Bientôt deux ans après le coup d’Etat, les progrès sont trop lents au Mali
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PARIS, France, 5 février 2014/African Press Organization (APO)/ -- Tandis que la démocratie renait dans le pays, le Mali risque de compromettre ses chances de mettre fin à la corruption et d'éradiquer les abus de pouvoir, deux ans après le coup d'Etat de 2012.


La population malienne a besoin de voir des changements significatifs quant à la manière de gouverner le pays - dont une distribution de l'aide au développement plus juste, selon un nouveau rapport publié aujourd'hui. Le gouvernement malien et les donateurs vont se rencontrer à la conférence de Bruxelles le 5 février afin de discuter de l'avenir du pays.


L'ONG internationale Oxfam et plusieurs de ses partenaires de la société civile malienne ont ainsi cosigné un rapport intitulé « Ce qu'il reste à faire : 4 priorités pour une meilleure gouvernance au Mali ». Il indique que les donateurs doivent s'assurer que la relation entre le gouvernement malien et les citoyens soit renforcée et plus transparente, équitable, juste et inclusive.


Selon Mohamed L. Coulibaly, Directeur Pays pour Oxfam au Mali, « Le Mali est à la croisée des chemins. Les décideurs qui se retrouvent à Bruxelles aujourd'hui doivent placer la justice, la réconciliation, la participation citoyenne et le développement équitable au centre de leurs discussions. Depuis longtemps, la société civile a œuvré dans ce sens, et nous sommes également prêt à travailler avec le gouvernement ».


En 2013, les donateurs présents à la conférence de Bruxelles s'étaient engagés à verser 3,2 milliards d'euros pour le développement et la reconstruction au Mali. Cependant, le montant exact des fonds transférés au Mali demeure difficile à évaluer, notamment à cause de la complexité des engagements. Certains donateurs avaient annoncé des enveloppes pour la région, d'autres ont comptabilisé des projets initiés bien avant la crise, d'autres encore ont affiché une contribution majoritairement composée de prêts, d'autres enfin ont mobilisé de véritable enveloppes additionnelles sous forme de dons pour répondre à la nouvelle situation du Mali. Si bien que l'on peut s'interroger sur le montant d'aide réellement disponible pour la stabilisation et reconstruction du pays, en particulier pour la France.


Les fonds reçus ont contribué à soutenir le processus électoral et quelques efforts de reconstruction. Cependant, beaucoup reste à faire pour assurer la restauration d'un ordre démocratique, d'une bonne gouvernance et mettre fin à la corruption.


Les organisations de la société civile maliennes et Oxfam veulent que ces promesses d'engagements soient soumises à un véritable suivi, conformément au standard de l'Initiative Internationale pour la Transparence de l'Aide (IITA). La France vient de mettre en place un tel outil, il est important qu'un site multi-bailleurs au standard IITA soit mis en place dès à présent afin de recenser l'ensemble des projets et des flux d'aide internationaux, contrôlant les décaissements et assurant le suivi des résultats.


« La paix et la stabilité dépendent de la justice et de la réconciliation. Avant même le début du conflit, les femmes et les hommes en situation de pauvreté n'avaient que peu accès à la justice en dehors de la capitale Bamako. Les donateurs et le gouvernement du Mali sont responsables de la transition vers la paix assurant l'accès à la justice pour tous, y compris les victimes d'exactions », déclare Ibrahima Koreissi, coordinateur national de l'association Deme So.


Le Mali compte seulement près de 270 avocats sur une population de 15 millions d'habitants et seulement quatre femmes dans un gouvernement de 34 ministres et une Commission pour la Vérité, la Justice et la Réconciliation qui n'est pas encore en état de marche. Les donateurs et l'Etat malien doivent s'engager vers le renforcement d'une justice plus efficace et à augmenter la participation des femmes au sein du processus politique.


Pour Bintou Samaké, Présidente de WILDAF-Mali : « Les femmes maliennes doivent être équitablement représentées dans les prises de décisions, en commençant au niveau du gouvernement. Seulement 1 % des maires au Mali sont des femmes. L'Union européenne a généreusement soutenu les élections présidentielles et législatives, il est important que les candidatures des femmes aux élections municipales d'avril soient spécifiquement soutenues par l'UE et les autres donateurs ».


« La situation au Nord du Mali demeure fragile. Les donateurs ne doivent pas oublier que plus de 800 000 personnes ont besoin d'une aide alimentaire immédiate en raison du conflit, de faibles récoltes et de pluies insuffisantes. Le Mali a besoin d'une réponse globale à ces nombreux défis auxquels il fait face», ajoute Mohamed L. Coulibaly

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