Mali / Quai d’Orsay – Déclarations du porte-parole

PARIS, France, 5 juin 2013/African Press Organization (APO)/ — Quai d’Orsay – Déclarations du porte-parole

Q – M. Coulibaly a fait des déclarations hier pour dénoncer une épuration raciale à Kidal et a demandé le soutien de la France pour que l’armée malienne puisse s’y déployer. Je voulais avoir votre réaction.

R – Nous avons réagi dès hier :

– d’abord pour condamner les violences et les arrestations arbitraires à Kidal et pour demander la libération des personnes arrêtées. Certaines décisions de libération sont intervenues. Il faut donc, pour l’ensemble des personnes retenues sans justification, poursuivre dans ce sens ;

– par ailleurs, la priorité, c’est le processus politique et notamment l’organisation des élections dont le premier tour est prévu le 28 juillet. Comme nous n’avons cessé de le dire, ces élections doivent être organisées sur l’ensemble du territoire sans exception – et donc à Kidal – afin de permettre la plus large participation des Maliens. C’est cette large participation sur l’ensemble du territoire qui donnera une pleine légitimité à ceux qui seront élus. Il ne peut y avoir deux Mali, deux armées ou deux drapeaux au Mali.

– un processus de dialogue et de réconciliation est en cours. Il faut maintenant des autorités légitimes issues d’élections pour le conduire à son terme. Ce processus a commencé et progresse avec les entités présentes à Kidal, notamment grâce à une médiation conduite par M. Dramé, que la France soutient. C’est par ce dialogue que nous atteindrons le rétablissement de l’intégrité du Mali. La réconciliation nationale implique non seulement le MNLA, les touaregs mais aussi d’autres communautés – dont certaines ont été visées par les violences que je mentionnais.

Q – Il y a des communautés, comme vous le dites, qui ont été particulièrement visées…

R – Si vous relisez la déclaration que nous avons faite hier, nous avons condamné ces violences et ces arrestations fondées sur la couleur de peau. Ce sont des comportements inacceptables qui vont contre le processus entamé depuis plusieurs semaines, avec la désignation des membres de la commission nationale de dialogue et de réconciliation et le début de la médiation conduite par M. Dramé.

Q – Les élections peuvent-elles se tenir sans le retour de l’armée malienne à Kidal ?

R – Notre position est que ces élections doivent se tenir sur tout le territoire. Au-delà des élections, on ne peut pas concevoir le territoire malien sans rétablissement de l’autorité de l’Etat partout.

Ce qu’il faut faire aujourd’hui c’est discuter des modalités d’organisation du scrutin partout, y compris à Kidal. Il revient aux Maliens de les définir. C’est tout l’objet de cette médiation ouverte entre les différentes parties sous l’autorité de M. Dramé.

Un certain nombre de solutions sont aujourd’hui envisagées pour inscrire le MNLA dans ce processus de réconciliation nationale. Il prendra bien évidemment du temps, parce que ce sont des années d’affrontement qu’il faut surmonter.

Auteur de l’article : Agence-Presse

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