RCA / Quai d’Orsay – Déclaration du porte-parole

PARIS, France, 27 mars 2013/African Press Organization (APO)/ — Quai d’Orsay – Déclaration du porte-parole

Q – A propos de la Centrafrique, je voudrais votre réaction aux annonces de M. Djotodia, comme quoi il va légiférer par ordonnances, comme quoi il suspend les institutions ?

R – Nous avons fait plusieurs déclarations ce week-end, dans des termes voisins d’ailleurs des déclarations de l’Union africaine, de l’Union européenne et tout dernièrement du Conseil de sécurité. Ce qui est important pour nous maintenant, c’est trois choses essentiellement.

Premièrement, c’est le retour à l’ordre public, Il faut notamment que cessent les pillages à Bangui. Deuxièmement, c’est que soit assurée la protection des civils et des communautés étrangères. Vous savez que nous avons renforcé notre dispositif militaire à Bangui pour assurer la sécurité des ressortissants français et des ressortissants d’autres nationalités pour lesquels nous avons des accords de protection. Cela concerne au total environ 2000 personnes.

Troisièmement, c’est le retour à l’esprit, aux principes de l’accord de Libreville qui, vous vous en souviendrez, a été conclu le 11 janvier dernier sous l’égide de la communauté économique des Etats d’Afrique Centrale. Cet accord est pour nous le cadre de référence. Il comprend notamment des dispositions d’ordre institutionnel, avec la désignation d’un premier ministre, d’un gouvernement d’union nationale et l’organisation d’élections.

Q – Est-ce que vous reconnaissez les nouvelles autorités, est-ce que vous allez traiter avec elles ?

R – Le cadre dans lequel doivent s’organiser nos relations avec la République centrafricaine, c’est encore une fois celui qui a été fixé à Libreville. Il faut y revenir au plus vite et ainsi renouer avec ce qui avait été agréé à l’époque par la RCA sous l’égide de la communauté économique des Etats d’Afrique centrale.

Q – Est-ce que vous considérez M. Djotodia comme un interlocuteur ?

R – Vous me posez la même question et je vous fais la même réponse. Nous avons condamné dans les termes les plus clairs la prise de pouvoir par la force qui est intervenue en RCA ce week-end. Il n’est donc pas question pour nous de reconnaitre cet état de fait. Ce que nous souhaitons, c’est que la RCA revienne dans le cadre accepté par elle, validé par elle en étroite coordination et sous l’égide de la communauté économique des Etats d’Afrique centrale à Libreville. Ce n’est pas que la position de la France. C’est celle de l’ensemble des partenaires de la RCA : CEEAC, UA, UE et Conseil de sécurité.

Q – En ce qui concerne les contacts avec l’Afrique du Sud qui est tout de même fortement impliquée et qui dit qu’elle n’a pas l’intention pour l’instant de se retirer, est-ce qu’il y a un jumelage, une collaboration des opérations de maintien de la paix ou de sécurité avec les Africains du sud et la force française qui est sur place ?

R – Nous avons avec les Sud-Africains, compte-tenu du rôle qu’ils jouent au sein de l’Union africaine et également en RCA, des contacts qui sont quotidiens et à plusieurs niveaux. Le Président de la République s’est par exemple entretenu avec le président Zuma ce week-end. De la même manière, le ministre des affaires étrangères a de son coté des contacts avec son homologue sud-africain.

Pour ce qui concerne les contacts, non pas politiques mais opérationnels sur place, je vous renvoie au ministère de la défense. J’insiste sur le fait que les forces françaises ont pour mission d’assurer la sécurité de nos ressortissants, notamment par l’organisation de patrouilles dans Bangui.

Auteur de l’article : Agence-Presse

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