Congo RDC -Violences sexuelles omniprésentes dans et autour des camps de déplacés de Goma

GENEVE, Suisse, 16 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — Quatre-vingt quinze cas de violences sexuelles ont été pris en charge par MSF durant le mois de décembre dans le camp de déplacés de Mugunga III. Face à ces actes de violence, MSF déplore le manque d’implication des entités de protection de la population civile et les conditions de sécurité défaillantes dans les camps de la ville de Goma.

Entre le 3 décembre et le 5 janvier 2013, un total de 95 cas de violence sexuelle ont été notifiés et pris en charge par l’équipe MSF présente dans le camp de Mugunga III, à quelques kilomètres à l’ouest de Goma. Fin décembre, les équipes MSF ont assisté à une augmentation d’admission pour des traumatismes directement liés à ces actes de violence, portant à six la moyenne de consultations par jour.

Malgré la vulnérabilité flagrante des populations et les conditions de vie précaires dans les camps, la sécurité des déplacés n’est toujours pas assurée de façon satisfaisante. « Le manque de sécurité dans les camps et les villages avoisinants est criant », commente Thierry Goffeau, chef de mission de MSF à Goma. « Les autorités compétentes en la matière et les leaders des différents groupes armés prétendent tous, sans exception, défendre les populations civiles. Ils doivent donc assumer leur responsabilité et se mobiliser davantage pour assurer la protection des plus vulnérables. »

La présence renforcée de militaires et de groupes armés à proximité des camps de déplacés a créée une insécurité chronique où les viols sont monnaie courante. « Il faut que toutes les parties au conflit soient sensibilisées à la problématique du viol. Cette pratique est banalisée par la fréquence des ces actes et l’impunité de ses auteurs, trop rarement sanctionnés. Alors que peu de victimes osent porter plainte par peur des représailles » renchérit Thierry Goffeau.

Le viol ou la mort

« J’étais partie chercher à manger dans les champs. Deux hommes armés en uniforme sont apparus et m’ont demandé de choisir entre la mort ou une relation sexuelle avec eux » rapporte une déplacée, victime de viol. Les témoignages se ressemblent, faisant allusion aux mêmes circonstances : agressée en proche périphérie des camps ou dans les villages voisins en allant chercher du bois ou de quoi se nourrir.

Dans un autre cas de figure, l’agression survient à l’intérieur même du camp. Les quelques bouts de bois et les bâches en plastique qui constituent un abri ne sont pas une protection suffisante pour dissuader l’agresseur. « La violence est omniprésente ; c’est une violence généralisée de pouvoir, une sorte de loi du plus fort, la loi de celui qui est armé » explique Marie Jacob, psychologue pour MSF.

Suite aux combats entre forces rebelles et gouvernementales de novembre dernier, plus de 100 000 personnes ont trouvé refuge dans les camps de déplacés autour de Goma. MSF est présente dans le camp de Mugunga III depuis fin novembre et offre des soins de santé primaire, organise le transfert des urgences médicales et assure la prise en charge des victimes de violence sexuelle. MSF travaille également dans les camps de Lac Vert, Mugunga I et Bulenga où les équipes prodiguent des soins médicaux, assurent le dépistage et le traitement de la malnutrition, effectuent des vaccinations de rougeole et construisent douches et latrines.

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La BAD approuve une ligne de crédit de 13 millions d’euros pour booster les opérations du secteur privé au Niger

NIAMEY, Niger, 16 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — Le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement (BAD) (http://www.afdb.org) a approuvé, ce jour, une ligne de crédit d’un montant de 13 millions d’euros octroyée à la Société Nigérienne des Banques (SONIBANK).

Ces ressources sont destinées au financement, à moyen et long termes, des petites et moyennes entreprises ou industries (PME-PMI) au Niger, notamment dans les secteurs de l’agro-alimentaire, de l’aviculture, de l’immobilier, de la construction, des bâtiments et travaux publics, du commerce, des transports ainsi que de l’éducation et de la santé.

