Sida : Tabous, comportements à risque

A quand une véritable éducation sexuelle ?

Lutter contre le VIH-SIDA et mieux informer sur cette question est un travail de longue haleine qui implique tous les acteurs de la société.

C’est dans ce cadre que l’Association Tunisienne de Lutte contre les Maladies Sexuellement Transmissibles et le SIDA (ATL-MST-SIDA) lance sa campagne d’affichage pour mieux sensibiliser toutes les franges de la société sur les modes de protection contre le virus. S’étalant sur six mois, elle sera réalisée avec le soutien du programme commun des Nations Unies sur le VIH-SIDA  (ONUSIDA) et la Direction des Soins de Santé de Base (ministère de la Santé publique). Il s’agit en fait du prolongement de celle lancée en 2008 et impliquant des personnalités tunisiennes et essentiellement des acteurs.

Cette année, des hommes et femmes de médias, des stylistes, des sportifs, des artistes et des acteurs de renommée transmettront le message. L’objectif : prévenir contre les risques du virus et surtout les modes de protection avec un intérêt particulier pour les jeunes et pour les adolescents.

Cette tranche d’âge reste malheureusement l’une des populations la plus vulnérable par rapport au VIH c’est qui a été prouvé par les études réalisées dans ce sens.

En effet, 13, 8 % des adolescents âgés entre 15 et 24 ans et non scolarisés n’ont jamais entendu parler du VIH SIDA et seuls 1,9 % parmi eux ont effectué un teste de dépistage alors qu’ils adoptent des comportements à risque, dont des rapports sexuels non protégés. D’ailleurs, pratiquement le quart de cette population avouent qu’ils ont utilisé le préservatif lors de leur dernier rapport sexuel.

Jeunes ignorants

Le même problème se pose chez les jeunes âgés entre 19 et 29 ans. Leur connaissance en matière des infections sexuellement transmissibles reste insuffisante comme ils ignorent les modes de préventions contre ces infections.

C’est pour cet objectif que la campagne des affiches sera consolidée durant les six prochains mois, où des cartes postales contenant des informations pertinentes sur le virus, ses modes de transmissions et les méthodes préventives seront à la disposition du public. Nous verrons également les posters des acteurs dans des endroits publics. Ils transmettront un message commun « Rejoignez nous dans la riposte au SIDA. Vous aussi, vous êtes concernés par le SIDA ».

Mieux encore la campagne sera réalisée à travers plusieurs moyens. Des affiches et des cartes postales seront distribuées auprès des différents intervenants, gouvernementaux et non gouvernementaux engagés dans la riposte au SIDA. Egalement, le public pourra voir ces affiches dans des zones urbaines et ce durant deux semaines. Elles seront visibles sur des panneaux publicitaires en plus des principales stations de transport en commun (bus, métro, train) et dans les aéroports. L’association est en train d’examiner la possibilité « d’habiller » les bus desservant les lignes du Grand-Tunis de ces affiches. Les technologies nouvelles seront aussi utilisées pour mieux diffuser le message. 130 000 internautes recevront des e-mails dans ce sens. Les jeunes fréquentant les salons de thé, les salles de cinéma, les théâtres ainsi que d’autres endroits publics recevront ces affiches et ces cartes postales.

C’est ainsi que les trois partenaires comptent procéder pour brasser large et sensibiliser davantage. Car toutes les franges de la société sont concernées par la question. L’objectif est d’attirer de plus en plus l’attention du public sur la riposte SIDA, d’améliorer leurs connaissances sur le VIH/SIDA, de les informer sur les moyens et les services de prévention disponible dans notre pays sans oublier la lutte contre la stigmatisation et la discrimination contre les personnes vivant avec le virus.

A signaler que l’épidémie est en train de régresser dans notre pays. Elle va à un rythme décroissant d’une année à l’autre. « Nous n’avons enregistré que 51 cas seulement jusqu’au mois de novembre 2009 », déclare le Dr Faouzi Abid représentant du programme national de lutte contre le SIDA. Cependant, le spécialiste annonce que les jeunes et les femmes restent les plus touchés par les infections sexuellement transmissibles. D’ailleurs, sept jeunes sur dix sont infectés à la suite  d’un rapport sexuel non protégé. Un constat alarmant et inquiétant d’autant plus que cette frange continue à adopter des comportements à risques. Il est temps d’agir de façon plus méthodique et organisée et surtout de briser le tabou autour de l’éducation sexuelle. C’est ainsi que nous pourrons protéger nos futures générations contre ce fléau. Les cas non détectés ou non dépistés sont patents et contribuent à la propagation du virus… silencieusement.

Sana FARHAT, Préservatifs dans les grandes surfaces

Les préservatifs ne sont disponibles que dans les officines. Soucieux de mieux protéger les jeunes contre les IST, le ministère de la Santé publique a publié depuis le 9 janvier 2009 une circulaire cosignée avec le ministère du Commerce et de l’Artisanat pour permettre aux grandes surfaces d’offrir ce produit dans ses rayons. Mais nombreux sont les jeunes qui disent qu’il est difficile de les trouver dans ces espaces. Les deux ministères vont dès lors coordonner davantage avec les professionnels afin de résoudre le problème et surtout de le rendre accessible aux jeunes qui hésitent toujours à l’acquérir en pharmacie.

Auteur de l’article : Emna B.

Responsable marketing et ergonomie, passionnée par l'écriture et les nouvelles technologie de l'information et de la communication, j'ai rejoint le navire Tixup.com au cours de sa deuxième année.

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