions sommaires a été perpétrée par des éléments des forces armées maliennes, à partir du jeudi 10 janvier 2013, particulièrement à Sevare, Mopti, Niono et d’autres localités situées dans les zones proches des zones d’affrontements. A Sevare, des témoignages et éléments de preuves concordants attestent de l’exécution d’au moins 15 personnes dans 4 sites différents, notamment dans le camp militaire, à proximité de la gare routière, près de l’hôpital et dans un autre quartier de la ville. A Mopti, un cas d’exécution sommaire a aussi pu être confirmé. A Sevare toujours, des informations crédibles font état de viols et autres cas de sévices sexuels, ainsi que dans d’autres localités de la zone. Dans la région de Niono, à Sikolo, deux maliens d’origine touareg ont été exécutés par des soldats maliens. D’autres allégations d’exécutions sommaires continuent de nous parvenir de l’ensemble des zones de l’ouest et du centre du pays. Par ailleurs, l’imam Cheik Hama Alourou, enlevé par des militaires maliens le 21 janvier au soir, à Gnimi Gnama, un village entre Bore et Douentza, est toujours porté disparu.

Les victimes de l’ensemble de ces exactions sont des personnes : accusées d’être complices des djihadistes ou des infiltrés, des personnes en possession d’armes, des individus ne pouvant justifier de leur identité lors de contrôles de l’armée, ou ciblés simplement en raison de leur appartenance ethnique et communément appelés les « peaux claires ».

« Les risques de vengeance au Nord sont extrêmes »

Alors que la reconquête du Nord s’effectue rapidement, la FIDH s’inquiète des risques de dérapages, de représailles et des actes de vengeance contre les populations civiles de la part des militaires, mais aussi entre populations civiles. A Gao, la population a lynché un combattant islamiste Peulh dont le corps se trouve à la morgue de l’hôpital. Trois blessés seraient à dénombrer parmi les civils qui ont voulu prendre l’hôpital où s’étaient retranchés certains djihadistes. Plusieurs maisons appartenant aux Touaregs et Arabes de Gao auraient été pillées et saccagées jusqu’aux portes et fenêtres. Si la vindicte populaire semble mécaniquement cibler les populations touaregs, ces derniers ne sont pas les seuls à risquer de payer de leur vie leur allégeance réelle ou supposée aux groupes armés. Ainsi à Gao, les populations du village de Kadji (Gourma – sur la rive droite du fleuve), qui ne sont pas touaregs mais qui ont rejoint assez largement les groupes armés, notamment en raison d’un différent antérieur avec le reste des habitants de la ville, risquent d’être prises pour cibles. Une jeune femme, entendue par la FIDH rapportait d’ailleurs les paroles de plusieurs habitants de Gao selon lequelles, « on va éliminer tous les ‘peaux claires’ [islamistes étrangers] et tout ceux qui sont du Gourma ». A Diabali, des habitants de la région auraient ces derniers jours pillé les biens et les maisons de personnes des communautés arabes et touaregs.

Ce sentiment de vengeance se fonde notamment sur les crimes et les exactions perpétrés depuis l’offensive du MNLA et des groupes armés islamistes en janvier 2012, notamment le massacre des soldats maliens à Aguelhoc et Tessalit ou encore les campagnes de viols et la vague de violations des droits de l’Homme perpétrées par les éléments armés touaregs du MNLA, notamment lors des prises de Gao et Tombouctou, que nos organisations ont condamné et ont documenté (voir le rapport de la FIDH et de l’AMDH, 18 juillet 2012, « Crimes de guerre au Nord Mali »). Ces crimes récents font resurgir les exactions perpétrées de part et d’autre lors des précédentes rébellions touaregs, particulièrement celles des années 90, où aux exécutions de fonctionnaires au Nord par les rebelles touaregs, l’armée répondait alors par des opérations de contre-insurrection meurtrières et indiscriminées contre des civils touaregs. Pour un défenseur des droits de l’Homme du Nord du pays, l’ensemble de ces faits font que « les risques de vengeance et de représailles au Nord sont extrêmes ».

