LE MALI ET D’AUTRES FOYERS DE TENSION EN AFRIQUE AU CŒUR DU 20EME SOMMET L’UNION AFRICAINE

ABUJA, Nigeria, 29 janvier 2013/African Press Organization (APO)/ — Le président sortant de l’Union africaine (UA), le chef de l’Etat béninois Boni Yayi, a déploré la réaction tardive des dirigeants africains, et même de la communauté internationale, à venir militairement en aide au Mali, menacé par des groupes islamistes.

Dans son dernier discours en qualité de président de l’UA à l’ouverture, le dimanche 27 janvier 2013 à Addis-Abeba, en Ethiopie, du 20ème sommet de l’organisation panafricaine, M. Boni Yayi a regretté que l’Afrique n’ait pas réagi à temps pour défendre l’un de ses Etats.

«Comment comprendre que face au péril qui menace jusqu’à ses propres fondements, l’Afrique, bien que disposant des moyens d’organiser sa propre défense, a continué d’attendre ?» s’est-il interrogé, saluant au passage l’intervention militaire française.

«Je salue la France qui a pris les devants pour faire ce que nous aurions dû faire face au terrorisme qui menace le Mali, notre sous-région, notre continent et le monde»,a déclaré le président sortant de l’organisation continentale.

Outre la crise malienne, ce sommet devra également se pencher sur d’autres foyers de tension en Afrique, notamment la situation politique et sécuritaire en Guinée-Bissau, le conflit latent entre le Soudan et le Soudan du Sud, la récente crise en Centrafrique et la rébellion armée du Mouvement M23 en RD Congo.

Evoquant les tensions dans l’est de la RDC, le secrétaire général des Nations unies (NU), M. Ban Ki-Moon, a évoqué la possibilité d’adosser une mission «d’imposition de la paix» à celle des NU déjà présente dans le pays (MONUSCO).

S’agissant du Soudan et du Soudan du Sud, M. Ban Ki-Moon a exhorté les dirigeants des deux pays à entamer «des discussions directes afin de permettre l’aide humanitaire d’urgence nécessaire aux civils affectés» dans la région.

Les présidents du Soudan, M. Omar el-Béchir, et du Soudan du Sud, M. Salva Kiir, se sont rencontrés une nouvelle fois ce dimanche à Addis-Abeba en présence d’autres chefs d’Etat pour tenter d’avancer dans la résolution des différends qui empoisonnent toujours leurs relations.

Face à la multiplication des conflits ou des zones de tension en Afrique, la présidente de la Commission de l’UA, Mme Nkosazana Dlamini Zuma, a insisté sur la nécessité pour les Africains de promouvoir la paix, la stabilité et la sécurité au niveau continental.

«Nous ne pouvons jamais trop souligner l’importance du besoin de paix et de sécurité : sans paix et sécurité, aucun pays ou aucune région ne peut espérer la prospérité pour tous ses citoyens», a déclaré Mme Zuma.

Placé sous le thème : «Panafricanisme et Renaissance africaine», ce 20ème sommet coïncide avec la célébration du 50ème anniversaire de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), créée le 25 mai 1963 et devenue en 2002 l’Union africaine (UA).

Cette commémoration aura lieu en mai 2013 à Addis-Abeba, en Ethiopie, dont le Premier ministre, M. Hailemariam Desalegn, a succédé ce dimanche au président béninois Boni Yayi à la tête de l’organisation panafricaine.

A la cérémonie d’ouverture de ce 20ème sommet de l’UA, les chefs d’Etat et de gouvernement ont observé une minute de silence en mémoire de l’ancien président ghanéen John Atta Mills et de l’ancien Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, décédés en 2012.

De nombreuses personnalités ont assisté à cette cérémonie, parmi lesquelles MM. Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’ONU, Nabil Al-Arabi, secrétaire général de la Ligue arabe, Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne et le Premier ministre turc, M. Recep Tayyip Erdogan, invité d’honneur du sommet.

Le président de la Commission de la CEDEAO, M. Kadré Désiré Ouédraogo, était également présent à cette cérémonie. En marge des travaux du sommet, il a été reçu en audience par plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement et eu des entretiensavec de nombreuses personnalités d’organisations africaines et internationales sur des questions économiques, politiques et sécuritaires en Afrique de l’Ouest, notamment la crise malienne.

Auteur de l’article : Agence-Presse

Laisser un commentaire