Moncef Marzouki

Tunisie: Un consensus pour éviter une “guerre civile”

Le président tunisien Moncef Marzouki a jugé samedi que son pays était engagé sur la voie de la démocratie et du consensus entre islamistes et modernistes pour éviter une guerre civile, à deux jours du deuxième anniversaire de la révolution.

Moncef Marzouki
Moncef Marzouki

Nous avons réalisé deux choses absolument extraordinaires, la première c’est une révolution mentale, aujourd’hui les Tunisiens sont des citoyens, les Tunisiens n’ont plus peur de la police, n’ont plus peur du pouvoir, a dit M. Marzouki, dans un entretien à la chaîne d’information France 24.

Il y a eu une révolution politique, les Tunisiens ont la liberté d’expression, la liberté d’association, la liberté de manifester, a ajouté ce laïc de centre-gauche, allié aux islamistes d’Ennahdha qui dirigent le gouvernement.

Notant l’existence de deux camps, les conservateurs et les modernistes, M. Marzouki a mis en garde contre la tentation de les opposer.

Soit vous les opposez, et vous avez une guerre civile, froide ou chaude (…), soit vous avez l’autre attitude, celle qui a été la mienne. Il faut faire de cette Tunisie complexe une réalité unique, il faut amener les gens à discuter entre eux, a-t-il dit.

Nous sommes en train d’atteindre un consensus qui est unique dans le monde arabe, malgré le retard pris dans la rédaction de la Constitution, a-t-il souligné, affirmant ne pas regretter le choix stratégique d’une alliance avec des islamistes.

Or une partie de la société civile accuse régulièrement Ennahdha d’orchestrer une islamisation rampante du pays, en s’en prenant à la liberté d’expression et aux droits des femmes notamment.

M. Marzouki a souligné que ces atteintes restaient des exceptions et que le gouvernement était sans cesse critiqué dans les médias.

C’est le gouvernement qui n’a pas le droit à la parole, c’est une presse totalement débridée qui s’en donne à coeur joie, a-t-il martelé.

Au sujet des droits des femmes, M. Marzouki a voulu délivrer un message rassurant : Je dis aux femmes de ce pays, ne vous inquiétez pas (…) car notre mode de vie est le mode de vie choisi par l’écrasante majorité des Tunisiens et il ne changera pas.

Enfin, interrogé sur la multiplication des conflits sociaux violents, le président a relevé qu’il faudra du temps pour que l’économie se relève.

Les frustrations sont légitimes parce qu’en effet on n’avance pas assez vite, on a pris beaucoup de retard parce que les débats politiques ont occulté l’urgence des réformes économiques et sociales, a-t-il dit.

Mais il n’y a pas de bouton magique (…) il faut du temps, a-t-il déclaré alors que la misère était au cœur des causes de la révolution qui a chassé le 14 janvier 2011 Zine El Abidine Ben Ali du pouvoir.

Président Moncef Marzouki
Moncef Marzouki

Auteur de l’article : La Rédaction

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