L’impératif de juger pour briser le cycle de l’impunité et de la violence

L’ensemble des auteurs et responsables de ces crimes, qu’ils soient maliens ou étrangers, doivent être appréhendés et jugés. Ainsi, du côté islamiste, « Aliou commissaire » un des chefs du MUJAO à Gao aurait été capturé par les forces franco-maliennes le 25 janvier 2013 à Hombori. Des éléments du MUJAO, se seraient rendus aux forces de sécurité nigériennes et auraient été désarmés. L’ensemble de ces auteurs, y compris les membres et responsables du MNLA qui ont commis des crimes de guerre et des violations graves des droits de l’Homme doivent pouvoir être jugés de façon équitable et le cas échéant, condamnés. L’exemplarité de tels procès devrait permettre de renforcer l’État de droit au Mali. De la même façon, les militaires qui ont commis des crimes contre des civils doivent, selon la FIDH, pouvoir être jugés de façon impartiale pour rappeler l’obligation de protection du droit international humanitaire et des droits de l’Homme, y compris en temps de conflit armé.

« On ne combat pas les auteurs des crimes d’Aguelhoc par les mêmes méthodes qu’eux » a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH. « La reconquête du Nord par les troupes franco-africaines ne doit pas être entachée par des crimes et des méthodes qui servent les islamistes. Il faut casser le cycle de l’impunité et de la violence » a-t-elle ajouté.

Pour Sidiki Kaba, président d’honneur de la FIDH, « il ne faut pas seulement gagner la guerre, mais il faut maintenant gagner la paix ; et celle-ci ne peut se construire dans l’immédiat que par le respect des droits humains, le refus de toute logique punitive et de vengeance, le jugement de tous les auteurs de violations des droits de l’Homme, le retrait des militaires de la vie politique ; et dans l’après-guerre, la tenue d’élections libres et transparentes ».

Lire la suite

Allocution du président de la république du Mali, son excellence le professeur Dioncounda Traore au sommet de l’Union africaine

ADDIS ABEBA, Ethiopie, 28 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — Allocution du président de la république du Mali, son excellence le professeur Dioncounda Traore au sommet de l’union africaine

Excellence, Monsieur le Président de la Conférence de l’Union,

Excellences, Mesdames et Messieurs Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Distingués invités, Mesdames et Messieurs

Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies

Madame la Présidente de la Commission de l’Union africaine,

Mesdames et Messieurs les Commissaires de l’Union africaine,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs Ambassadeurs et Représentants des Coopérations bilatérales, multilatérales et internationales,

Représentants des organisations de la Société civile,

Distingués invités,

Excellence Monsieur le Premier ministre d’Ethiopie, c’est à vous que nous adressons nos premiers mots, pour vous dire merci, pour dire merci au peuple éthiopien pour l’accueil chaleureux qui nous est réservé ici à Addis-Abeba, dans la droite ligne d’une tradition connue et appréciée de tous.

Permettez-moi également de m’incliner de nouveau devant la mémoire de votre illustre prédécesseur Meles Zenawi, trop tôt disparu mais que les livres d’histoire retiendront comme le catalyseur du projet d’émergence tant de l’Ethiopie que de l’Afrique.

Ensuite, à notre auguste assemblée nous voudrions adresser nos vœux personnels ainsi que ceux du peuple malien, à l’entame d’une année que nous souhaitons de santé, de réussites et de paix.

Pour chacun de vous. Pour chacune de vous. Pour tous nos peuples. Pour l’Afrique et pour tous ses partenaires du monde.

Nous ne pouvons aller plus loin sans réitérer ici et solennellement, nos remerciements et notre reconnaissance à tous ces avocats passionnés de la cause malienne qu’ont été, tout le long de cette tragédie que nous vivons.

Nous voulons citer :

– Son Excellence le Dr Thomas Yayi Boni, Président sortant de la Conférence des Chefs d’Etat ;

– Son Excellence Alassane Ouattara, Président en exercice de la CEDEAO ;

– Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré et son Excellence Monsieur Johnatan Goodluck, respectivement médiateur et co-médiateur de la crise malienne.

Des pays frères ont envoyé leurs soldats combattre aux côtés de l’armée malienne dans sa tâche de reconquête des régions du Mali occupées en 2012, par l’actionnariat mafieux de l’argent sale du narcotrafique, du terrorisme international agissant sous le masque de l’islam.