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La Société Nigérienne des Banques compte accroître son soutien aux PME-PMI qui pourront financer l’expansion de leurs activités dans un contexte où l’accès aux crédits à moyen et long termes est difficile. Le portefeuille indicatif de projets compte douze entreprises qui devraient bénéficier de prêts s’élevant en moyenne à un million d’euros leur permettant de créer 184 emplois permanents et 503 emplois temporaires et favoriser ainsi la réduction de la pauvreté et le développement socio-économique du Niger.

La SONIBANK devrait également confirmer sa position de leader et de partenaire privilégié des petites et moyennes entreprises ou industries, secteurs structurants de l’économie, et renforcer ses capacités grâce à l’assistance technique fournie par le Fonds d’assistance au secteur privé africain (FAPA) qui participe à cette opération.

Banque commerciale privée dont le capital est détenu en partie par des organismes parapublics nigériens, des partenaires privés, principalement la Société Tunisienne de Banque (STB) ainsi que des institutions supranationales, dont la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), la SONIBANK est une institution financière de premier plan au Niger, qui représente environ 20% des emplois et des ressources du secteur financier du pays. Elle assure sa mission d’organe de financement des particuliers et des petites et moyennes entreprises ou industries, depuis sa création en 1990.

La BAD favorise la croissance durable du secteur privé nigérien et la création d’emploi grâce à cette ligne de crédit qui constitue sa première opération de soutien à une institution financière nigérienne et sa seconde assistance au secteur privé du pays.

Distribué par l’Organisation de la Presse Africaine pour la Banque Africaine de Développement.

A propos du Fonds d’assistance au secteur privé africain (FAPA)

Le Fonds d’assistance au secteur privé africain (FAPA) est un fonds fiduciaire, thématique et multidonateurs, qui accorde des dons pour l’assistance technique et le renforcement des capacités visant à soutenir la mise en œuvre de la stratégie de développement du secteur privé de la Banque.

La Banque africaine de développement, la Banque autrichienne de développement, le Gouvernement de l’Autriche et le Gouvernement du Japon sont les contributeurs du Fonds, qui, à ce jour, a financé 42 projets à hauteur de 35 millions de dollars à travers le continent africain. Le portefeuille de FAPA comprend des projets régionaux et nationaux dans des secteurs tels que l’amélioration de l’environnement des affaires, le soutien aux institutions financières, aux infrastructures, au commerce et aux micros, petites et moyennes entreprises.

Pour plus d’informations sur FAPA envoyez vos demandes à l’adresse suivante : FAPA@afdb.org

Contact technique : Salah Babale: Tel: +216 71 10 23.43 / s.babale@afdb.org

Contact média: Sabrina Hadjadj Aoul. Tel +216 71 10 26 21 / s.hadjadjaoul@afdb.org

Pour plus d’informations sur nos activités, veuillez consulter notre centre media: http://www.afdb.org/en/resources-for/media

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Le ministre Baird animera une discussion sur le Mali

OTTAWA, Canada, 16 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — Le ministre des Affaires étrangères John Baird rencontrera l’ambassadrice du Mali au Canada, Mme Traoré Ami Diallo, l’ambassadeur de France au Canada, M. Philippe Zeller, ainsi que l’ambassadeur de Côte d’Ivoire au Canada, M. N’Goran Kouamé, afin de discuter avec eux de la situation au Mali.

Une brève séance de photo dans le bureau du ministre précédera la rencontre à huis clos.

Événement : Séance de photo

Date : Le mercredi 16 janvier 2013

Heure : 15 h 45 HE

Endroit : Bureau du ministre des Affaires étrangères, édifice Lester B. Pearson, 10e étage, tour A, 125, promenade Sussex, Ottawa (Ontario)

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LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL APPELLE LES ACTEURS POLITIQUES CENTRAFRICAINS À METTRE INTÉGRALEMENT EN ŒUVRE LES ACCORDS SIGNÉS À LIBREVILLE LE 11 JANVIER

NEW YORK, 16 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — La déclaration suivante a été communiquée, aujourd’hui, par le Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon

Le Secrétaire général salue les accords signés à Libreville le 11 janvier 2013, à savoir la déclaration de principe, l’accord de cessez-le-feu et l’accord politique sur la résolution de la crise en République centrafricaine. Il appelle le Gouvernement de la République centrafricaine, les groupes politico-militaires, la coalition Séléka et les partis de l’opposition à les mettre en œuvre dans leur intégralité.

