[Partie2] Un fait réel, l’énigme troublante de l’obéissance

Stanley MilgramL’expérience de Milgram, de son auteur Stanley Milgram, décédé en 1984 à New-York est un des plus importants psychologues américains du XXe siècle. Dans cette expérience il s’agissait d’étudier comment des gens ordinaires réagissent à des ordres donnés à caractère immoraux. Voici les faits : une petite annonce dans un journal à large diffusion vous demande de participer à une expérimentation sur l’apprentissage de la mémoire. Vous êtes accueilli chaleureusement par un technicien en tenue grise qui vous présente un autre volontaire qui a répondu à la même annonce que vous. Le technicien en question vous souligne que vous participerai à une expérience scientifique sérieuse. Il vous explique qu’il s’agit de voir, si les punitions affligées à un autre, contribue à la capacité de l’amélioration l’apprentissage. Pour ajouter plus de piquant, on tire au sort pour déterminer lequel de vous deux ( vous ou l’autre individu) sera le maître ou l’élève.

Le scénario étant pipé d’avance, le tirage au sort aussi faux que le scénario lui-même, vous devenez le maitre et l’autre devient l’élève. Le technicien conduit l’élève derrière une fenêtre vitrée, il attache sous vos yeux l’élève en question sur une chaise semblable à une chaise électrique puis, des électrodes lui sont attachés aux poignets. Ce que le maitre ne voit pas, se sont les lumières de différentes couleurs qui indiquent à cet élève comédien quel est l’intensité du choc électrique qu’il doit subir. L’expérimentateur (le technicien) informe le maitre qu’à chaque erreur de l’élève, vous devez lui infliger un choc électrique.

Étant le maitre, vous prenez place devant un appareillage impressionnant de cadrans, de lumières et de boutons: c’est le laboratoire de générateur de choc électrique. Les éléments essentiels du laboratoire est une rangée d’interrupteurs allant de 15 à 450 volts qui différencient les niveaux des chocs électriques du plus légers aux plus violents et à la limite, un bouton de dépassement qui indique : attention, danger choc sévère !

Le technicien vous informe que votre travail consiste à faire apprendre à l’élève un ensemble de regroupement de mots simples et à les mémoriser. L’élève doit les regrouper dans l’ordre que vous les avez dit, s’il donne une bonne réponse vous passez au regroupement de mots suivant, en cas de faute, le technicien vous demande de lui infliger un petit choc électrique en commençant par les 15 volts. Par la suite, on vous demande d’augmenter le choc d’un cran à toutes les fois qu’il y aura faute.

Au cours de l’expérience, la victime (acteur) émets des cris de douleur de plus en plus forts et vous supplie de le libérer mais l’expérimentateur impitoyable vous ordonne de poursuivre. La question posée est : à quel degré de voltage augmenteriez-vous la puissance du générateur avant de dire à votre l’expérimentateur, ça suffit je n’irai pas plus loin ?

La question fut posée à des professionnels de tout acabit : psychologues, psychiatres, travailleurs ordinaires pour affirmer qu’unanimement jamais ils ne seraient allés jusqu’au bout du plus haut voltage. Pourtant, dans la réalité expérimentale maintes fois répétée, les résultats furent alarmants. En dépit des protestations et de la révolte contre l’expérimentateur, en dépit du stress immense généré par la situation, une importante proportion d’individu continua jusqu’au dernier choc prévu dans une obéissance accomplie et ce, malgré les supplications de l’élève /acteur, malgré la vision de la douleur apparente, malgré les implorations de la victime à être libérée et la dangerosité de la situation. Cette expérience fut menée dans plusieurs universités et maintes fois répétée avec les mêmes résultats.

En parallèle, plus la renommée de l’université organisatrice était importante, plus la proximité de la victime et son maitre était éloignée ou réduite, plus la réaction de soumission était forte en acceptation d’obéissance ou de refus. L’expérience a démontré en premier lieu, que le comportement d’un individu est en relation directe avec les spécificités du caractère de l’individu mais aussi relié aux pressions que cette situation précise fait peser sur ses épaules. (suite 3 : réactions individuelles).

Auteur de l’article : Christina B

se passionne pour l'écriture et la photographie, la femme mystérieuse du site Tixup.com, spécialiste de la santé et de l'éthique.

Laisser un commentaire