Chômage diplômés : 17 % en Chine, 5,3 % aux États‑Unis, et après ?

Un CV impeccable. Un master en poche. Des candidatures en série. Et pourtant, rien ne bouge. Voilà le genre de situation que nous voyons chaque semaine. Nous le vivons aussi parfois, de près, avec nos proches.

Le constat dérange. Le marché de l’emploi des jeunes diplômés traverse une zone de turbulences mondiale. Les chiffres le montrent. Ils ne racontent pas toute l’histoire. Nous allons la décortiquer. Calmement. Concrètement.

Des chiffres qui piquent, partout dans le monde

Nous commençons par les faits. Ils ancrent le débat.

  • États‑Unis : 5,3 % de chômage chez les récents diplômés, contre 4,2 % pour l’ensemble des actifs (Source : Federal Reserve Bank of St Louis).
  • Australie : les offres dédiées aux diplômés reculent depuis plusieurs années (Source : Australian Bureau of Statistics).
  • Royaume‑Uni : plus d’un diplômé sur deux jugé « inemployable » par certains recruteurs (Source : British Chambers of Commerce).
  • Chine : 17 % de chômage chez les 16‑24 ans (Source : Bureau national des statistiques chinois).

Les jeunes diplômés arrivent plus nombreux. Les postes d’entrée disparaissent ou restent gelés. L’écart se creuse.

L’IA coupe l’échelle… surtout au premier barreau

Un service client automatisé, voilà le genre d’impact que nous voyons déjà. Avant, un junior répondait. Aujourd’hui, un agent conversationnel filtre.

Goldman Sachs évoque 300 millions de postes menacés par l’automatisation (Source : Goldman Sachs). Anthropic va plus loin. La moitié des emplois tertiaires de niveau débutant pourrait disparaître en cinq ans (Source : Anthropic Research).

Dans les faits :

  • des entreprises tech stoppent le recrutement de juniors,
  • les diplômés en informatique et finance sur‑représentent les demandeurs d’emploi,
  • les tâches répétitives et analytiques basculent vers des outils IA.

Un détail change la lecture. 55 % des entreprises regrettent certaines substitutions humains‑IA (Source : Étude MIT Sloan). Les limites existent. La qualité baisse. La supervision humaine revient, surtout en Europe, où la loi l’impose pour les systèmes à risque (Source : Commission européenne).

Le gel économique bloque tout

Un recrutement gelé, voilà l’image juste. Les entreprises embauchent peu. Elles licencient plus. Elles attendent.

Les tensions commerciales, la hausse des droits de douane et la réduction des dépenses publiques américaines nourrissent cette prudence (Source : Deutsche Bank Research).

Harvard le résume bien. Les jeunes actifs représentent un pari long terme. Les entreprises coupent d’abord là (Source : Harvard Business School).

  • 6,6 % de chômage chez les diplômés américains, hors pandémie, un sommet sur dix ans.
  • baisse des embauches à un plus bas décennal,
  • +47 % de licenciements.

Même les diplômés d’écoles de commerce reconnues peinent à signer un premier contrat. Nous le voyons dans les réseaux alumni.

Télétravail rare, concurrence maximale

Un poste à distance ouvert sur LinkedIn, voilà un aimant. Il concentre les attentes.

  • 20 % des offres restent hybrides ou à distance.
  • 60 % des candidatures s’y concentrent (Source : LinkedIn Economic Graph).

Les salariés en poste restent. La mobilité ralentit. L’ascenseur social marque l’arrêt.

Autre signal clair. Changer d’emploi ne rapporte presque plus. +0,2 % en 2025, contre +7,7 % en 2023 (Source : ADP Research). L’effet d’entonnoir s’installe. Les entrants attendent.

Tous les métiers ne tombent pas au même rythme

Un technicien de maintenance, voilà un profil recherché. Une infirmière aussi. Un ingénieur terrain également.

Les secteurs plus résistants à l’IA :

  • métiers manuels qualifiés,
  • santé et soin,
  • ingénierie physique,
  • maintenance et exploitation.

Les plus exposés :

  • écriture et contenu,
  • vente standardisée,
  • finance d’analyse,
  • création graphique,
  • développement informatique générique.

Le « university wage premium » recule aux États‑Unis, au Royaume‑Uni et au Canada. Seuls 22 % des Américains jugent leur diplôme rentable (Source : Pew Research Center).

Quand la culture du diplôme se fissure

Un faux bureau loué pour « aller travailler », voilà ce que l’excédent de diplômés produit en Chine (Source : médias locaux, Caixin). Le symbole frappe.

Les inscriptions universitaires baissent. Les jeunes bifurquent. Métiers techniques. Formations courtes. Création d’activité.

Entre 18 et 24 ans, les jeunes Américains forment le groupe entrepreneurial le plus dynamique (Source : Kauffman Foundation).

En parallèle, l’automatisation physique avance :

  • 750 000 robots dans les entrepôts Amazon (Source : Amazon Reports),
  • 200 000 courses hebdomadaires pour les taxis Waymo,
  • robots cuisiniers, robots techniciens, déjà en service.

Ce que nous conseillons, concrètement

Apprendre à piloter l’IA, voilà le vrai sujet. Pas à la subir.

  • ajouter des compétences IA applicatives à son métier,
  • viser des rôles hybrides, humains et techniques,
  • investir les métiers matériels et relationnels,
  • tester une activité en parallèle, grâce aux outils numériques.

Le futur du travail sera fragmenté. Moins linéaire. Plus exigeant. Nous gardons pourtant un atout décisif. L’adaptabilité. Les jeunes savent apprendre vite. Saisissons‑la.

Un marché tendu ne ferme pas les chemins. Il oblige à en ouvrir d’autres.


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