Le Secrétaire général félicite la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et les dirigeants de la région de s’être mobilisés rapidement pour faire face à la crise en République centrafricaine. Il appelle les partenaires du pays à renforcer leur soutien aux efforts en cours pour instaurer la stabilité et une paix durable dans le pays.

Le Secrétaire général renouvelle la disponibilité des Nations Unies, à travers sa Représentante spéciale en République centrafricaine et le Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix dans ce pays (BINUCA), à soutenir les efforts de consolidation de la paix et la mise en œuvre complète des accords de paix de Libreville.

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Initiative de Coopération régionale pour l’Élimination de l’Armée de Résistance du Seigneur

ADDIS ABEBA, Ethiopie, 16 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — La 2ème réunion ministérielle du Mécanisme conjoint de coordination (MCC) de l’Initiative de Coopération régionale pour l’Élimination de l’Armée de Résistance du Seigneur (ICR-LRA) a eu lieu hier, 15 janvier 2013, à Addis Abéba, au siège de l’UA, sous la présidence du Commissaire à la Paix et à la Sécurité, Ramtane Lamamra. La réunion du MCC a vu la participation des Ministres de la Défense et des chefs d’État-major des pays membres de l’ICR-LRA, à savoir la République centrafricaine (RCA), la République démocratique du Congo (RDC), la République du Soudan du Sud et la République de l’Ouganda. Étaient également présents, à titre d’observateurs, des représentants du Tchad, de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) et des Nations unies.

S’appuyant sur les résultats de la réunion des chefs d’État-major des pays membres de l’ICR-LRA, qui a eu lieu à Bangui, le 20 décembre 2012, la réunion a adopté les documents de mission de l’ICR-LRA, à savoir les Directives stratégiques, le Concept d’opérations, les Règles d’engagement et les Procédures opérationnelles permanentes. Le MCC a été précédée par une réunion des chefs d’État-major et d’experts, également à Addis Abéba, le 14 janvier 2013.

Depuis son lancement en novembre 2011, l’ICR-LRA a enregistré des progrès louables dans l’action visant à éliminer la LRA. 2 850 soldats, fournis par la RCA, le Soudan du Sud et l’Ouganda, opérant sous l’autorité de la Force régionale d’intervention (FRI), le bras opérationnel de l’ICR-LRA. Le Soudan du Sud s’est engagé à apporter une contribution supplémentaire de 500 soldats, alors que la RDC a l’intention de fournir initialement un contingent de 500 soldats à l’ICR-LRA, à la fin du mois de janvier 2013.

L’UA envisage d’organiser, au début du mois d’avril 2013, à Addis Abéba, une réunion du Forum de soutien à l’ICR-LRA, en vue de mobiliser, tant auprès des États membres que des partenaires, des ressources supplémentaires pour la mise en œuvre réussie de l’Initiative. Dans l’intervalle, les Ministres de la Défense se réuniront à nouveau à la mi-mars 2013, à Juba, au Soudan du Sud, afin d’évaluer les progrès accomplis et de déterminer la voie à suivre pour l’élimination de la LRA.

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Algérie / Déclaration du porte-parole du Quai d’Orsay

PARIS, France, 16 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — Quai d’Orsay – Déclaration du porte-parole

Q – Bonjour, est-ce que vous pouvez confirmer que cinq Japonais et un Français ont été enlevés mercredi par des rebelles islamistes sur un site pétrolier vers In Amenas, dans le sud de l’Algérie? Quelles sont les informations disponibles? Merci

L’agence de presse Reuters fait état d’un enlèvement de cinq ressortissants français et japonais en Algérie, sur le site pétrolier d’Ain Amenas ce jeudi matin. Confirmez-vous cette information et si oui, quelles sont les informations supplémentaires que vous pouvez nous donner ?

R – Nous procédons actuellement à des vérifications. Nous n’avons pas de commentaire à ce stade.

