L’ATI lutte contre la censure avec une Première dans la région du Moyen-Orient

Il y a quelques mois, elle contribuait à la censure imposée par Zine El Abidine Ben Ali, aujourd’hui, elle lutte contre la censure, c’est bien l’Agence Tunisienne d’Internet.

Première à avoir appris la leçon, contrairement aux médias qui ont raté l’occasion pour se libérer, l’Agence Tunisienne d’Internet milite désormais contre la censure et elle le dit ouvertement à chaque fois que l’occasion se présente. Après un recours en justice pour empêcher la censure des sites à caractères pornographiques, l’ATI a mis en ligne un nouveau site hébergeant le premier site-miroir Tor (tor.mirror.tn) dans la région du Moyent-Orient et c’est Moez Chakchouk, PDG de l’agence, qui l’a annoncé sur son compte twitter le vendredi 7 octobre 2011.

Tweet de Moez Chakchouk
Tweet de Moez Chakchouk
Moez Chakchouk
Moez Chakchouk

Tor, pour The Onion Router (routage en oignon) faisant allusion aux couches de l’oignon, permet de transmettre de manière anonyme des paquets TCP, ainsi tout échange internet basé sur TCP peut être rendu anonyme en utilisant le logiciel distribué gratuitement.

Autre que l’aspect anonyme, le logiciel permet de contourner la censure et c’était le cas en Tunisie avant le 14 janvier. Désormais, l’Agence Tunisienne d’Internet contribue à sa manière pour déjouer la censure dans les pays arabes telle que la Syrie où la population se sert d’Internet pour faire valoir sa voix et transmettre les scènes des massacres de Bashar Al Assad.

Sur le plan national, l’ATI vient d’offrir à ceux souhaitant accéder aux sites à caractère pornographique une solution pour déjouer la censure imposée par la justice. L’ATI a viré Ammar404 il y a quelques mois, aujourd’hui, elle ajoute des barrières pour bloquer son retour.

Tor, Kézako ?

C’est un système délibéré de tunnels et de nœuds virtuels qui cachent l’origine et la destination des données et donc l’identité des clients. En 2001, des développeurs de M.I.T. (Institut de technologie du Massachusetts), et du Laboratoire de recherches navales US l’ont présenté à une conférence sur la sécurité en Californie. Ce projet a obtenu le soutien financier du gouvernement américain et de différents donateurs.

TorEn 2010, le logiciel a été téléchargé plus de 36 millions de fois, et actuellement des milliers de volontaires anonymes – pour bon nombre d’entre eux des clients de Tor – sont des relais de transmissions aveugles de données dans presque tous les pays du monde.

Ce système est utilisé par les particuliers, les journalistes, les défenseurs de droits humains, les ONG, les militaires. Le nombre et la diversité de ces utilisateurs et donc la multiplication des codes sources le rende impénétrable. Tor pose les fondations pour un large éventail d’applications afin de permettre aux sociétés et individus de partager des informations sur les réseaux publics sans compromettre leur vie privée

Ainsi une transmission Tor pourrait aujourd’hui partir d’Addis-Abeba, passé par Dallas, Stockholm pour arriver finalement à Johannesburg. (Il y a quelques 2000 relais Tor disponibles à tout moment à travers le globe). La seule information que peut découvrir le réceptionnaire de Johannesburg est que les données viennent de Tor mais ne sont liés à aucune identité de réseau quelle qu’elle soit. Ce qui signifie que vous recevez les données envoyées et rien de plus, contrairement à toutes les informations qui arrivent sur l’expéditeur avec les données envoyées dans une transmission classique sans ce système.

En bref, Tor peut être utilisé pour:

  • Empêcher quiconque de repérer votre localisation ou vos habitudes de navigation,
  • Déjouer la censure et accéder à n’importe quel site.

Il est utile pour les navigateurs web, les clients de messagerie instantannée, les connexions à distance, etc., il est libre et open source pour Windows, Mac, GNU/Linux/Unix, et Android. Bref, Tor est l’ennemi de toute personne cherchant la censure.

Auteur de l’article : Ghaith J.

Manager Général du portail Tixup.com et directeur de la publication, passionné par les nouvelles médias, je prends part à l'aventure Tixup depuis la naissance du site.

Laisser un commentaire