VERS LA VALIDATION DE DOCUMENTS VISANT A COMBATTRE LES ACTIVITES ILLICITES EN MER DANS LE GOLFE DE GUINEE

ABUJA, Nigeria, 20 mars 2013/African Press Organization (APO)/ — La conférence interministérielle CEDEAO/CEEAC sur la sécurité maritime dans le Golfe de Guinée s’est ouverte ce mardi 19 mars 2013 à Cotonou, au Bénin, avec pour objectif de valider des documents fondamentaux visant à combattre les activités illicites dans le domaine maritime de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale.

Il s’agit d’un protocole d’accord entre la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), d’un code de conduite et d’une déclaration politique sur les activités illicites dans le domaine maritime, qui devront être adoptés par un sommet des chefs d’Etat prévu en avril 2013 à Yaoundé, au Cameroun.

La rencontre ouverte ce mardi dans la capitale économique béninoise regroupe les ministres en charge de la Sécurité, des Affaires étrangères et de la Défense des 25 Etats membres de ces deux communautés économiques régionales (CER). Elle a été précédée et préparée, la veille, par une réunion technique d’experts et s’est déroulée en présence des représentants spéciaux des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre (UNOWA et UNOCA).

Y ont également pris part des dirigeants de la Commission du Golfe de Guinée (CGG), dont le secrétaire exécutif de cette institution, M. Miguel Trovoada,ainsi que les représentants de l’Organisation maritime internationale (OMI), de l’Organisation maritime de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (OMAOC), de l’Union africaine (UA), du Centre d’étude stratégique pour l’Afrique (CESA) etde l’Institut d’étude de sécurité (IES).

Les discours prononcés au cours de la cérémonie d’ouverture ont tous relevé, dans le sillage de celui de M. Trovoada de la CGG, la nécessité ressentie par les 25 pays africains engagés dans cette initiative de mutualiser leurs moyens et leurs efforts afin de mener un combat résolu contre la piraterie maritime et les autres activités illicitescommises en mer dans le Golfe de Guinée.

Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest, M. Said Djinnit, a rappelé comment, dans sa résolution 2039 du 29 février 2012, le Conseil de sécurité préconisait la tenue d’un sommet des chefs d’Etat d’Afrique occidentale et centrale en vue de dégager une stratégie apte à faire face à la piraterie maritime, un phénomène qui menace la paix et la sécurité dans la région, ainsi que la navigation maritime internationale.

Pour sa part, le président de la Commission de la CEDEAO, M. Kadré Désiré Ouédraogo, a cité les différentes étapes franchies jusque-là dans la coopération entre la CEDEAO et la CEEAC, en collaboration avec la CGG, ainsi qu’avec les Nations unies et leurs différents partenaires, parmi lesquels les Etats-Unis d’Amérique à travers leur Commandement pour l’Afrique (Africom), mais aussi l’OMAOC, l’OMI, le CESA et l’IES…

M. Ouédraogo a souligné qu’en reconnaissance de la menace de plus en plus grande que représentent la piraterie et les autres formes de crime maritime organisé dans le Golfe de Guinée, les chefs d’Etat de l’Afrique de l’Ouest, lors de leur 40ème sommet, tenu en février 2012 à Abuja, au Nigéria, ont demandé à la Commission de la CEDEAO d’élaborer un cadre de politique maritime global afin d’orienter les actions et la coopération entre la CEEAC, la CGG et tous les autres acteurs concernés, en vue de relever ce défi.

Conformément à cette directive, la CEDEAO est en train d’élaborer une Stratégie maritime intégrée dont le premier projet a été soumis pour examen, avec le soutien d’Africomet du Centre d’études stratégiques de l’Afrique (CESA), à la réunion d’experts indépendants qui s’est tenue du 20 au 22 février 2013 à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

«La stratégie maritime intégrée de la CEDEAO s’inspire de la structure existant dans la région de la CEEAC, qui a été élaborée il y a quelques années lorsque la question de la piraterie a pris de l’ampleur en Afrique centrale. Une synergie entre la CEDEAO et la CEEAC s’avère donc nécessaire en ce sens qu’elle permettra de renforcer et de mettre les ressources des deux régions en commun», a dit M. Ouédraogo.

Comme en écho à cette conviction, le ministre d’Etat chargé des Affaires présidentielles du Bénin, M. Issifou Kogui N’Douro, a rappelé les nombreuses rencontres qui ont permis aux Etats de l’Afrique de l’Ouest de combler leur retard par rapport à ceux de l’Afrique centrale, une mise à niveau qui permettra aux deux communautés de s’engager plus pleinement dans cette œuvre désormais commune.

«Il ne s’agira pas d’empiéter sur la souveraineté de l’un quelconque de nos Etats, mais de la préserver, de la défendre et même de la promouvoir à travers une coopération dynamique pour faire de nos espaces maritimes des zones d’opportunités et de richesses», a ajouté M. Kogui N’douro, dont le pays a pris une part déterminante dans le lancement de l’initiative.

En effet,c’est le président béninois Thomas Boni Yayi qui, vu les pertes de recettes douanières de l’ordre de 81 millions de dollars US subies en 2011 par le Bénin du fait des attaques de pirates au large de ses côtes, a lancé un appel à la communauté internationale.Il obtint une réponse diligente des Nations unies qui dépêcha, du 7 au 24 novembre 2011, une mission d’évaluation dans le Golfe de Guinée, laquelle est à la base de la résolution onusienne ayant donné naissance au processus.

La tendance à la hausse régulièrement observée en matière d’activités de piraterie en Afrique depuis le début de la crise en Somalie, au cours des deux dernières décennies, s’est considérablement inversée ces derniers temps. L’OMI a classé les côtes ouest-africaines parmi les six zones les plus dangereuses du monde en termes de piraterie avec 58 attaques perpétrées au cours des dix premiers mois de 2011. Le nombre record d’attaques a été enregistré au large des côtes béninoises, passant de 1 seule en 2010 à 44 en 2011.

La Commission du Golfe de Guinée comprend l’Angola, le Cameroun, le Congo, la RD Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Nigéria, Sao Tomé-et-Principe, tandis que la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale regroupe dix membres : Angola, Burundi, Cameroun, Centrafrique, Congo, RD Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Sao Tomé-et-Principe, Tchad.

Les Etats membres de la CEDEAO sont le Bénin, le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Libéria, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo.

Auteur de l’article : Agence-Presse

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