Merci donc, Président Thomas Yayi Boni, Président Blaise Compaoré, Président Nkuruziza, Président Alassane Ouattara, Président Mahamadou Issoufou, Président Johnatan Goodluck, Président Idriss Deby, Président Faure Ngnassingbé, Macky SALL.

Dites à vos peuples que le Mali saura se souvenir de cette solidarité. Elle n’a pas de prix. Pour nous, elle a valeur de pacte de sang.

Soyez également remerciée, Mme Nkosasana Dlamini Zuma, Présidente de la Commission de l’Union africaine.

Votre souci du Mali est attesté de tous et votre engagement est pour nous une source de réconfort toujours renouvelée.

Permettez qu’à travers vous, nous félicitions vos collaborateurs qui, au sein de la Commission que vous présidez ont porté, sans faiblir, la question malienne dès les premières manifestations de la crise en fin 2011.

Depuis, votre Commission n’a ménagé aucun effort, aucune réflexion, aucune déclaration en faveur du respect de l’intégrité territoriale du Mali.

Elle a su appeler, avec le juste accent, à une mobilisation à la fois diligente et massive de l’Afrique et du monde pour soutenir le peuple malien dans la douloureuse épreuve qu’il traverse. Le Mali, jusqu’alors une référence de stabilité soudain prise dans la spirale de la guerre et de ses privations.

Preuve, s’il en faut, de ce bel élan de solidarité : la rencontre de Bamako du 19 octobre 2012 qui, sous votre direction éclairée, a permis de partager et de valider le Concept Stratégique des Opérations le CONOPS.

Nous ne saurions clore le chapitre des remerciements sans vous demander, frères et sœurs d’Afrique, de vous joindre à la nation malienne pour saluer les pays non africains qui sont aujourd’hui à nos côtés.

Saluons en particulier la France, saluons le Peuple français.

Saluons le Président François Hollande pour sa lecture lucide de la crise malienne dont nous savons tous qu’elle porte les germes d’une menace sécuritaire mondiale.

Saluons-les pour avoir accédé promptement et sans calcul à notre requête d’assistance.

Aujourd’hui, l’intervention déterminée de l’armée française a porté un coup d’arrêt à la progression de notre ennemi commun, à savoir le narco-térrorisme qui invoque Dieu mais qui agit comme Satan.

Le geste fraternel de la France a permis, dans le respect de la légalité internationale, d’accélérer la mise en œuvre de la résolution 2085 des Nations-Unies, par la mobilisation de la CEDEAO, de l’Union africaine ainsi que de leurs partenaires

C’est aussi ce geste de la France qui a permis à l’armée malienne de renouer avec sa noble vocation de défense de la nation et du territoire, et nous pouvons vous annoncer ici et aujourd’hui que l’armée malienne est de retour, et a repris le combat avec courage dans une confiance retrouvée.

Elle sera devant. Elle ne sera pas derrière les troupes sœurs venues l’aider.

Et toutes ensembles, les forces qui se battent contre nos agresseurs, progressent, avec détermination, dans le cadre d’une stratégie qui nous mènera, sans aucun doute, vers la victoire.

Cette victoire, nous la voulons pour demain. Pas après demain. Parce que notre guerre à nous n’est pas de tuer simplement parce que nous avons les armes pour le faire.

Notre guerre c’est d’enrôler nos filles et nos garçons à l’école. Notre guerre c’est de pouvoir mieux soigner nos populations.

Notre guerre c’est de pouvoir offrir à nos citoyens des opportunités pour s’épanouir dans un monde globalisé qui n’attend pas les retardataires.

Mesdames, Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Mesdames et Messieurs,

Le Mali hélas en était arrivé très loin dans l’infortune en 2012.

Au Nord, des régions entières avec tous leurs départements sous la coupe de leurs agresseurs, certains indépendantistes, d’autres dits jihadistes, mais tous terroristes, tous criminels.

Au Sud une crise institutionnelle grave, avec ses agendas mesquins et inavouables, à un moment où toute la concentration était requise pour sauver le pays.

Les frayeurs continueront jusqu’aux premiers jours de 2013 où poussés par l’arrogance, les agresseurs tentèrent de forcer le destin.

Avec les conséquences que vous savez : des conséquences désastreuses pour eux.

