Évolution du commerce électronique en Tunisie

Dans ce premier dossier publié sur tixup.com, nous nous intéressons au commerce électronique en Tunisie, son évolution et la lancée qu’il a pris au cours de ces dernières années.

Article publié par Mr Khabbab Hadhri, ingénieur principal chargé du commerce électronique au sein du ministère du commerce et de l’artisanat en Tunisie.

Dans son dernier rapport 2007-2008 sur l’économie de l’information : Science et technologie pour le développement, le nouveau paradigme des TIC, la CNUCED a analysé la contribution annuelle et potentielle des TIC à la création et à la diffusion des connaissances.
Selon le rapport il est établi que pour faire face à la mondialisation, le progrès et l’innovation technologique sont les moteurs à long terme de la croissance économique.

Bien que la dénomination des TIC reste assez généraliste, ces technologies ont un impact significatif sur l’ensemble de l’économie. Elles influent directement sur la configuration des activités économiques et modifient radicalement l’approche de la technologie pour le développement. Dans ce contexte de mutation globale de l’environnement de l’entreprise, ce nouveau paradigme peut se matérialiser à plusieurs niveaux et dont notamment la création de nouveaux services. Ces services de commerce électronique, d’administration électronique,…peuvent contribuer à une plus grande efficacité économique et ce en respectant les impératifs de sécurité et en instaurant les mécanismes de confiance dans les transactions électroniques.

Afin de développer le secteur des technologies de la communication et du commerce électronique, la Tunisie a mis sur pied une stratégie nationale s’articulant autour des grands axes suivants:

  1. Infrastructures des communications
  2. Cadre juridique et réglementaire
  3. Certification électronique et sécurité informatique
  4. Paiement électronique
  5. Ressources humaines, développement des compétences et culture du savoir
  6. Coopération internationale et partenariats

La stratégie adoptée vise à:

  • Mieux diffuser la culture numérique auprès des acteurs économiques ;
  • Soutenir et encourager l’adoption du commerce électronique par les petites et moyennes entreprises (pépinières d’entreprises, parcs technologiques, mécanismes de financement et de soutien,…);
  • Accroître la compétitivité et la performance des entreprises en maîtrisant les outils clés d’une intégration réussie dans l’économie numérique.

Cette stratégie a permis d’atteindre des résultats appréciables et ce notamment à travers une adoption soutenue des nouvelles technologies, une diffusion constante de la culture numérique et la mise en place d’une plate forme de communication efficace

Évolution du commerce électronique en Tunisie : Vers un modèle d’affaires de plus en plus viable

Les derniers indicateurs du commerce électronique en Tunisie (Décembre 2007) attestent de la bonne santé du secteur. En effet, à la fin de l’année 2007, on compte prés de 360 sites web transactionnels contre 299 sites en 2006.

Le nombre de site internet toute catégorie confondue est passé de 4 930 sites Web en 2006 à 5 796 en 2007, soit 866 sites de plus en un an, soit une moyenne de 2 sites par jour tandis que le nombre de transactions de paiements électroniques effectuées à travers les deux solutions soit le SPS-SMT (le serveur de Paiement Sécurisé de la Société Monétique de Tunisie) et l’e-Dinar de la Poste Tunisienne a augmenté significativement pour atteindre les 655 723 transactions contre 447 807 soit une croissance de l’ordre de 46.43%.

Le volume global des transactions électroniques quant à lui a dépassé les 28 millions de dinars contre 22 millions de dinars en 2006 soit une croissance de 27%.

Cette croissance est due essentiellement à l’évolution des revenus sur le marché national des services en ligne tel que les inscriptions universitaires à distance, le paiement des factures sur le site fatouranet (9000 factures payées en 2007 contre 2400 en 2006), les abonnements de transport (444 abonnements en ligne),…et d’autres galeries commerciales virtuelles totalisant les 23 millions de dinars contre prés de 16 millions de dinars en 2006 soit un saut de 40,26%.

La poste Tunisienne un modèle de réussite

La Poste tunisienne continue à afficher des résultats très encourageants puisque le nombre de porteurs de cartes e-dinars est passé de 305 000 porteurs en 2006 à 474 000 porteurs en 2007 ce qui a généré prés de 569 000 transactions de paiements électroniques contre 408 000 transactions pour l’année 2006 au complet.

La SMT sur sa lancée

La société monétique poursuit sa croisière réussie avec le SPS-SMT puisque le volume global des transactions électroniques nationales a atteint les 2,6 millions de dinars contre 1,3 millions de dinars en 2006 soit une augmentation de 100%.

Il est à noter également, selon l’APTBEF, que le nombre de carte bancaires en circulation a atteint les 1,3 millions de cartes de paiements et ce dans l’objectif d’associer chaque compte bancaire d’une carte de paiement d’ici 2009.

Évolution de la communauté Internet

Le nombre d’utilisateurs Internet a atteint les 1 722 190 utilisateurs en 2007 contre 1 294 910 utilisateurs en 2006 soit une progression de 25%.
Dans la même lancée, et selon les prévisions, la communauté Internet devrait au moins doubler pour l’année 2008 et ce essentiellement grâce à :

  • La disponibilité des lignes ADSL (114 166 abonnements en 2007 contre 45 543 abonnements en 2006);
  • L’amélioration de la bande passante internationale avec une capacité actuelle de 5 Gbs  contre 3,1 Gbs en 2006;
  • La disponibilité des cartes de paiements.

