Aïd el Id’ha: 250 dinars le mouton de 12 kg

A trois jours de la fête de l’Aïd El Idha, les tunisiens hésitent encore, entre acheter immédiatement avant qu’il ne soit trop tard ou attendre la fin de la flambée des prix des bêtes de sacrifice.

Dans l’une des rahbas de l’Ariana, le ciel était brumeux avec une apparition timide du soleil, la terre boueuse et couverte de fourrage mouillé éparpillé un peu partout, alors que les moutons étaient gardés dans des enclos auprès des tentes qu’occupent des agriculteurs venus des différents Gouvernorats.

Aïd Al Idh'ha - MoutonLe ciel était brumeux avec une apparition timide du soleil, la terre boueuse et couverte de fourrage mouillé éparpillé un peu partout, alors que les moutons étaient gardés dans des enclos auprès des tentes qu’occupent des agriculteurs venus des différents Gouvernorats. La vingtaine de clients présents négociaient quant à eux, âprement les prix.

Comme chaque année, le prix du mouton est la première préoccupation des tunisiens, soucieux en ces jours précédant l’Aid, de ménager leur bourse. Toutefois, la question de l’augmentation des prix du mouton, ne dérange pas seulement le client, mais aussi l’agriculteur qui est dans la plupart des cas entrain de justifier la hausse des prix.

Dans ce contexte, M.Fethi Afni, agriculteur de Nasrallah (gouvernorat de Kairouan) a imputé la hausse des prix des moutons à l’augmentation des prix de l’orge (entre 500 et 700 millimes contre 350 l’année dernière), du son (passant de 16 dinars les 50kg à 25 dinars) et du foin (10 dinars contre 6 dinars).

Les prix, a-t-il ajouté, « oscillent généralement entre 250 dinars (12kg) et 450 (25kg) », relevant, à ce sujet, la présence accrue d’intrus (guechara). Il a également mis l’accent sur les difficultés de déplacement vers la capitale que certains agriculteurs rencontrent.

«Louer un camion, aujourd’hui, n’a pas été une sinécure, les transporteurs ayant peur des conditions climatiques (pluies intenses, inondations). En effet, nous avons trouvé la route coupée au niveau d’Enfidha et avons été obligés d’emprunter l’autoroute, ce qui a causé plus de charges, lesquelles se répercutent habituellement sur les prix ».

M.Sami Goudouar, un commerçant entrain de négocier le prix d’un mouton, a exprimé son «étonnement » concernant l’augmentation « rapide » des prix, ajoutant qu’il préfère attendre une éventuelle dernière baisse le jour précédant l’Aid.

M.Abdlamjed Hkiri, technicien, a lui aussi mis l’accent sur la hausse des prix, ajoutant que le prix d’un mouton « acceptable » doit être de l’ordre de 350 dinars. Il préfère néanmoins s’adresser à l’un des points de vente organisés qui adoptent la vente au kg et non « au coup d’œil ».

« Cette fête est importante dans notre religion mais il faut acheter à un prix raisonnable, chacun selon ses moyens et sans recours à l’endettement », a-t-il ajouté. M.Anouar Ayari, agriculteur de Makthar (Centre-Ouest) affirme qu’il est depuis 11 jours à la « rahba », précisant que les conditions de séjour sont difficiles en raison des fortes pluies enregistrées au cours des derniers jours, pendant lesquels « nous n’avons pas trouvé d’endroit pour mettre à l’abri les moutons qui sont heureusement vaccinés ».

M.Amor Dlioui, Agriculteur de Siliana (Centre) confirme ces propos. En effet, a-t-il dit, les vaccins dont les prix varient entre 1,2 dinar et 5 dinars ainsi que les honoraires des vétérinaires, outre la hausse des prix des fourrages « représentent des charges et des dépenses » pour l’agriculteur dont il doit tenir compte lors de la fixation du prix.

M.Ahmed, Taxiste a indiqué qu’au cours de ces dix dernières années, il s’est contenté d’acheter pour l’Aid quelques kilogrammes de viande ovine. Volet officiel, le ministère du Commerce avait déclaré que «la hausse des prix, par rapport à l’année dernière, ne dépasserait pas 100 millimes/kg et les prix moyens n’excéderaient pas 265 dinars pour le mouton de 45 kg, et 295 dinars pour le bélier de 50 kg ».

Toutefois, M.Hassouna Jemaoui, directeur des Enquêtes économiques au ministère du Commerce et du tourisme a précisé, lors d’une conférence de presse, tenue samedi 29 octobre, que les prix des moutons de sacrifice restent libres et soumis à la loi de l’offre et de la demande ». Entre le devoir du sacrifice, son budget limité, les prix annoncés par le ministère du commerce et du tourisme et les prix proposés par les agriculteurs, le tunisien demeure entre le marteau et l’enclume.

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Aïd el Id'ha: 250 dinars le mouton de 12 kg

Auteur de l’article : Ghaith J.

Manager Général du portail Tixup.com et directeur de la publication, passionné par les nouvelles médias, je prends part à l'aventure Tixup depuis la naissance du site.

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