Berkshire Hathaway : +5 550 000 % en patientant

Un enfant revend du chewing-gum avec une marge. Le geste paraît banal. Le résultat change une vie. Warren Buffett commence ainsi. À six ans, il comprend déjà une règle simple : acheter moins cher, revendre un peu plus cher, recommencer. Nous tenons là une leçon d’histoire économique, concrète et durable.

Naître dans le krach forge un regard

Omaha, 1930. Warren Buffett naît au lendemain du krach de 1929. Son père, courtier, perd beaucoup. L’ambiance marque les esprits. L’argent ne rassure pas, il se mérite et se gère. Très tôt, l’enfant compte, note, calcule. À six ans, il revend des chewing-gums. Puis des bouteilles de Coca-Cola, achetées en gros et revendues à la marge. Le commerce précède la Bourse.

À huit ans, il lit les livres boursiers de son père. À dix ans, il découvre Wall Street lors d’un voyage à New York. Les chiffres deviennent familiers. Les graphiques intriguent. À onze ans, il passe à l’action.

11 ans, une action, une erreur, une règle de vie

Buffett achète trois actions Cities Service à 38,25 dollars. Le cours baisse à 27 dollars. Il panique. Il vend trop tôt. Le titre dépasse ensuite 200 dollars. Le choc reste vif. La leçon aussi : la patience rapporte plus que la précipitation. Nous retrouvons ici un fil rouge de toute sa carrière.

« La Bourse transfère l’argent des impatients vers les patients. »

Cette phrase résume une expérience vécue très tôt.

Adolescent, déjà entrepreneur méthodique

À quatorze ans, Buffett livre des journaux à Washington. Il revend des balles de golf. Il déclare 592,50 dollars de revenus en 1944. Il déduit même ses frais de bicyclette. Le fisc n’effraie pas, il s’anticipe (Archives fiscales, 1944).

Il comprend surtout la force des intérêts composés. Réinvestir. Encore. Toujours. En 1947, il accumule environ 1 000 dollars et les place dans une petite ferme. Le loyer tombe. Régulier. Visible. À dix-sept ans, ses flippers installés chez des coiffeurs rapportent 50 dollars par semaine. Son patrimoine atteint déjà 5 000 dollars.

  • Des revenus concrets
  • Des coûts maîtrisés
  • Un réinvestissement systématique

Nous observons une logique d’artisan, pas de joueur.

Columbia : la rencontre décisive avec Benjamin Graham

En 1950, la fortune de Buffett atteint 12 500 dollars. Il étudie à Columbia et rencontre Benjamin Graham, auteur de L’Investisseur intelligent. Graham enseigne une idée simple : la valeur intrinsèque. Une action représente une part réelle d’entreprise. Le prix peut mentir. La valeur finit par parler.

Buffett adopte deux règles claires :

  1. Ne jamais perdre d’argent.
  2. Ne jamais oublier la règle numéro un.

Il découvre aussi Geico. Il achète 350 actions en 1951. Ce choix prépare une prise de contrôle future (Source : biographies et archives Berkshire Hathaway).

Omaha, 1956 : gérer pour durer

De retour à Omaha, il fonde sa société de gestion. Il a vingt-cinq ans. Sa fortune atteint 174 000 dollars. Il optimise la fiscalité. Il traque les entreprises sous-valorisées, les fameux « mégots de cigare » de Graham. Une dernière bouffée, un dernier profit.

En 1959, il rencontre Charlie Munger. Le duo fonctionne. Munger questionne. Il simplifie. Il pousse Buffett vers des entreprises de qualité, pas seulement bon marché. Leur partenariat durera jusqu’en 2023 (Source : entretiens, documentaires financiers).

Berkshire Hathaway : d’un textile moribond à un empire financier

En 1962, Buffett rachète Berkshire Hathaway, une société textile en déclin. Il détourne l’outil. Il transforme la structure en holding d’investissement. Le textile décline. Les flux financiers montent. La discipline reste.

Il investit dans des modèles simples et durables :

  • Gillette
  • Coca-Cola
  • Disney
  • American Express

Des marques fortes. Des positions dominantes. Des revenus récurrents. Pas de mode. Pas de paris exotiques.

Frugalité privée, rigueur publique

Buffett vit toujours dans la maison achetée 31 500 dollars en 1958. Ce choix parle. L’argent sert à investir, pas à impressionner. La méthode mise sur la constance et le temps.

Résultat : en 2025, une action Berkshire Hathaway de classe A dépasse 750 000 dollars. Le rendement cumulé atteint 5 550 000 % depuis les débuts (Source : Bloomberg). Le chiffre frappe. Le processus explique.

Une sagesse contre la spéculation

Buffett aime raconter une histoire. Un prospecteur apprend qu’une rumeur d’or noir circule en enfer. Il préfère y descendre. Mauvais calcul. L’anecdote fait sourire. Elle rappelle un danger : suivre la foule coûte cher. La rumeur ruine plus que l’erreur documentée.

Nous pouvons retenir trois principes applicables aujourd’hui :

  • Comprendre avant d’acheter
  • Attendre avant de vendre
  • Réinvestir sans relâche

Warren Buffett n’invente rien. Il applique. Encore. Longtemps. L’histoire économique adore ce genre de trajectoire. Nous aussi.

Sources : biographie par Hélène Constanty, Benjamin Graham, Bloomberg, archives fiscales, documentaires Berkshire Hathaway.


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