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Mali / Déclaration du porte-parole du Quai d’Orsay

PARIS, France, 16 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — Quai d’Orsay – Déclaration du porte-parole

Q – Etes-vous préoccupé par les risques de violations des droits de l’homme au Mali et plus précisément par les représailles éventuelles de l’armée malienne contre les populations touareg ou arabes du Nord, comme le craignent les ONG? Y a-t-il eu des arrestations et qui contrôle la situation des prisonniers? Une précision également : la réunion avec les ONG au Quai d’Orsay sur la situation humanitaire a-t-elle lieu ce jour comme annoncé lors du briefing hier, ou jeudi comme l’a corrigé le porte-parole adjoint en soirée et avez-vous une date à présent sur la réception des ONG à Bamako par l’ambassadeur Rouyer ?

R – La protection des droits de l’Homme, la protection des civils et la lutte contre l’impunité constituent des priorités de l’action extérieure de la France. Elle fera tout pour que les atteintes aux droits de l’Homme cessent dans l’ensemble du Mali et qu’aucun acte de représailles n’ait lieu.

Nous avons notamment œuvré au sein du Conseil de Sécurité et du Conseil des droits de l’Homme pour que la communauté internationale reste entièrement mobilisée. La France a veillé à une pleine prise en compte de cette question au sein de la résolution 2085 autorisant le déploiement d’une force internationale au Mali, en particulier en ce qui concerne le recrutement d’enfants soldats et les atteintes aux droits des femmes.

Cette résolution rappelle la responsabilité première des autorités maliennes, qui ont un devoir d’exemplarité en matière de protection des populations civiles. Elle prévoit en outre la mise en place d’un mécanisme de suivi du respect du droit international humanitaire et des droits de l’Homme, avec la remise de rapports périodiques. La France soutient également la saisine par le Mali de la Cour pénale internationale pour enquêter sur les crimes de guerres.

Sur votre deuxième question, nous vous invitons à consulter le ministère de la Défense.

La rencontre avec les ONG, consacrée à la situation humanitaire au Mali, se tiendra jeudi au Centre de crise du ministère des Affaires étrangères. Notre Ambassadeur à Bamako, M. Christian Rouyer, doit recevoir aujourd’hui les ONG présentes au Mali, notamment pour leur transmettre des consignes de vigilance et de sécurité.

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Madagascar – Annonce du Président de la Transition, M. Rajoelina.

PARIS, France, 16 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — Quai d’Orsay – Déclaration du porte-parole

La France salue l’annonce faite par le Président de la Transition, Andry Rajoelina, de ne pas se porter candidat à la prochaine élection présidentielle. Cette décision, à laquelle l’engagement constant de la médiation de la communauté de développement d’Afrique australe a contribué, favorisera notamment la tenue d’un scrutin présidentiel crédible et dans un climat apaisé.

Ces élections doivent permettre à Madagascar de sortir de la longue crise politique ouverte en 2009 et de normaliser ses relations extérieures, au terme du processus de transition. La France prendra toute sa part à l’appui au redressement économique et social de Madagascar.

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Mali / France / Extrait du point de presse

PARIS, France, 16 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — Q&R- Extrait du point de presse – 16 janvier 2013

Q – Etes-vous préoccupé par les risques de violations des droits de l’homme au Mali et plus précisément par les représailles éventuelles de l’armée malienne contre les populations touareg ou arabes du Nord, comme le craignent les ONG ?

Y a-t-il eu des arrestations et qui contrôle la situation des prisonniers ?

Une précision également : la réunion avec les ONG au Quai d’Orsay sur la situation humanitaire a-t-elle lieu ce jour comme annoncé lors du briefing hier, ou jeudi comme l’a corrigé le porte-parole adjoint en soirée et avez-vous une date à présent sur la réception des ONG à Bamako par l’ambassadeur Rouyer ?

R – La protection des droits de l’Homme, la protection des civils et la lutte contre l’impunité constituent des priorités de l’action extérieure de la France. Elle fera tout pour que les atteintes aux droits de l’Homme cessent dans l’ensemble du Mali et qu’aucun acte de représailles n’ait lieu.

