Ali Seriati raconte les événements du 14 janvier 2011

Nous avons déjà évoqué brièvement la comparution devant la justice de plusieurs membres des familles Ben Ali et Trabelsi et certains proches dont Ali Seriati, ex-chef de la garde présidentielle. Toutefois, des détails de l’affaire de ce dernier sont impératifs, cet homme qui constitue un clé des événements survenus le 14 janvier 2011 et quelques jours avant cette date.

Ali Seriati : ex-Général de la garde présidentielle
Ali Seriati : ancien chef de la sécurité de Ben Ali

En effet, Ali Seriati a comparu le mardi 26 juillet 2011 devant le juge du Tribunal de Première instance de Tunis pour répondre aux chefs d’inculpation consistant en la complicité de tentative de sortie illégale de devises du territoire et la fabrication de faux passeports.

Notons que selon le procès verbal du 6éme bureau d’instruction du Tribunal de Première instance de Tunis, Ali ben Mohamed Seriati comparait en état de liberté. Toutefois, Ali Seriati est arrêté depuis le 14 janvier à la caserne d’El Aouina pour d’autres affaires.

Ali Seriati avait eu libre antenne lors de ses interventions où il évoquait ce qui s’est passé et révélant des faits sans être interrompu par le président de la Chambre, M. Faouzi Jebali, même si, des fois, les propos de l’accusé étaient hors sujet et allaient au-delà des questions de la Cour.

Il a indiqué que le président déchu, lui a demandé, vers midi, de préparer des passeports pour Houssem Trabelsi et sa famille suite à la destruction de leur domicile par un incendie. L’ex-général a ordonné l’officier chargé de la cellule des passeports au Palais de Carthage, Lamjed Dabari, de préparer de nouveaux passeports pour le clan. En même temps, Ali Seriati a nié avoir reçu les passeports parce qu’il était occupé par la situation de plus en plus détériorée dans le pays, selon ses propos.

Le 14 janvier, le président m’appelle au téléphone pour me dire de préparer des passeports pour certains de ses proches. J’ai confié la tâche à un préposé de la présidence qui en avait la charge sans m’en occuper directement. Si l’un des documents n’était pas conforme à la réglementation, je n’en assume pas personnellement la responsabilité”, a-t-il expliqué à la cour.

Son avocat Abada Kéfi l’a également innocenté d’avoir remis des devises aux proches de la présidence en se fondant sur les déclarations faites par ces dernier devant le juge d’instruction. Ces derniers avaient déclaré en premier lieu qu’Ali Seriati leur a remis des sommes d’argent (10.000 dinars) avant de se rétracter lors de son confrontation niant même l’avoir connu.

Peu de temps après, l’ancien président, Zine El Abidine Ben Ali, a ordonné son général de préparer l’avion présidentiel, le boeing 737 immatriculé TS-IOO, pour se rendre en Arabie Saoudite pour effectuer les rites de la Omra, en compagnie de son épouse, Leila Trabelsi, sa fille Halima, son fiancé Mehdi Bel Gaïed, son fils, Mohamed et deux de ses accompagnatrices.

Ali Seriati a avoué qu’il a eu l’information que des membres de la famille Trabelsi ont été arrêtés à l’aéroport Tunis-Carthage, d’où le changement de cap vers l’aéroport militaire d’El Aouina tout en changeant en même temps la piste de décollage pour éviter toute tentative de tirs contre l’avion. Les membres de la famille Trabelsi ont donc été arrêtés bien avant que Ben Ali ait quitté le pays.

Mitraillette Steyr
Mitraillette Steyr

La série des révélations et explications continuent quand l’ancien chef de la sécurité du président déchu a avoué une opération de parachutage d’une unité de Commandos autour du Palais de Carthage et un vol d’armes de la caserne de Menzel Bourguiba, dont des mitraillettes Steyr (prononcées Shtayer).

L’ancien chef de la sécurité du président déchu a déclaré qu’il ne faisait que suivre les ordres de son supérieur hiérarchique, en l’occurrence, Zine El Abidine Ben Ali précisant qu’il répondait à ses engagement avec son employeur et à ce que son poste lui dictait de faire pour assurer la sécurité de l’ancien président.

Il a avoué par ailleurs qu’il s’attendait à un vide constitutionnel, une déclaration que Ridha Grira, ancien ministre de la Défense avait déjà confirmé selon ses révélations le 8 mars 2011 où il a précisé qu’Ali Seriati lui a téléphoné en lui demandant une meilleure efficacité de l’armée tunisienne pour remettre de l’ordre et instaurer la sécurité dans le pays ajoutant que l’armée doit démontrer plus d’efficacité, dans le cas contraire, il est possible qu’il n’y aura aucun président pour la Tunisie le lendemain (faisant allusion au vendredi 14 janvier, ndlr).

Décidé de partir avec l’ancien président en Arabie Saoudite, Ali Seriati a changé d’avis pour rester en Tunisie avant d’être arrêté par des officiers militaires…

Ma mission s’est terminée ce moment-là, à 17h45 exactement, quand l’avion a décollé et que j’ai été arrêté aussitôt”, a-t-il plaidé.

Quant à son avocat, il a plaidé l’innocence de son client précisant que “même dans le gros dossier qui est aux mains de la justice militaire, les choses commencent à s’éclaircir et vous allez être surpris le moment venu. Je ne peux pas en dire plus car l’instruction qui est à un stade avancé se poursuit encore”, a déclaré Me Adaba Kéfi à un journaliste de l’AP.

Auteur de l’article : Ghaith J.

Manager Général du portail Tixup.com et directeur de la publication, passionné par les nouvelles médias, je prends part à l'aventure Tixup depuis la naissance du site.

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