[Chronique] Finie l’ère de la méfiance, ensemble pour l’édification

Un certain nombre de mes compatriotes m’ont fait part de leur désarroi devant le score impressionnant obtenu par le Parti Ennahdha aux élections de l’Assemblée constituante. Je voudrais leur dire ici que ces appréhensions, si elles sont compréhensibles, sont toutefois injustifiées.

Mondher Sfar
Mondher Sfar

C’est mon devoir aujourd’hui de dire la vérité à mes compatriotes et leur apporter mon témoignage et ma réflexion en ce moment décisif de notre histoire.

J’ai connu les militants d’Ennahdha durant mes 19 ans d’exil en France, et je peux dire que la Tunisie peut être fière d’eux. Je suis agnostique et j’ai publié deux ouvrages d’histoire et d’anthropologie sur le Coran, et j’affirme que je n’ai trouvé auprès d’eux que respect et compréhension pour ce que j’ai écrit, contrairement aux militants de mon bord ! Le long exil que nous autres avons tous connu ensemble, religieux ou laïques, a été pour nous une chance pour mieux nous connaître, nous rapprocher. Avec le temps nous avons mûri. Nous nous sommes débarrassés des jugements tranchés que nous portions les uns sur les autres, sur nos idées et nos personnes. C’est pour cette raison que nos compatriotes de Tunisie réagissent aujourd’hui avec tant de perplexité et d’appréhension. Ils n’ont pas connu l’expérience que nous avions connue dans l’exil. C’est pourquoi je voudrais les rassurer et leur dire qu’ils seront surpris par ces hommes et ces femmes admirables qui sont la fierté de notre pays.

Mais au-delà de ce considérations, il y a un second motif pour envisager notre avenir avec confiance et optimisme. Ce motif, c’est notre Révolution que nous avons peut-être trop oubliée sur la foulée de ces dernières élections. Eh oui chers frères et compatriotes, notre pays a fait une Révolution et qu’aujourd’hui, grâce au sacrifice de notre jeunesse, nous pouvons dire avec fierté que nous sommes libres et que nous avons redécouvert la solidarité et la fraternité entre nous. Le Tunisien après la 14 janvier ne ressemblera plus jamais à ce que nous étions avant cette date. Alors cessons d’avoir peur de nous-mêmes. Nous allons édifier la vraie Tunisie, celle qu’ont rêvée nos parents qui ont lutté contre le colonialisme, mais que les dictateurs ont ravie à leur peuple.

Cette vraie Tunisie, œuvre du sacrifice de ses enfants, personne au monde ne pourra plus nous la confisquer, parce que nous sommes devenus tous maîtres chez nous, et que la Tunisie est devenue la patrie de tous ceux qui l’aiment, toutes catégories sociales confondues, et avec tous ses courants de pensée. La Tunisie rêvée par nos parents est devenue réalité. Œuvrons tous ensemble pour soigner ses blessures, et la préserver pour les générations futures.

Tunisie: premier maghrébin membre de la Cour pénale internationale
Tunisie: premier maghrébin membre de la Cour pénale internationale

Auteur de l’article : Mondher Sfar

2 commentaires sur “[Chronique] Finie l’ère de la méfiance, ensemble pour l’édification

    al07

    (30 octobre 2011 - 17:40)

    Bienvenue au pays des bisounours !
    «  »J’ai connu les militants d’Ennahdha durant mes 19 ans d’exil en France, et je peux dire que la Tunisie peut être fière d’eux…. » »
    Mieux vaut lire ça qu’être aveugle !
    Après avoir chassé un dictateur,la Tunisie vient d’en accueillir plusieurs…..
    Cherchez l’erreur !

    umm yacin

    (13 janvier 2012 - 19:01)

    La Tunisie qui est maintenant la fiérté du monde Arabo-Islamique …La Tunisie de Mohamed Bouazizi et tant d’autres …la Tunisie d’un lendemain plein d’espoir et de promesses …

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