Communiqué de la Délégation de l’Union européenne au sujet du rapport de la Cour des comptes concernant l’aide de l’UE en faveur de la gouvernance en RDC

BRUXELLES, Royaume de Belgique, 4 octobre 2013/African Press Organization (APO)/ — Le commissaire européen au développement, Andris Piebalgs, a publié le 1er octobre un communiqué par lequel il se félicite du rapport de la Cour des comptes, publié, au sujet de l’aide de l’UE en faveur de la gouvernance en République démocratique du Congo (RDC). Il constate avec satisfaction que la Cour reconnaît que le travail de la Commission s’inscrit dans le cadre d’une stratégie de coopération pertinente, qui vise à répondre aux principaux besoins du pays.

La coopération au développement en RDC se déroule dans des conditions extrêmement difficiles; la Cour a admis les «obstacles sérieux» auxquels l’Union européenne est confrontée dans ses efforts visant à améliorer la gouvernance dans le pays, difficultés qui doivent entrer en ligne de compte lors de l’évaluation des résultats. Dans ce contexte, le commissaire estime que la coopération de l’UE au développement a des effets positifs sur le secteur de la gouvernance en RDC. M. Piebalgs rappelle qu’en 2003, le pays ne disposait d’aucune administration en ordre de marche et que l’UE et ses partenaires ont dû en grande partie redémarrer de zéro.

Alors que, dans son rapport, la Cour se concentre sur plusieurs projets qui n’en sont qu’à leurs balbutiements, il est prématuré, à ce stade, de tirer des conclusions sur leurs résultats. La Commission a pris bonne note des risques mis en lumière par la Cour.

Aux fins d’illustrer l’impact positif de notre politique de coopération, il est permis de mentionner la réforme de la police nationale congolaise: il y a quelques années, le nombre de policiers recrutés, leur grade ou leurs activités ne faisaient l’objet d’aucun relevé. L’UE a épaulé le pays dans la réalisation d’un recensement national des forces de police et la création d’une base de données, ce qui a permis aux autorités de concevoir une stratégie en matière de ressources humaines, avec à la clé une nette amélioration du fonctionnement global de la police.

Pour ce qui est des résultats attendus, il faut souligner que, dans les domaines de la justice, de la démocratie et de la gouvernance générale, les objectifs doivent être ambitieux, même s’ils en deviennent parfois difficilement réalisables. Si l’on prend les élections par exemple: lorsque l’UE apporte son aide, elle ne peut se satisfaire d’élections partiellement démocratiques. Parallèlement, dans un pays tel que la RDC, l’amélioration de la gouvernance est un processus de très longue haleine. Le travail accompli par l’Union européenne en coopération avec d’autres donateurs et les autorités apporte une contribution majeure à ce processus.

L’accent mis sur l’évaluation des risques dans le rapport de la Cour mérite d’être saluée. Lorsqu’elle planifie ses projets, l’Union européenne procède à une analyse approfondie de la situation, avant de les adapter, autant que faire se peut, à l’évolution des circonstances. Toutefois, les risques ne doivent pas nous décourager d’intervenir, faute de quoi ils deviendraient beaucoup plus grands.

Dans le cadre de ses échanges avec les autorités congolaises, l’UE entretient un dialogue politique et sectoriel étroit, dans lequel la responsabilité réciproque occupe une place importante. Dans le même temps, il convient de garder à l’esprit que l’aide doit être prévisible, a fortiori dans un État fragile. Tout en recherchant le juste équilibre entre dialogue politique et prévisibilité de l’aide, l’Union européenne considère que le recours systématique à la conditionnalité serait inefficace, voire contreproductif. L’union européenne continuera également de s’employer à approfondir le dialogue politique et coordonné de l’UE avec les autorités et la société congolaise ainsi qu’en RDC.

Ce dialogue étroit et régulier prend place à tous les niveaux et à toutes les phases de la programmation. Les programmes sont définis en commun avec le gouvernement congolais. Et ce, conformément à l’accord de Cotonou révisé, dont le Vice-Ministre des affaires délégué vient de déposer les instruments de ratification, et qui prévoit que le Ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des finances, en sa qualité d’Ordonnateur national, coordonne, programme, prépare, présente et instruit les programmes et projets.

Ce fut le cas pour la préparation du Xe FED. Ce sera encore le cas pour le XIe FED. Le programme indicatif national pour la période 2014-2020 est fondé sur le document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP 2) élaboré par le gouvernement congolais. Il prend ainsi pleinement en compte les priorités définies par le gouvernement.

Le choix des domaines d’intervention résulte donc d’un dialogue constant et approfondi avec le Premier Ministre, les ministres et tous les responsables concernés. Ainsi le XIe FED comportera, à la demande expresse du Premier Ministre, une intervention permettant notamment de réaliser un tronçon de 150 km sur la route nationale n°1 entre Tshikapa et Mbuji Mayi.

Un séminaire sera organisé pendant 4 jours à Bruxelles entre le 4 et le 7 novembre, auquel participera le gouvernement congolais et qui permettra de débattre en profondeur des orientations stratégiques pour le développement de la République démocratique du Congo.

La mise en œuvre concrète des programmes est de la responsabilité des différents ministères sectoriels concernés, sous la coordination de la COFED.

La conduite des projets au jour le jour se fait, avec l’ensemble des partenaires concernés dans le cadre des groupes thématiques mis en place par le Ministre du plan et suivi de la mise en œuvre de la révolution de la Modernité, et pour ce qui concerne plus particulièrement les programmes financés par l’Union européenne au sein des comités de pilotage et des comités techniques qui permettent de débattre, sous la responsabilité des ministres concernés, tant des orientations stratégiques que des modalités d’exécution.

Le volume des montants mis à disposition du gouvernement congolais pour la réalisation des différents programmes est communiqué en permanence au ministre du plan et suivi de la mise en œuvre de la modernité grâce à une plateforme dédiée qui lui permet de suivre précisément l’exécution de la programmation.

L’objectif reste bien entendu de définir et de conduire des programmes les mieux adaptés et les plus efficaces au bénéfice de la République démocratique du Congo et de sa population.

L’Union européenne s’y emploiera dans le futur comme elle l’a fait depuis la reprise de la coopération en 2002.

Auteur de l’article : Agence-Presse

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