A l’heure où nous vous parlons, nos forces nationales fortement aidées par leurs alliées françaises et africaines continuent d’infliger de lourdes pertes à l’ennemi désormais en débandade. Gao et tombouctou sont quasiment reconquises.

Et parce que la peur a changé de camp, voici que des voix crient à la croisade contre l’islam.

Voici qu’elles ramènent notre combat pour la liberté, la dignité et la paix à une guerre par procuration de l’Occident contre des musulmans sans défense.

Qu’on nous dise pourquoi personne n’a entendu ces voix, au moment où le Mali pays musulman à 95% avait besoin de la compassion et de la solidarité de ses frères en Islam ??

Qu’on nous dise où étaient les donneurs de leçon qui n’ont pas entendu les sanglots de la petite Aicha violée, comme beaucoup d’autres, sous la menace des armes !

Qu’on nous dise où étaient ces donneurs de leçons le jour où un couple victime d’une justice inique et expéditive était lapidé à mort soit disant pour adultère.

Où étaient donc ces voix lorsqu’à Aguel Hock des soldats de l’armée régulière malienne étaient égorgés par dizaines voici un an.

Qu’on nous dise, comme l’ont rappelé les oulémas de notre pays dans une belle unanimité, où étaient ces donneurs de leçons, quand par milliers, les Maliens étaient jetés sur les routes de l’exil et de la privation de la misère et de la désolation.

Où étaient– ils ceux qui crient aujourd’hui à l’holocauste quand les conquérants, de leur justice humiliante et mutilante, coupaient les bras de notre jeunesse, détruisaient les écrans de télé, écrasaient les écouteurs de téléphone et décrétaient que le football était haram.

Qu’on n’ajoute pas de grâce l’injure à la blessure.

Le Mali ne mérite pas un tel mépris car il a vécu le joug terroriste dans sa chair, dans son âme, dans le viol de sa conscience et de ses femmes.

Le Mali ne mérite pas ce mépris, parce que comme toutes les sociétés de culture, c’est un pays de tolérance, d’humilité et de paix.

Nous ne sommes pas en guerre contre l’islam.

Nous sommes en guerre contre le terrorisme, qui prospère de la vente d’otages innocents et des ristournes de la drogue.

Nous sommes en guerre pour notre existence!

Nous sommes en guerre contre l’obscurantisme.

Nous sommes en guerre contre un projet d’arriération imposé à une terre qui est un creuset de civilisation.

Au contraire, le plus grand tort à l’Islam, ce sont nos agresseurs qui l’ont causé, semant le doute dans l’esprit de ceux qui sont nés dans l’islam, dont les pères sont nés dans l’islam, et qui pendant des générations successives ont été pétris aux valeurs, aux vrais valeurs de l’Islam.

Car les caveaux de saints démolis à Tombouctou l’ont été au nom de l’islam !

Car les coups de cravaches donnés à Gao l’ont été au nom de l’islam !

Car les couples lapidés à Kidal l’ont été au nom de l’islam !

De quel Islam s’agit t-il ?

En tout cas, pas celui du prophète Mohamed Paix et Salut sur Lui qui n’a jamais converti par la force, qui n’a jamais humilié son prochain, qui n’a jamais rendu veuve, orphelin ou handicapé au nom de la seule loi du plus fort.

Non l’alliance, entre la mauvaise foi et les barres de cocaïne ne sauraient être l’islam, ne sauraient être notre islam.

Notre islam à nous continuera d’être le respect de l’être humain, et de sa dignité, la protection du voisin, du faible et de l’orphelin, la promotion de la paix et de la concorde, jamais le plaisir de verser le sang.

Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Mesdames et Messieurs,

Si grâce à vous tous, les perspectives sont bien meilleures aujourd’hui pour le Mali, tous les risques contre la paix et la concorde ne sont pas entièrement conjurés.

L’ethnicisation du faux jihad, les stratégies de constitution des réseaux dormants du terrorisme dans les villes, et il faut le déplorer, l’amalgame et le délit de faciès peuvent donner lieu à des exactions et de règlements de compte.

Le Gouvernement du Mali ne tolérera les exactions et les amalgames.

Du reste il a ordonné une enquête dont nous tirerons toutes les implications.

La dignité du soldat et l’honneur de notre armée commandent qu’ils soient les premiers à suivre scrupuleusement les prescriptions de l’Etat de droit que nous avons pour ambition de bâtir.

