La destruction de l’arsenal chimique syrien en mer “menace l’environnement”

La destruction d’une partie des armes chimiques de l’arsenal de la Syrie à bord d’un navire américain porte “plusieurs risques” d’autant plus que cette procédure n’a jamais été testée en mer, a mis en garde un gardien français de l’environnement.

Des experts internationaux se sont réunis en Russie et ont approuvé vendredi un plan pour expédier les armes chimiques les plus dangereuses de la Syrie à l’Italie pour leur destruction à bord du navire américain spécialement équipé cap Ray.

Le plan sans précédent, qui fait partie d’un accord américano-russe pour pousser la Syrie à abandonner son arsenal chimique de plus de 1000 tonnes, verra les frégates danoises et norvégiennes escorter les cargos chargés avec les agents mortels du port syrien de Lattaquié dans les eaux internationales au large de la côte de l’Italie.

Mais, selon l’ONG française Robin des Bois, le plan de cession des armes chimiques en mer est «aventureux» et constitue une menace grave pour l’équipage et l’environnement.

Dans un rapport publié jeudi, Robin des Bois a précisé que la simple coque de Cape Ray et l’absence de cloisons transversales comme indicateurs montre que le navire n’a pas été adapté à accomplir une telle tâche critique.

“Les ajustements faits pour le Cap-Ray ne peuvent pas garantir que le navire pourra resté à flot sans subir de graves dommages”, comme une fuite d’eau ou un feu, affirme l’ONG, qui est spécialisée dans les navires de surveillance et de l’impact de la démolition des navires sur l’environnement.

“Système pilote conçu pour une utilisation de masse”

Le cap Ray qui est long de 200 mètres, est équipé d’un système nouvellement développé déployable sur le terrain hydrolyse (FDHS), qui a été conçu par le Pentagone pour neutraliser les composants utilisés dans les armes chimiques.

Selon Robin des Bois, le (FDHS) est un “système de pilote (…) conçu pour une utilisation de masse”, qui n’a jamais été testée auparavant dans une telle vaste opération.

“Pour tenter une première utilisation d’une telle ampleur à bord d’un navire, cela est considéré une opération aventureuse qui comporte de multiples risques pour l’équipage, les techniciens et l’environnement”, a ajouté l’ONG.

L’ONU a fixé une date cible du 30 juin 2014 pour détruire tout l’arsenal d’armes chimiques du président syrien Bachar al-Assad.

Les matériaux les plus dangereux, dont beaucoup sont encore dispersés sur plusieurs sites dans le pays déchiré par la guerre, doivent quitté le territoire syrien à la fin de 2013.

Le plan de destruction des armes chimique syriennes
Le plan de destruction des armes chimique syriennes

Auteur de l’article : Donia

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