Un jeune ingénieur français s’installe à Lisbonne. Premier salaire. Zéro impôt la première année. Ce détail change tout.
Quand nous parlons croissance économique, nous pensons souvent innovation, exportations, tourisme. Le Portugal ajoute un autre levier. La fiscalité. Et il l’assume.
Depuis plusieurs mois, Lisbonne avance à contre-courant. Là où beaucoup de pays européens augmentent la pression fiscale, le Portugal baisse les taux, cible les actifs et mise sur le temps long. Une stratégie déjà testée. Et déjà payante.
2014 : une crise sévère, un choix à rebours
Retour en arrière. 2014. La dette publique atteint 128 % du PIB. Le pays dépend du FMI, de l’Union européenne et de la BCE. La solution classique existe. Augmenter les impôts. Le Portugal choisit l’inverse.
Lisbonne baisse les prélèvements. Elle soutient l’activité. Elle accepte un risque budgétaire. Dix ans plus tard, le résultat parle.
- Dette publique : environ 94 % du PIB
- Économie stabilisée
- Emploi redressé
(Sources : FMI, Commission européenne, Banque centrale européenne)
Ce précédent sert de boussole au nouveau gouvernement.
Un cap politique clair et assumé
Le gouvernement de centre droit dirigé par Luís Montenegro, avec Marcelo Rebelo de Sousa à la présidence, poursuit cette trajectoire. Moins d’impôts. Plus d’attractivité. Plus de croissance.
Nous parlons d’une politique cohérente. Pas d’un coup isolé. Une série de mesures fiscales pensées ensemble.
Impôt sur les sociétés : une baisse continue
Un restaurateur à Porto, une startup à Braga, une filiale étrangère à Lisbonne. Même logique fiscale.
L’IRC, l’impôt sur les sociétés, baisse progressivement :
- 21 % auparavant
- 20 % depuis le 1er janvier 2025
- Objectif : 17 % d’ici 2028
Les PME vont plus loin :
- 16 % sur les 50 000 € premiers euros de bénéfices
- 15 % prévu en 2026
Certaines régions, comme Madère, conservent des taux plus bas. Un détail pour certains. Un élément décisif pour un entrepreneur.
Impôt sur le revenu : un allègement ciblé
Un salarié qualifié regarde toujours sa feuille de paie nette. Le Portugal l’a compris.
L’IRS, l’impôt sur le revenu, baisse légèrement sur presque toutes les tranches. Environ 0,5 point. Une exception subsiste. Les hauts revenus restent imposés jusqu’à 48 %.
Le message reste lisible. Soutenir la classe active. Préserver l’équilibre budgétaire.
Jeunes actifs : le dispositif qui change la donne
Un développeur de 28 ans hésite entre Berlin et Lisbonne. Le calcul devient simple.
Les moins de 35 ans, Portugais ou étrangers, bénéficient d’un régime inédit :
- 100 % d’exonération la 1re année
- 75 % de réduction de la 2e à la 4e année
- 50 % de la 5e à la 7e année
- 25 % de la 8e à la 10e année
Avant, ce régime s’arrêtait à 30 ans et durait 5 ans. Aujourd’hui, il s’étend et s’ouvre.
Il couvre :
- Salaires
- Revenus indépendants
L’objectif reste clair. Retenir les talents locaux. Attirer des profils qualifiés étrangers.
IFICI Plus : le successeur du régime NHR
Beaucoup d’expatriés parlent encore du NHR. Il a disparu en 2024. Il laisse place à l’IFICI Plus.
Ce régime cible les professionnels hautement qualifiés.
Ses principes :
- Flat tax de 20 % sur les revenus du travail pendant 10 ans
- Quasi-exonération sur les revenus étrangers
Sont concernés :
- Salaires étrangers
- Dividendes
- Loyers
- Plus-values
Sont exclus :
- Pensions
- Revenus issus de juridictions blacklistées
Point souvent mal compris. Les revenus de sociétés offshore gérées depuis le Portugal ne sont pas des revenus étrangers. Les autorités le rappellent régulièrement.
Pourquoi cette stratégie peut fonctionner
Nous pouvons résumer en trois objectifs.
- Renforcer la compétitivité fiscale au sein de l’Union européenne
- Stabiliser la démographie économique en retenant les jeunes
- Attirer capitaux et entrepreneurs internationaux
Le pari reste risqué. À court terme, les recettes fiscales peuvent baisser. Si la croissance ne suit pas, la pression revient.
Mais l’exemple de 2014 existe. Cette politique a déjà produit de l’activité et de l’emploi (Sources : FMI, UE, BCE).
Un hub européen en construction
Sécurité. Coût de la vie encore modéré. Climat stable. Fiscalité lisible.
Le Portugal coche plusieurs cases. Il assume une trajectoire libérale. Il privilégie la croissance plutôt que la consolidation immédiate.
Le succès dépendra d’un facteur simple. La réponse des investisseurs et des entrepreneurs étrangers.
À ce stade, le signal envoyé reste clair. Lisbonne ouvre la porte. À nous d’analyser, de comparer et d’agir avec méthode.
Analyse inspirée des communications officielles du gouvernement portugais, des données FMI, UE, BCE, et des travaux d’Émile OS, juriste et web entrepreneur, relayés via le groupe Expat Entrepreneur.
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