Buffett : 6 Md$ de dividendes, 0 versé, +10 000 %

Un chèque qui n’arrive jamais, et pourtant une fortune qui grossit. Voilà le paradoxe Buffett. Warren Buffett encaisse plus de 6 milliards $ de dividendes par an, mais Berkshire Hathaway ne verse pas un centime à ses propres actionnaires depuis 1967. Buffett parle même d’une erreur passée. Les chiffres racontent une autre histoire. Les investisseurs restés fidèles affichent aujourd’hui +10 000 % de performance cumulée.

Nous avons relu ses cinq dernières lettres annuelles, de 2020 à 2024. Cinq textes sobres. Cinq leçons très concrètes. Elles changent la façon de penser l’investissement en dividendes.

1) L’invisible fortune travaille pendant que vous dormez

Un exemple simple. En 2020, Apple verse 775 millions $ de dividendes à Berkshire. Dans le même temps, Apple génère 5,6 milliards $ de bénéfices attribuables à Berkshire. Apple conserve 4,8 milliards $ pour les réinvestir. Aucun virement bancaire. Pourtant, la valeur progresse.

Buffett appelle cela une richesse invisible. Les bénéfices conservés renforcent l’entreprise. Ils financent :

  • la R&D,
  • les acquisitions,
  • les rachats d’actions.

Harry, investisseur discipliné, préfère Microsoft à un REIT affichant 8 % de rendement. Microsoft verse 1,3 %. Sur cinq ans, l’action grimpe de +180 %. Le REIT plafonne. Bilan : un rendement total trois fois supérieur pour Microsoft. Les dividendes élevés séduisent. Les bénéfices conservés enrichissent souvent davantage.

Leçon claire : un euro réinvesti avec intelligence vaut parfois plus qu’un euro encaissé.

2) Coca‑Cola montre la puissance du temps

En 1988, Berkshire achète Coca‑Cola pour 1,3 milliard $. En 1994, le dividende annuel atteint 75 millions $. Le rendement sur coût affiche 5,7 %. Rien d’extravagant.

En 2022, le même investissement génère 704 millions $ par an. Le rendement sur le coût initial grimpe à 54 %. La valeur de la participation frôle 25 milliards $ (Source : lettres annuelles Berkshire Hathaway).

Harry reproduit la logique avec Johnson & Johnson en 2015. Rendement initial : 2,8 %. Onze hausses de dividendes plus tard, il encaisse 5,4 % sur son prix d’achat. Rendement total : +147 %. Les placements garantis n’ont jamais suivi l’inflation.

Leçon claire : la croissance régulière du dividende bat les rendements élevés au départ.

3) Les rachats d’actions versent un dividende caché

En 2021, Berkshire consacre 27 milliards $ au rachat de ses propres actions. Aucun chèque. Aucun impôt immédiat. Chaque action restante représente une part plus grande des bénéfices.

Apple illustre parfaitement le mécanisme. Quand Apple rachète 5 % de ses actions, la part de Berkshire passe mécaniquement de 5,4 % à 5,55 %. Zéro investissement supplémentaire.

AutoZone pousse la logique à l’extrême. L’entreprise a racheté 85 % de ses titres en 15 ans. Résultat : chaque action capte aujourd’hui trois fois plus de bénéfices qu’au départ (Source : rapports AutoZone, CNBC).

Leçon claire : les rachats efficaces accélèrent la capitalisation sans fiscalité immédiate.

4) La forteresse protège quand tout tremble

Berkshire conserve environ 160 milliards $ de liquidités. Buffett place ce trésor en bons du Trésor américain autour de 5 %. Cette réserve rassure. Elle offre surtout de l’agilité.

Buffett répète une phrase simple :

« Ne jamais risquer ce dont nous avons besoin pour ce dont nous n’avons pas besoin. »

En 2020, les valeurs à fort rendement chutent de 40 %. Beaucoup coupent leurs dividendes. Harry, plus prévoyant, garde 20 % de liquidités. Il rachète des entreprises solides à moitié prix.

Leçon claire : la flexibilité financière surpasse la chasse au rendement immédiat.

5) La concentration crée la richesse

En 2024, 75 % du portefeuille de Berkshire repose sur cinq titres :

  • Apple,
  • Bank of America,
  • Coca‑Cola,
  • American Express,
  • Chevron.

Buffett résume sa pensée sans détour : la concentration crée la richesse, la diversification la protège.

Harry suit le principe. Il limite son portefeuille à 8 entreprises qu’il comprend vraiment. Sur vingt ans, il bat le S&P 500 de 4 points par an. Écart concret : 300 000 $ deviennent 650 000 $.

Berkshire ouvre aussi le jeu à l’international. Cinq sociétés japonaises génèrent désormais plus de 800 millions $ par an. Des « dividend growers » sous‑valorisés. Harry regarde désormais certaines aristocrates européennes, souvent deux fois moins chères que leurs équivalents américains (Source : lettres Berkshire, Financial Times).

Penser comme un propriétaire change tout

Buffett ne rejette pas le dividende. Il rejette la paresse intellectuelle.

  • La valeur avant le rendement.
  • La croissance avant l’habitude.
  • La patience avant le confort.

Un investisseur propriétaire accepte les dividendes invisibles. Il choisit des entreprises qui réinvestissent bien. Il garde des liquidités. Il se concentre sur ses meilleures idées.

Pas de recette magique. Juste du bon sens appliqué avec constance. Buffett le pratique depuis des décennies. Les chiffres parlent.


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