Le commerce électronique, outil de développement durable

A l’heure de la flambée du prix du pétrole dont le baril a dépassé la barre des 139$, les bénéfices du commerce électronique viennent de se renforcer par un argument de poids : Le commerce électronique est plus écologique que le commerce traditionnel.

En effet, d’après une étude réalisée par la société suisse Estia-Via en Décembre 2007 (société spécialisée dans les études d’environnement) sur les impacts environnementaux liés au service de livraisons à domicile de Télémarket (un des pionniers du commerce électronique en France.), il en ressort que le commerce électronique profite du contexte de la spéculation sur les marchés des hydrocarbures en réduisant aussi bien la facture énergétiques des opérateurs économiques que celle des consommateurs.

L’étude s’est appuyé sur une comparaison selon différentes hypothèses (sur les trajets, les emballages,etc..), les impacts environnementaux du commerce électronique (donc de la livraison à domicile où la camionnette de Télémarket livre plusieurs clients dans sa tournée) par rapport au commerce traditionnel, où chaque consommateur doit se déplacer avec sa voiture pour aller faire ses achats aux points de ventes physiques.

Il en ressort d’après l’étude que :

  1. Faire ses courses en ligne chez Telemarket permet de diviser par 8,3 les émissions de CO2.
  2. Le magasin virtuel Telemarket évitera en 2007 l’émission de 6 583 tonnes de CO2.
    A titre indicatif, il faudrait 449 hectares de forêt pour absorber ce CO2. Chaque commande à Télémarket évite donc l’émission de 14,7 kilos de CO2 (il faut 10 m2 de forêt pour absorber en une année une quantité de carbone équivalente).
  3. Le modèle de Telemarket (et, toutes choses égales par ailleurs, probablement le modèle de l’ensemble du commerce électronique) permet de réduire de 76% la consommation de ressources non renouvelables.
  4. Telemarket permettra d’économiser l’équivalent énergétique de 32,3 millions de kilowattheures (soit l’équivalent des besoins annuels en éclairage de 234.000 habitants – la population du Gouvernorat de Siliana par exemple. Ces 32,3 millions équivalent à 3 255 000 litres de gasoil (soit 190 litres/client/an)
  5. Télémarket évitera à chacun de ses clients de parcourir 1.283 km avec sa voiture et de perdre ainsi 24,6 heures au volant.

Selon les conclusions de l’étude, le commerce électronique est intimement lié à la rationalisation de la consommation énergétique et serait de ce fait un vecteur important du développement de l’environnement durable.

Il est à noter que depuis la conférence de Rio en 1992, la Tunisie a exprimé une grande volonté d’intégrer les préoccupations de l’environnement dans le processus de développement économique et social afin d’atteindre les objectifs du développement durable.

D’ailleurs la consultation nationale sur le transport multimodal, organisée sous le haut patronage du Président de la République, vient de confirmer cette donne puisque le transport est non seulement un facteur clés dans l’économie mais aussi un des grands consommateurs d’énergie avec prés de 30% de la consommation nationale.

Le transport multimodal intervient dans tous les maillons de la chaîne en mutualisant les ressources et en optimisant les structures de coût en apportant plus d’efficience en termes de délais et de fiabilité.

Cette amélioration de l’efficacité est un objectif dont l’atteinte ne peut que bénéficier à l’ensemble de l’économie tunisienne. Ce qui permettra à terme d’être moins vulnérable face aux variations des prix et aux fluctuations de la facture énergétique renforçant ainsi la compétitivité et la rentabilité des entreprises.

Dans ce sens les TIC, et plus particulièrement le commerce électronique, constituent des solutions d’affaires plus ‘‘propres’’ permettant d’accomplir les objectifs d’utilisation rationnelle de l’énergie vers un modèle de développement plus économe en énergie et plus riche en emploi.

Auteur de l’article : Khabbab

Chargé du dossier du développement du commerce électronique chez Ministère du commerce et de l'artisanat. Spécialiste du commerce électronique et du référencement naturel.

3 commentaires sur “Évolution du commerce électronique en Tunisie

    Nadouch Sabri

    (23 octobre 2010 - 1:03)

    mon specialite commerce electonique safee 4 ans mais rien de concours rien de d emploi dans ce domaine

    Nadouch Sabri

    (23 octobre 2010 - 1:06)

    j aime bien ce domaine w netmana ne5dem fi entreprise de commerce electronque

    15h15

    (22 novembre 2011 - 15:42)

    ce rapport ne donne aucune information sur la qualité et le niveau du savoir faire des entreprises opérants dans le domaine du eCommerce ou plus général l’eBusiness. Ou se situe notre savoir faire ? et ou avons-nous encore des lacunes à compbler? pourquoi l’entrepreneur réclame encore qu’il n’y a pas assez de marge pour couvrir le coput des transactions ?

Laisser un commentaire