Tribulations d’une jeune tunisienne, déception et espérance

Actuellement, les gens ne cessent  de manifester afin d’exprimer leur désarroi pour ce qu’ils étaient entrain de subir depuis des années. Des années où le silence les hantait et la déception de ne pouvoir ni porter plainte, ni d’en parler, par crainte de disparaitre ou tout simplement perdre leur unique source de revenue, bien que minime et insuffisante mais vitale pour survivre.

Jeune TunisienneEn  regardant  la télévision, j’étais outré devant tant de cries de détresse et de pauvreté dans ces gens simple,  étaient forcés de vivre depuis des années. Des années durant lesquelles, si on regardait  la télévision ou on lisait les journaux, on ne se rendait pas compte de ce qui se passait réellement à l’ombre. En effet, depuis que j’ai l’âge de lire le journal ou de comprendre ce qui se passait dans le monde, aucun  jour, j’ai lu qu’il y avait des problèmes d’emploi, de finance, d’économie ou autre en Tunisie. Pire encore, depuis des années, je voyais des articles défilaient,  dans lesquels, notre pays se porte bien, qu’on n’arrêtait pas de faire des progrès sur tous les plans même qu’on pouvait se sentir fière d’égaler l’Europe.

J’étais bien jeune quand  je commençais à lire les journaux et bien jeune pour comprendre les âneries de certains articles. Certes, je n’avais pas encore une perception claire de l’économie de notre pays. En effet, à 14ans,  comment pouvait-on être soucieux de l’argent sans avoir sué pour l’avoir, mais par contre, je savais très bien que tout n’allait pas bien, loin de là même.

Comment les choses pouvaient bien aller quand un professeur vous oblige à prendre chez lui des cours particuliers pour bénéficier de bonnes notes ? Comment les choses pouvaient être positives, quand tu travailles sans pouvoir gouter aux gouts sucres de tant d’effort et que d’autres personnes médiocre qui ne fournissaient que l’argent de leur parents, avaient ce que toi tu méritais ? Je commençais à réaliser l’injustice de ce pays, surtout sur le plan de l’éducation, et ça n’a fait qu’empirer au fil du temps.

Au début, je me disais, ce n’est pas grave, l’année du bac ça sera un concours, j’aurais ce que je mérite ce jour là, et tout ce que je fais, c’est pour assurer mon avenir, mais à 16ans, je réalisais que les arguments avec lesquels je berçais mon esprit étaient toutes fausses, c’étaie en 2001 et c’était  l’année où le 25 pour cent fut son apparition, ma sœur passait son bac et son rêve était d’entrer à la faculté de Médecine, elle fut tant d’effort qu’elle réussissait avec une excellente moyenne,  mais Hélas , insuffisante pour réaliser son rêve , tandis que d’autre s, grâce a l’intervention de tel et tel personne ont pu avoir ce  qu’ ils souhaitaient.

Donc, personnellement, je suis arrivé au bac, j’ai réussis en espérant que tout ce que j’ai vu pendant mes années d’études, était derrière moi, et que ma vie commencerait à la faculté. Mais que ma déception fut plus grande, lorsque je réalisais enfin  que le monde universitaire était pire encore. Corruption, connaissance, intervention, cours particuliers, ça résume mes années universitaires, bien que chanceuse d’avoir réussis chaque année et sans l’aide de personne, j’étais exaspérée de voir des personnes peu méritantes réussir mieux que moi. Mais je me rassurais, en me disant, rira bien qui rira le dernier, de toute façon, le monde professionnel fera sa sélection, et lors des entretiens j’assurerais mieux que les autres grâce à ce que j’ai acquis pendant toutes ces années d’études.

Que pourrais je dire à partir de là, j’ai eu mon diplôme, depuis une année je cherche un travail mais en vain , les gens que je connais et qui ont des connaissances ont pu avoir de bon travail avec de bon salaire grâce aux pistons ou des moyens détournés tel que l’argent  , les personnes comme moi , qui espèrent arriver grâce à leur compétence , sont soit encore en chômage , soit travaille dans des centres d’appels ou des sociétés pour un salaire minable qui couvre à peine leur frais de transport  et quelques petites dépenses à coté en plus de l’humiliation grâce à un système esclavagiste.

Certes, je rêve peut être un peu trop ou mes espérances après le 14 janvier 2011 sont irréalisables,  peut être,  j’espère trop et ma chute sera violente, mais malheureusement, c’est ce qui me reste, mes espérances sont mes seules armes qui me permettent de ne pas m’effondre.

Déjà, je m’estime heureuse de pouvoir m’exprimer sans peur, mais aussi j’espère des changements,  de la reconnaissance, chance de pouvoir enfin trouver un poste stable, qui me permettrait de mettre en exergue ma compétence et ma bonne volonté et être payée  en conséquence, de pouvoir enfin voter contrairement à ma mère,  qui a un diplôme universitaire et à l’âge de 54 ans n’a jamais pu le faire car on l’empêchait en lui demandant de faire des demandes en vain. De pouvoir avoir mes oignions politiques et pouvoir critiquer en cas de besoin. Peut être que j’espère un peu trop mais comme on dit, l’espoir fait vivre.

Auteur de l’article : Asma Bou Dabouss

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