Nous avons notamment œuvré au sein du Conseil de Sécurité et du Conseil des droits de l’Homme pour que la communauté internationale reste entièrement mobilisée. La France a veillé à une pleine prise en compte de cette question au sein de la résolution 2085 autorisant le déploiement d’une force internationale au Mali, en particulier en ce qui concerne le recrutement d’enfants soldats et les atteintes aux droits des femmes.

Cette résolution rappelle la responsabilité première des autorités maliennes, qui ont un devoir d’exemplarité en matière de protection des populations civiles. Elle prévoit en outre la mise en place d’un mécanisme de suivi du respect du droit international humanitaire et des droits de l’Homme, avec la remise de rapports périodiques. La France soutient également la saisine par le Mali de la Cour pénale internationale pour enquêter sur les crimes de guerres.

Sur votre deuxième question, nous vous invitons à consulter le ministère de la Défense.

La rencontre avec les ONG, consacrée à la situation humanitaire au Mali, se tiendra le 17 janvier au Centre de crise du ministère des Affaires étrangères. Notre Ambassadeur à Bamako, M. Christian Rouyer, doit recevoir aujourd’hui les ONG présentes au Mali, notamment pour leur transmettre des consignes de vigilance et de sécurité.

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Mali / Quai d’Orsay – Déclarations du porte-parole

PARIS, France, 16 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — Quai d’Orsay – Déclarations du porte-parole

Q – Sur la visite de Mme Williams, va-t-il être question de la situation au Mali, puisque les femmes en situation de conflit c’est typiquement le sujet ?

Plus généralement par rapport à l’intervention actuelle, va-t-il y avoir une réunion au centre de crise avec les ONG, la FIDH, toutes ces ONG qui s’occupent des droits de l’homme pour qu’il y ait un processus pour surveiller la violation des droits de l’homme ?

R – Sur l’entretien, je vous propose d’en faire un debriefing une fois qu’il aura eu lieu car je ne peux pas préjuger des sujets qui y seront abordés. L’entretien est prévu de longue date pour parler de ce que fait Mme Williams dans trois pays : le Libéria, la RDC et le Soudan mais il est possible que soit évoquée la situation au Mali puisqu’elle est d’actualité très immédiate.

Sur la situation de manière plus générale, pas seulement des femmes d’ailleurs, mais sur la situation humanitaire pour utiliser un terme générique, nous avons prévu de tenir une réunion avec les principales ONG, demain à Paris au centre de crise. D’autre part, notre ambassadeur, Christian Rouyer, sur place à Bamako, réunira également les principales ONG.

Q – Peux-t-on avoir des précisions sur la chronologie définie par Laurent Fabius dimanche ? Qui va prendre le relais des forces françaises, est-ce que ce sera en premier lieu les forces maliennes, les forces de MISMA, CEDEAO ou en fait un mélange des deux ?Est-ce qu’on parle toujours de quelques semaines ?

Laurent Fabius a dit aujourd’hui qu’une assistance pouvait être apportées par des Nations du Golfe, peux-ton avoir des précisions, car on parle d’assistance sur le plan militaire ou peut-être humanitaire plus tard, ou sous la forme d’une médiation politique dans un avenir plus lointain ?

R – Tout d’abord une remarque générale sur les objectifs de l’opération française, parce que cela a un lien très direct avec la première question que vous posez et sur celle du relais ensuite.

Les objectifs ont été rappelés par Laurent Fabius hier soir. Ils sont au nombre de quatre. Il y a un premier objectif immédiat qui est de stopper l’avancée des groupes terroristes, du nord vers le sud en direction de Bamako. Il y a un deuxième objectif qui est de sauver l’Etat Malien et lui permettre de recouvrer son intégrité territoriale et sa souveraineté. Il y a un troisième objectif qui est de préparer le déploiement des troupes africaines. Il y a un quatrième objectif enfin : assurer la sécurité des ressortissants français, il y en a à peu près 6000 installés au Mali.

