La loi anti-niqab entre en vigueur aujourd’hui

C’est aujourd’hui le 11 avril, alors que le débat sur la laïcité marque un peu le pas, qu’entre en vigueur la loi anti-niqab adoptée en octobre 2010. La France fait exception dans le monde. Aux Etats-Unis, la question est jugée anecdotique. Aux Pays-Bas et en Belgique, le voile intégral fait polémique, mais aucun pays européen n’est allé jusqu’à légiférer. La France est ainsi le premier pays d’Europe à interdire totalement le port du niqab.

La loi porte officiellement sur l’interdiction de se dissimuler le visage dans l’espace public. Elle vise le voile intégral porté par les femmes musulmanes et qui s’applique après trois ans de débats et de controverses.

Le rapport de la mission parlementaire qui a précédé le vote de la loi avait évaluait à 1900 le nombre de femmes portant le niqab en France. Un phénomène circonscrit aux zones très urbanisées, vivent surtout en Ile-de-France. Selon le ministère de l’Intérieur, il s’agit aux deux tiers de femmes de nationalité française, à 90% âgées de moins de 40 ans. Et, pour un quart d’entre elles, de converties.

Les contrevenants seront passibles d’une amende de 150 euros et d’un stage de citoyenneté. L’amende pourra monter à 30 000 euros pour toute personne obligeant une femme à se voiler et pourra même aller à un an de prison dans ce cas.

Michèle Alliot-Marie a affirmé en préambule aux débats des sénateurs «Vivre la République à visage découvert est une question de dignité et d’égalité». La ministre de la Justice a rappelé que la France était un pays à forte tradition laïque où les signes religieux ostentatoires sont proscrits dans des lieux aussi symboliques que les écoles.
«Nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage», précise le premier des sept articles qui composent la loi. Il prend soin de ne pas viser expressément le seul voile intégral mais plus largement «la dissimulation du visage», par exemple avec des cagoules dans les manifestations.
«L’espace public» est un terme générique qui signifie d’abord la voie publique, mais aussi «les lieux affectés au public» (les écoles, les hôpitaux, les mairies, les préfectures) ainsi que «les lieux ouverts au public» tels que les magasins, les moyens de transport collectifs, les parcs, les cafés et les restaurants
 Le texte vise clairement le voile intégral que portent certaines femmes musulmanes : la burqa, telle qu’elle se voit surtout en Afghanistan, et surtout le niqab, qui ne laisse apparaître qu’une fente pour les yeux. Foulards, écharpes, lunettes et chapeaux sont acceptés, tant qu’ils n’empêchent pas d’identifier le visage.

Les femmes portant le niqab ou la burka n’auront le droit de se promener dans la rue qu’aux abords immédiats des lieux de culte. Elles ont toutefois, interdiction de conduire.

Auteur de l’article : Emna B.

Responsable marketing et ergonomie, passionnée par l'écriture et les nouvelles technologie de l'information et de la communication, j'ai rejoint le navire Tixup.com au cours de sa deuxième année.

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