Une université qui grimpe dans le classement mondial, cela change tout. Pour un doctorant. Pour un enseignant‑chercheur. Pour une direction d’école. Et, au fond, pour l’image d’un pays.
La France envoie un message clair. Elle reste un pôle d’excellence universitaire. Le classement de Shanghai en apporte une preuve concrète.
Le classement de Shanghai, un thermomètre imparfait mais utile
Dix universités dominent le haut du tableau. Huit américaines. Deux britanniques. Rien de nouveau sous le soleil.
Ce qui compte, c’est la suite.
- Paris‑Saclay : 12ᵉ mondiale
- Paris Sciences & Lettres : 33ᵉ
Deux établissements français dans le top 35 mondial. Le signal mérite notre attention (Source : classement de Shanghai 2024).
Nous connaissons les limites de ce classement. Il favorise les publications, les prix Nobel, la taille critique. Il ignore souvent la pédagogie ou l’impact territorial.
Mais soyons concrets. C’est ce classement que lisent les chercheurs internationaux. Ce sont ces chiffres que regardent les fondations, les partenaires industriels, les talents mobiles.
Sur ce terrain‑là, la France avance.
Paris‑Saclay : une ambition ancienne, structurée, assumée
Un campus géant ne sort pas de terre par hasard.
Dès les années 1950, l’État installe sur le plateau de Saclay :
- le CEA,
- l’École Centrale,
- Supélec,
- l’Institut d’Optique,
- l’ENSTA.
La logique existe déjà. Recherche. Formation. Industrie.
Au début des années 2000, le discours change. Le mot “attractivité” s’impose. Les talents partent. Les classements s’internationalisent.
Le projet Paris‑Saclay devient alors une réponse politique structurée. En 2010, l’État classe le territoire en Opération d’Intérêt National. Le projet prend une autre dimension (Source : Ministère de l’Enseignement supérieur).
Des chiffres concrets, pas des slogans
Paris‑Saclay, ce sont des ordres de grandeur rarement rappelés :
- 27 communes concernées, en Essonne et dans les Yvelines
- 562 hectares aménagés
- 1,7 million de m² construits
- 5 à 6 milliards d’euros d’investissement global
Dans le détail :
- 1,5 Md€ pour les bâtiments universitaires
- 500 M€ financés par les établissements
- Près de 3 Md€ pour les transports
Le financement mobilise l’État, la Région Île‑de‑France, l’Union européenne via le FEDER et des acteurs privés. Le foncier, lui, a été cédé gratuitement à l’EPA Paris‑Saclay (Source : EPA Paris‑Saclay).
Ici, rien d’improvisé. Tout s’inscrit dans une stratégie long terme.
Un campus pensé comme un écosystème académique
Un laboratoire performant ne vit pas isolé. Paris‑Saclay l’a compris.
Le site fédère :
- Polytechnique
- HEC
- AgroParisTech
- CentraleSupélec
- ENS Paris‑Saclay
À leurs côtés, des groupes industriels bien identifiés :
- Thales
- Danone
- Horiba
Objectif affiché : rapprocher la recherche fondamentale, la formation et l’innovation industrielle. Sur le terrain, cela donne des laboratoires communs, des chaires industrielles, des doctorats co‑financés.
Un exemple simple. Un doctorant traverse désormais la rue entre son labo et une équipe R&D privée. Le temps gagné devient un avantage.
Infrastructures : le temps long de l’aménagement
Un campus sans accès perd toute crédibilité.
Paris‑Saclay mise sur :
- la ligne 18 du Grand Paris Express, attendue pour 2030
- le tram 12
Côté énergie, le campus avance aussi :
- réseau géothermique sur cinq îlots
- 200 000 m² concernés
- 62 % d’énergie renouvelable
En 2025, le DataIA‑Cluster, financé par France 2030, renforce la spécialisation en intelligence artificielle (Source : France 2030).
Nous parlons ici d’outils concrets, pas de promesses.
Excellence académique… et critiques assumées
Un projet de cette ampleur ne fait pas l’unanimité. Et c’est sain d’en parler.
Les critiques portent sur plusieurs points :
- l’artificialisation progressive de terres agricoles
- la ligne 18 jugée surdimensionnée
- une gouvernance perçue comme favorable aux grandes écoles
Le Snesup évoque une dérive élitiste. Certains chercheurs parlent d’un “effet Shanghai”, centré sur la visibilité plus que sur la continuité scientifique.
Les collectivités locales dénoncent parfois une conduite trop verticale de l’État.
Ces critiques méritent d’être entendues. Elles rappellent une réalité simple. L’excellence académique n’efface pas les enjeux sociaux et environnementaux.
Ce que Paris‑Saclay dit de l’université française
Paris‑Saclay n’est ni une vitrine parfaite, ni un échec.
C’est un laboratoire à ciel ouvert. Il montre ce que la France sait encore faire :
- investir massivement dans la connaissance
- structurer des pôles de rang mondial
- attirer étudiants et chercheurs internationaux
Il rappelle aussi nos dilemmes : centralisation, équilibre territorial, sobriété foncière.
Mais un fait demeure. Une université française classée 12ᵉ mondiale change la perception globale. Pour nos partenaires. Pour nos étudiants. Pour les générations qui arrivent.
La France reste crédible. Et cela compte.
Sources : classement de Shanghai 2024 ; Ministère de l’Enseignement supérieur ; EPA Paris‑Saclay ; France 2030.
En savoir plus sur Tixup.com
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