La priorité pour nous, et notre représentant permanent auprès des nations Unies l’a rappelé hier soir à la sortie de la réunion que nous avions demandée du Conseil de Sécurité, – la priorité absolue pour nous, c’est de passer la main à la force africaine, la MISMA, le plus vite possible, conformément à la troisième des résolutions adoptées par le Conseil, la 2085 en date du 20 décembre. Dans cette perspective, dès hier, le général nigérian qui va commander la MISMA, était à Bamako avec son adjoint nigérien. Une réunion des chefs d’état major de la CEDEAO se tient aujourd’hui à Bamako et un sommet de la CEDEAO se tiendra le 19 janvier à Abidjan, ces deux réunions étant très clairement organisées pour permettre le déploiement de cette force dans les meilleurs et les plus brefs délais.

Vous aurez observé également que d’ores et déjà un certain nombre de pays africains ont annoncé de manière officielle, les contingents qu’ils étaient prêts à déployer : le Niger, le Burkina-Faso, le Togo et le Sénégal à hauteur d’une compagnie, c’est-à-dire 500 hommes chacun, le Bénin à hauteur de 300 hommes, le Nigéria à hauteur de 600 hommes. D’autres pays réfléchissent, ont manifesté une disposition de principe mais n’ont pas encore annoncé de chiffre. Hors CEDEAO, je pense par exemple au Tchad.

Notre objectif est bien d’accélérer la mise en œuvre de la résolution 2085 du Conseil de sécurité.

Q – Pouvez- vous donner un échéancier de l’arrivée des forces africaines ?

R – Le président de la République a dit une grosse semaine. Ils ne vont pas tous se déployer le même jour. On a notamment des questions de transport et de logistique à régler. L’idée est d’avoir très vite, sinon tous ces contingents, du moins le plus grand nombre d’entre eux, présents sur le terrain au Mali.

Il y aura également tout un volet autour des forces armées maliennes puisque cette opération africaine vient à l’appui des forces armées maliennes. Ces dernières bénéficieront, comme c’était prévu, mais certainement sur un calendrier lui aussi accéléré, du soutien, de la formation et du conseil de l’opération décidée par l’Union européenne. C’est un des objectifs de la réunion extraordinaire du conseil, convoqué jeudi à la demande de la France, non-seulement d’informer nos partenaires européens, qui soutiennent tous l’action française, mais aussi de voir comment on peut accélérer les choses pour ce qui concerne cette opération, dont la France est nation-cadre.

Concernant les pays du Golfe, au nombre des sujets qui vont être discutés par le Président de la République, accompagné par le ministre des Affaires étrangères, à Abou Dabi aujourd’hui et à Dubaï demain, il y aura notamment le Mali et ce que peuvent faire ces pays pour aider le Mali. Je ne veux pas préjuger des discutions qui sont en cours sur place, mais cette aide peut prendre différentes formes. Toute aide est bien évidemment la bienvenue.

Q – Avez-vous déjà capturé des Islamistes ou des rebelles ? Quel statut auront ces gens capturés ? Va-t-on les présenter à la justice, comme des terroristes ? Auront-t-ils des statuts de non-combattants avec les conséquences constatées aux Etats-Unis avec Guantanamo ? Les chiffres correspondent à peu près au chiffrage de la force qui devait être déployé dans quelques mois, l’a-t-on accéléré ?

R – De manière générale, pour tout ce qui concerne le déroulement au jour le jour des opérations, je vous renvoie à la Défense et notamment au porte-parole de l’état-major, le Colonel Burkhard. Le ministre de la Défense fait en outre des points réguliers. Il en fait un aujourd’hui en fin d’après-midi.

Concernant le statut des prisonniers, votre question reste très hypothétique pour l’instant. Il y a cependant des précédents, tel que le précédent somalien, sur lequel nous avions eu de très longues discussions.

S’agissant de votre troisième question, notre objectif est en effet très clairement d’accélérer le déploiement.

Q – Vous dites que jeudi a lieu, à la demande de la France, une réunion du Conseil affaires étrangères ? Une opération européenne EUTM va être mise en place ?

R – Nous cherchons à revenir le plus vite possible dans les cadres prévus avant l’intervention française, à la fois sur le volet décidé par le Conseil de sécurité et également sur le deuxième volet, européen celui-là, avec une décision du Conseil affaires étrangères à Bruxelles.

Q – A ce jour, on a trois opérations, MISMA, EUTM, Serval ?

R – Exact.