Et nous savons que chaque traitement extrajudiciaire des cas de collaboration présumée des populations locales avec les terroristes fait l’affaire de ces derniers.

C’est pourquoi, le Gouvernement du Mali, prenant au sérieux ces risques et soucieux de ne pas compliquer davantage la résolution d’une crise qui menace les fondements de la nation, n’a de cesse de mettre et l’armée et les groupes diffus contre toute atteinte aux droits humains.

Et comme le prévoit la feuille de route adopté par le Gouvernement le 25 janvier et présenté au parlement, de vastes campagnes seront menées dans le sens de l’apaisement.

L’armée sera systématiquement et continuellement formée au respect du droit humanitaire et des droits constitutionnel des citoyens parce que nous la voulons une armée républicaine.

Bien entendu, nous restons déterminés à appliquer la loi à tout soldat malien contrevenant aux principes de la République.

Nous en appelons naturellement à la prudence et au bon sens de tous.

Car le contexte est favorable à la désinformation et au sensationnel.

Les forces du mal n’ayant plus d’autre possibilité que d’opposer les opinions publiques aux forces de libération.

Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Mesdames et Messieurs,

Si malgré nous, le temps est à la guerre, nous préparons activement la paix.

Notre main reste tendue à ceux qui réalisent qu’il est encore temps de faire amende honorable, malgré tout le tort qui a été porté à notre pays, à notre sous région et à notre région.

Mais le dialogue inter-malien n’aura vocation ni à confesser ni à charger.

Pour la stabilité de notre pays et la dignité de ses enfants, nous ne saurions donner de traitement préférentiel à aucune ethnie en particulier ni stigmatiser de groupes spécifiques.

Qu’on nous fasse seulement confiance, car les Maliens sont les premiers à comprendre jusqu’où la réconciliation est impérative pour la survie de chacune de leurs communautés et de l’ensemble national, sans distinction d’ethnie.

Du dialogue inter-malien dont les animateurs sont en train d’être repérés pour leur sagesse et leur lucidité, il est attendu tout simplement qu’il mène les Maliens, sans distinction d’ethnie, de sexe, d’âge et de religion vers le même but et la même foi.

Cet important dispositif permettra de recueillir et de partager les enseignements de la grave crise que nous avons connue pour que nos cités soit mieux administrées, notre démocratie et notre capital social mieux consolidés.

Ce pays reviendra parmi vous, jouant pleinement son rôle dans l’intégration africaine.

Il était là en 1963 comme une jeune nation forte de ses promesses et de ses espérances. Il sera là avec vous en 2013 en tant que nation reconstituée pour fêter le 50è anniversaire de l’organisation continentale.

C’est cela notre mission historique en tant que Président et Gouvernement de transition.

Et pour la mener à bien, nous avons encore besoin de votre solidarité, de vos conseils et de votre accompagnement.

Mais le Sahel a prouvé sa grande vulnérabilité par sa pauvreté qui fait d’elle la proie facile du crime organisé.

Nous ne couperons définitivement la tête des barons de la drogue des terroristes doctrinaires autoproclamés de l’Islam qu’en concédant un investissement sans précédent pour le développement de cette zone grise aujourd’hui mais avec tout le potentiel pour être demain un havre de paix et de prospérité.

A cet égard, tous les pays du Sahel, ceux qui connaissent aujourd’hui les tourments comme ceux qui en sont épargnés, sont logés à la même enseigne.

Car jamais les vases n’ont autant communiqué que dans cette partie du monde.

La paix dans le monde est tributaire de la paix dans le Sahel qui crie son besoin de Plan Marshall pour que le binôme Paix et Développement produise les fruits attendus et protègent le reste du monde des graves menaces que cette zone peut entraîner pour tous.

Ce cri n’est pas le premier. Puisse t-il être le dernier et être entendu !

Vive l’Afrique unie et solidaire,

Vive l’Afrique partenaire respectée du monde.

Vive la Paix dans le monde.

Vive le France.

– MERCI BEAUCOUP

– THANK YOU VERY MUCH,

– CHOUKRAN JAZZILEN,

– MULTO OBLIGADO,

– MUCHAS GRACIAS,

– ASANTE SANA.

Lire la suite