Q – Dans la mission EUTM, on n’est plus dans le training parce qu’on ne peut pas former des soldats maliens à une vitesse suffisante pour qu’ils soient opérationnels en une semaine. Vont-ils donc changer le nom ou l’idée, car on garde les chiffres de l’ancien EUTM mais on n’est plus dans du TM?

R – Il reste un besoin de formation des forces armées maliennes.

Q – Les Africains de MISMA ne sont donc pas là pour former, ils sont là pour se battre et ceux de l’Europe sont là pour former ?

R – Il y a des forces armées maliennes qui se battent en ce moment avec le soutien des Français. Ca ne signifie pas pour autant qu’il ne faille pas former l’armée malienne. Toutes les unités maliennes ne sont certainement pas en état de combattre.

Q – Vous disiez que la France est la Nation-cadre de quelle opération ?

R – EUTM.

Q – Donc Serval et nation-cadre EUTM c’est nous ?

R – Oui. C’était décidé ainsi avant le déclenchement de l’opération Serval.

Q – Est-il définitivement exclu qu’il y ait des éléments européens sur le terrain ? L’aide européenne s’inscrit-elle dans la logistique uniquement ou bien solliciterez-vous, lors de la réunion de jeudi, les Européens pour envoyer des forces sur le terrain ?

R – Pour l’instant, un certain nombre d’offres a d’ores et déjà été officiellement annoncé, par les Britanniques, les Danois, les Belges. Il s’agit pour l’instant d’aide logistique et de transport. Les Allemands n’ont pas encore précisé la nature de leur offre, logistique ou médicale. Hors Europe, il y a aussi les Américains et les Canadiens.

Q – Allez-vous solliciter vos partenaires pour une aide, une présence sur le terrain ?

R – Toute aide est la bienvenue. Ensuite, il revient à chaque pays souverainement de prendre sa décision. Ca peut aller du soutien politique, qui est important et unanime, jusqu’à un engagement sur le terrain. Je dis ce qui est annoncé, confirmé, précisé. On verra ensuite.

Q – Il y a eu un chamboulement de l’échéancier n’est-ce pas ?

R – Bien sûr. Notre objectif est l’accélération des calendriers tels qu’ils avaient été envisagés et décidés sur les deux volets, à la fois le volet Nations unies, 20 décembre, avec l’adoption de la résolution 2085 par le Conseil de sécurité, et sur le volet Union européenne, via les conclusions prises aussi en décembre par le Conseil affaires étrangères.

Q –N’êtes-vous pas agacé, on vous appelle pour faire le sale boulot au Mali ? Vous engagez des moyens militaires.

R – On ne fait pas le sale boulot, on fait au contraire un boulot très noble. Lorsque le président de la République prend la décision d’intervenir, il la prend pour répondre à une demande du Président malien, qui est un véritable appel au secours. Si le Président avait décidé de ne pas réserver une suite favorable à cette demande, c’est tout le Mali qui devenait un Etat terroriste.

Pour reprendre les termes employés par le ministre des Affaires étrangères, « c’est l’honneur de la France que d’avoir répondu à cet appel au secours ».

Q – Inaudible

R – L’opération était urgente et nécessaire. Personne ne conteste, lorsqu’on regarde les discussions qui ont lieu au Conseil de sécurité hier, la légalité de l’intervention française. Nous agissons en conformité avec la Charte des Nations unies, en cohérence avec les résolutions du Conseil de sécurité, en réponse à une demande malienne.

Ce débat est un peu étrange. Que n’aurait-on dit si le président de la République avait refusé l’intervention alors que le président Traoré la lui demandait ? Nous aurions eu un Etat terroriste installé à quelques heures d’avion de Paris, menaçant toute la région, l’Europe et la France. Pour le dire encore autrement, on aurait eu la guerre de toute façon et le déshonneur en plus.

Q – Inaudible

R – Autre sujet, puisque vous y faites référence : le financement. Là aussi nous aurons des discussions avec nos partenaires européens, discussions que nous avions déjà commencées en décembre dernier. Il y aura, autre rendez-vous très important, une conférence des donateurs pour le Mali avec la mise en place d’un fonds fiduciaire qui gérera les contributions bilatérales. Nous souhaitons que cette conférence des donateurs pour le Mali se tienne rapidement, par exemple en marge des prochaines réunions de l’Union africaine fin janvier, avec une ministérielle les 24-25 et un sommet des chefs d’Etat les 27 et 28, à Addis Abeba.

Q – L’OTAN n’est pas du tout sollicitée. Si on a les USA et le Canada, il ne manque plus que la Turquie et tous les membres de l’OTAN sont dans le bain. Est-ce que l’OTAN est sollicitée ? Ou est-ce que c’est « strictement une opération française », je cite M. Le Drian ?

R – Non l’OTAN n’est pas sollicitée.

Q – Donc pas de scénario Libye.

R – Il faut toujours se méfier de ce genre de rapprochement. On est dans un cadre juridique très clair : c’est l’article 51 de la Charte, ce sont les résolutions du Conseil de sécurité et la demande malienne. Les dispositifs étaient en place dans les résolutions du Conseil de sécurité et les conclusions du Conseil Affaires étrangères. Ce qu’il faut maintenant, c’est accélérer la mise en œuvre de ces décisions. Le cadre est bien fixé.

Q – Une question au sujet des contingents des pays africains qui voyageraient vers le Mali. Vous aviez dit le plus vite possible. Qu’est-ce qu’on devrait attendre ? Est-ce une question de jours, de semaines, la semaine prochaine ? Quel est le nombre de troupes françaises qui sont au Mali et est-ce qu’on est en train d’en envoyer encore ? Au sujet des combats à Diabali, est-ce que l’armée française est en train d’agir dans cette zone ?

R – Pour répondre à votre première question, c’est une question de jours. Mais nous n’aurons pas tous les contingents au même moment déployés au Mali.

Q – On devrait commencer à les voir arriver la semaine prochaine ? A la fin de cette semaine ?

R – Le plus vite possible et on compte en jours. Le président a dit une grosse semaine il me semble. Pour ce qui concerne le nombre des troupes, de même que la situation à Diabali, interrogez mon homologue à la Défense.

Q – Sur l’aide européenne, vous avez dit que toute aide était la bienvenue jusqu’à un engagement sur le terrain. Cela veut dire un engagement des troupes combattantes sur le terrain ? Vous le souhaiteriez ? C’est pour préciser la question de mon collègue.

R –La France met les moyens qui sont nécessaires pour remplir la mission qui a été fixée par le président de la République à la demande du président malien. L’objectif ensuite est de basculer le plus vite possible vers les dispositifs qui étaient prévus. C’est à chaque pays souverainement de prendre sa décision. Si l’Allemagne décide qu’elle peut envoyer des moyens médicaux, elle les enverra. Si tel autre pays estime qu’il peut envoyer des avions, notamment de transport, très bien.

Q – Est-ce que la France n’a pas peur de se retrouver dans la même situation que les Américains en Afghanistan, sachant que cette armé malienne que vous prétendez former n’est pas très bien préparée, la former au moment d’un conflit avec des djihadistes, cela doit être très dur. Commet se présentera le scénario après ? L’image de la France comme un pays qui intervient en Afrique, surtout quand le président Hollande avait dit ne plus jamais le faire ?

R – Je rappelle concernant les délais que notre objectif est de passer le relais le plus vite possible aux dispositifs, aux forces dont le déploiement avait été décidé au mois de décembre. Nous resterons le temps nécessaire, mais pas plus que le temps nécessaire.

S’agissant de votre deuxième question, nous sommes intervenus à la demande d’un pays ami, demande faite par une autorité légitime, le président Traoré, en conformité avec la Charte des Nations unies et en cohérence avec les décisions prises unanimement par le Conseil de sécurité, premièrement. Deuxièmement, quand on parlait de « Françafrique », puisque c’est à cela que vous faites référence, cela visait des interventions motivées par d’autres raisons que l’intérêt général. La France n’a pas d’autre intérêt au Mali que de venir au secours d’un Etat menacé dans son existence-même. Il n’y a pas d’intérêt économique français au Mali. C’est tout l’inverse de la « Françafrique ».

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